Titre : Les fourmis africaine . Auteur : Rey De Neve.
Congo Belge - Rey De Neve Les fourmis Africaine ©
Brookfield, Wisconsin USA Nov 2003. C'était en 1956, ma femme et moi avaient tous les deux 26 ans et j'étais contremaître des Travaux Publiques au Congo Belge. Nous étions arrivés 3 mois en avance, et après une courte éducation d'un Belge Namurois trés expérimenté, ma tâche consistait à entretenir en bon état un chemin de terre de 250 km. serpentant la fôret