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Bernard Veriter nous annonce :

J’ai la grande joie de vous annoncer que je suis grand père
D’une petite fille Léa Née le 23 octobre 2008 à 10 h 25
Elle pèse 3 kg 050 et mesure 48 cm. C’est ma première petite fille. De ma fille Mireille, mariée depuis 12 ans.

0Mes activités sociales:

j’ai commencé à militer dans une association de consommateurs, puis à la Ligue des Droits de l’ Homme, dans ce cadre je rédigeais des requêtes auprès des juridictions administratives pour le compte d’algériens, de turcs ou de congolais et angolais. J’ai eu la satisfaction d’obtenir le droit au séjour pour plusieurs étrangers et de faire évoluer la jurisprudence en la matière.
Ensuite je deviendrai conseiller juridique auprès du syndicat CFDT, et cette fois ci je rédigerai plusieurs dizaines de requêtes pour des fonctionnaires devant les juridictions administratives et même devant la Cour Européenne des Droits de l’ Homme. Revenons au Katanga…La maison est confortable et spacieuse, deux serviteursafricains ( appelés les boys ) assurent le service et la cuisine. Il n'y a pas d'électricité aussi tous les soirs c'est le même rituel, je vois mon père pomper les lampes Coleman afin de mettre de la pression sur le pétrole quise diffuse dans un manchon et donne la luminosité d'une ampoule de 60 watts.


Pour regagner ma chambre j'utilise une lampe tempête. Le pétrole sert aussi a faire fonctionner le réfrigérateur.Le soir durant la saison sèche à 2000 mètres d'altitude la température peut exceptionnellement atteindre zéro degrés aussi unboy fait du feu dans la cheminée. Le jour le soleil fera remonter la température à 25 degrés.
La maison est isolée, mais entourée d'arbres et de jardins à la française. Il n'y a pas de voisins, le village africain est à 500 mètres et le plus proche européen à 40 km, pas de téléphone, pas de télévision ni radio mais un tourne disques à piles ou à manivelle. Pourtant je n'ai pas le souvenir de m'être ennuyé.

0 La journée je fais du vélo et je joue avec des enfants noirs qui confectionnent des voitures avec des plantes sauvages. Il nous est arrivé en saison des pluies de faire de la luge, c’est la boue qui remplace la neige et nous dévalons des pentes assis sur une caisse ou un sac de jute.

Il faut dire que la boue est très glissante, une route avec de la boue peut être aussi glissante qu’une route verglacée , j’en ferai hélas les frais, après un tête à queue sur une route boueuse, la voiture de papa ira dans le talus et je perdrais deux dents. Je visite aussi le village africain plein d'animations, les femmes pillent le maïs en rythme et en chantant puis profitent du vent ambiant pour séparer la farine des écorces et enfin préparer la bouillie du repas accompagnée de viande ou de haricots.

Un jour un administrateur est arrivé de la métropole et a demandé à mon père de construire des habitations en pierre pour les indigènes avec un toit en tôle d'aluminium et des fenêtres. De jolies petites maisons de deux pièces toutes blanches avec une cuisinière. Un jour un administrateur est arrivé de la métropole et a demandé à mon père de construire des habitations en pierre pour les indigènes avec un toit en tôle d'aluminium et des fenêtres. De jolies petites maisons de deux pièces toutes blanches avec une cuisinière.
Vouloir réglementer la vie africaine depuis un bureau de Bruxelles même avec les meilleures intentions n'était pas une bonne chose.
Quittons les commodités africaines pour la recherche de notre confort avec les moyens locaux. Tout le mobilier était de conception locale, papa avait formé un menuisier. Le sommier du lit était constitué de lamelles croisées en peau de vache et le matelas avec de la laine de mouton.

0 Nous avions l'eau courante grâce aux courageux porteurs qui allaient chercher l'eau à la rivière pour remplir les réservoirs, l'un de ses réservoirs était situé au dessus d'une cheminée, il suffisait de faire du feu pour avoir de l'eau courante chaude.
Une fois par mois arrivait un camion qui apportait des victuailles et le courrier de Belgique et Paris Match pour avoir des nouvelles du monde. Une fois par mois arrivait également un médecin pour soigner les cas graves, car les cas bénins étaient traités par papa qui faisait fonction d'infirmier avec des consultations une demi-journée par semaine. Après le soin des corps venait le soin des âmes avec la visite du missionnaire. Nous allions à la mission située à 60 ou 70 km que pour les grandes fêtes catholiques, ce qui nous permettait de rencontrer les autres européens de la région.

Sur place nous avions un jardinier qui cultivait toute l'année des légumes courants, nous avions des fraises presque toute l'année. Les fruits locaux étaient les bananes et nous avions des physallis ou groseilles du cap ou amour en cage, avec lesquelles maman faisait de bonnes tartes et de la confiture.

Ce récit ne laisse pas apparaître l'activité principale de mon père qui est l'élevage de gros bétail, en effet les troupeaux sont dans des pâturages dans un rayon de 20 km autour de la maison. Accompagner mon père en visite dans ces pâturages est un plaisir pour moi, je découvre de nouveaux paysages et parfois une tribu qui n'avaient jamais vu d'homme blanc ( c'est arrivé une fois ). L'activité la plus intéressante est le " dip ", les bestiaux attrapaient des parasites qu'il fallait éliminer par des produits chimiques. Pour réaliser cette opération une fosse avait été construite et remplie de liquide toxique, il fallait amener les bovins a sauter individuellement dans cette fosse et nager sur une longueur de 5 mètres. Faire passer environ mille vaches dans ce bain ce n'était pas une mince affaire, il fallait canaliser les troupeaux et aider les veaux avec de longues perches.

Après le dip le bétail se dirigeait vers des mangeoires ou il mangeait du sel mélangé de sulfate de cuivre, comme cure antiverminose. Cette opération avait lieu tous les quinze jours.
Ce traitement était délicat, papa devait prélever une solution du produit et l’analyser car un bain trop faible est une opération inutile. Par contre un bain trop concentré peut brûler et empoisonner le bétail.

Durant la saison des pluies ce genre de promenade n'était pas sans risques, en effet les ponts étaient en bois et à la moindre crue ils étaient emportés, il fallait reconstruire le pont pour pouvoir rentrer.

Mais revenons à l'année 2002, le site de Myriam Dormal m'a permis d'être contacté par le dernier administrateur des élevages des Marungus, le sympathique M.Parbhoo qui a quitté la région en 1998, il y avait encore 40 000 bovins, mais depuis il y a eu la guerre l'arrivée des ruandais et au départ des troupes du Rwanda fin septembre 2002 il restait 2000 bêtes. 0

L’élevage Van Gysel des Marungu était en 1960 un des élevages les plus importants d’Afrique avec 45 000 têtes de bétail sur 200 000 hectares. Soit 2000 kilomètres carrés c’est à dire un peu moins que le Grand Duché de Luxembourg. On peut imaginer un carré avec 45 kilomètres de coté.

Historique de l’élevage des Marungu

Une visite chez Daniel DEMAEGHT m’a permis de récupérer une étude réalisée par le Docteur MORI, vétérinaire et directeur de l’élevage.
C’est en 1919 que Monsieur Jean VAN GIJSEL déployât ses premiers efforts pour implanter un élevage sur les plateaux des Marungu. Les premières bêtes arrivèrent de Zambie, elles étaient du type zebu améliré par des taureaux Shorton. En 1948 fut constituée la société Jean VAN GIJSEL qui se transforma en ELGYMA en 1961 et en 1974 elle fut nationalisée et reprise par la Société CELZA. A ce moment là il y avait 45 017 bovins, 2130 ovins, 112 ânes et 61 chevaux.

Les Marungus


Les Marungu sont un massif situé au sud ouest du lac Tanganika . La caractéristique de ces plateaux est l’absence de végétation aborescente, à l’exception du bord des rivières ou les acacias sont particulièrement bien représentés ( à l’heure où j’écris ces lignes j’habite 4, allée des Acacias 57160 à MOULINS les METZ ) . L’altitude varie entre 1400 et 2300 mètres avec le mont Lusale qui culmine à 2452 mètres. Le climat : la pluviométrie moyenne est de 1400 mm soit le double de celle de la France. En saison sèche, les gelées blanches sont fréquentes et c’est début juillet que les températures sont les plus basses.
Au poste ou était situé mon père il devait s'occuper d'un élevage qui selon les endroits variait entre 4000 et 8000 têtes de bétail, s'il y avait beaucoup de vaches limousines, il y avait aussi quelques zébus. Le nombre de travailleurs indigènes était de 400 environ selon mes souvenirs.
Le poids moyen des bœufs à 5 ans était de 500 Kg. En 1950 la société importa des taureaux et génisses de race brune des Alpes puis de race Limousine. Des taureaux furent également importés du Texas et du Pakistan pour améliorer la rusticité du bétail.
Au poste de Kieruzi nous avions également des moutons et il me semble que l'unique utilité de ces moutons soit de fournir des peaux d'astrakan. En effet, dès que naissait un agneau noir bouclé il était tué et sa peau était prélevée.
Souvent quand il fallait abattre une bête sa viande était boucanée, c'est à dire fumée sur un grillage couvert d'herbes ou feuille de bananier. Ensuite cette viande était distribuée le samedi aux épouses des travailleurs africains au cours d'un processus de distribution qui s'appelait le pocho.

Le Pocho :


Au même moment mon père s'occupait de distribuer du maïs, de l'huile de palme et d'autres produits, cela constituait un salaire en nature.
Cette forme de rémunération était préférable au salaire en espèces car dès la paie de nombreux hommes faisaient la fête et étaient indisponibles pendant plusieurs jours et l'épouse comptait sur le pocho pour nourrir ses enfants.

Les moyens de locomotion :


Nous avions une voiture pour nos déplacements dans l'élevage et à Baudouinville ou Moba, plus rarement à Albertville. Pour rejoindre Elisabethville où était située l'école nous prenions le bateau à Moba puis après 2 ou 3 jours de navigation sur le lac Tanganyika nous arrivions à Albertville ou nous prenions un avion DC 3 pour rejoindre Elisabethville après environ 3 heures de vol. A partir de 1958 un avion se posait à l'élevage de Kamipini où M.Demaeght avait construit une piste d'atterrissage.
L'avion qui atterrissait était un petit Cessna avec des réservoirs en bout d'aile, comme fret on amenait des carcasses de veau réfrigérées.
Ces voyages en avion au-dessus des lacs Tanganyika et Moero et de la savane présentent pour moi un caractère inoubliable. Le pilote descendait parfois pour nous faire admirer la faune.

Les transmission:

Pour communiquer avec le poste central de Pepa et nos voisins nous utilisions des porteurs de messages comme le faisait les Incas. Ces messagers parcouraient des distances de 40 km environ, même la nuit en cas d'urgence.

La chasse :


C'est dans l'élevage des Kundelungus que mon père tua le plus de lions afin de protéger le bétail. On ne chassait jamais le léopard car c'était un animal plus dangereux que le lion. Mon père m'a expliqué que si le lion chargeait, le léopard lui attaquait généralement par ruse ou surprise. On m'a raconté l'histoire d'un européen qui ayant visé un léopard avait vu ce dernier s'immobiliser et croyant l'animal tué il s'était approché sans crainte et c'est alors que le fauve sauta sur lui. La nuit quand on fixait les yeux d'un léopard avec une lampe il fermait les yeux et formait un cercle pour vous surprendre par derrière. Nous attrapions les léopards avec des pièges.
Différentes sortes de pièges étaient utilisés, l'appât était un animal quand le fauve touchait ce dernier il actionnait une décharge. Il existait aussi le piège à mâchoires qui immobilisait la patte. Un jour mon père prévenu qu'un fauve avait été pris au piège alla sans crainte voir la prise, qu'elle ne fut pas a surpris de constater que l'animal piégé terminait de ronger sa patte pour se libérer et constituer ainsi un danger.

Petites cachotteries de chasseurs de lions


Je me souviens être parti un jour à la chasse au lion avec papa, il me reste un souvenir d’une grande et profonde peur, ces souvenirs remontent à 50 ans environ, il y avait de grandes herbes et on avait entendu le lion rugir, aussi j’avais extrêmement peur de le voir sortir d’une touffe d’herbes. Je n’ai pas vu le lion et je n’ai plus voulu y retourner.
Avant de continuer je voudrais vous poser une devinette : pourquoi les chasseurs partaient-ils parfois avec des bouteilles vides ? Vous trouverez la réponse un peu plus loin dans le récit.
La chasse avait lieu souvent la nuit aussi papa avait une lampe au dessus de la tête et un serviteur noir l’accompagnait pour tenir la batterie, un moment ils aperçurent le lion, le noir eu une frousse bleue qu’il lâchât la batterie et papa se retrouva dans le noir, il tira et blessa le lion qui disparut. Dorénavant mes parents décidèrent d’aller chasser ensemble. Ils partaient toujours avec plusieurs fusils chargés.
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Les lions sont parfois des animaux paisibles, un jour papa et maman étaient partis à la chasse et ne trouvaient pas le fauve, maman ouvrit la fenêtre et y passa son bras et senti une fourrure …hélas je ne connais plus la suite de cette histoire. Au début de notre arrivée dans la brousse les fauves n’avaient pas encore été chassés par la civilisation, aussi papa montait la garde lorsque maman allait aux toilettes situées à l’extérieur. Par la suite nos maisons furent mieux équipées.
Voici l’utilité des bouteilles vides que papa prenait lorsque des européens de la ville venaient voir ou chasser le lion avec lui. Quand un lion saute sur la capot, on a peur qu’il casse le pare brise d’un coup de patte et il vous prend alors une envie irrésistible d’uriner, d’où d’utilité des bouteilles.

Les singes :


C’était une plaie car ces animaux aux apparences charmantes pouvaient difficilement cohabiter avec les hommes. Mis à part l’aspect danger à cause des morsures, c’étaient des grands chapardeurs et maman me racontait qu’ils étaient rusés. Ils remarquaient où vous mettiez la clé d’une armoire pour à leur tour essayer de l’ouvrir en votre absence. C’était difficile de jardiner avec eux, ils passaient derrière le jardinier pour récolter les graines qui avaient été semées.
On pouvait difficilement s’en débarrasser, les tirer au fusil présentait un inconvénient insupportable aux âmes sensibles. Quand ils étaient blessés il arrivait qu’ils ramassent leurs tripes et s’enfuient en criant avec des sons proches d’un humain.

Les lapins :


Quand maman voulait manger du lapin, papa attendait le soir et sortait la voiture après quelques kilomètres un lapin se mettait sur la piste entre les phares de la voiture, il couraient vite ces lapins. Il suffisait d’accélérer au bon moment pour assommer le lapin avec le pare choc de la voiture. Ensuite demi tour pour le récupérer. Ce n’était pas toujours aussi facile que je l’écris, car il suffisait d’un tournant pour que notre lapin quitte la piste. Bon, il y en avait d’autres. Un soir j’ai pris le lapin sur mes genoux pour le caresser, quand il s’est réveillé il a du avoir peur car il s’il s’est soulagé et j’étais tout mouillé.

Les insectes :


J’ai un peu honte de raconter cette histoire, car avec mes camarades africains on faisait souffrir les insectes.
On enlevait les ailes des sauterelles puis on jouait avec elles sur un petit circuit que nous avions aménagé, avec un pont au dessus d’un petite flaque d’eau, des enclos etc. …Nous faisions aussi souffrir des bourdons qui avaient creusé des trous dans des arbres, nous étions à plusieurs et les bâtons introduits dans les trous faisaient chanter les bourdons à notre rythme. Ces petits jeux d’enfants n’étaient rien à coté de la souffrance que pouvaient infliger les bouviers qui tuaient une vache entravée avec un couteau, je me souviendrais toute ma vie de ses litres de sang qui sortaient de sa gorge. Eh oui, il y a aussi des mauvais souvenirs.

Les grenouilles


Mon père était gérant d’un élevage pour une société qui s’appelait Van Gijsel et qui était propriétaire des magasins Sarma. Dans les Marungus il y avait plusieurs postes et selon les années mon père était affecté dans un poste et tantôt dans un autres. Notre situation matérielle était donc variable en fonction des lieux d’affectation. A des endroits, les porteurs d’eau étaient nécessaires pour notre alimentation en eau, mais nous étions parfois situés à proximité d’un cours d’eau. Alors là à certaines époques on ne pouvait dormir la nuit à cause du croassement des crapauds. Puis la journée c’était une joie de se baigner car celui qui avait fait l’installation d’eau en prise directe avec la rivière avait omis de poser un filtre. C’est ainsi que lorsque l’on ouvrait le robinet de la baignoire, il s’écoulait des dizaines de têtards, c’était pour moi enfant un plaisir de prendre un bain.

Les serpents


C’était la hantise de mes grands parents restés en Belgique mais je ne me souviens pas en avoir vu. C’est vrai que je jouais avec des enfants noirs qui connaissaient les endroits où il ne fallait pas mettre les pieds, puis ils m’expliquaient que les serpents étaient peureux et qu’ils piquaient souvent par réflexe, aussi à certains endroits on frappait du pied sur le sol quand on marchait pour faire fuir les serpents, c’est ainsi que je n’ai jamais vu de serpent. Ce que je trouvais de temps en temps c’était des peaux de serpents qui avaient fait la mue.

Si vous voulez contacté Bernard Veriter voici son adresse e-mail : bernard.veriter(at)wanadoo.fr
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Bernard Veriter raconte son enfance au Congo, les fourmis, les vaches, les leopard tout cela est fascinant pour un enfant

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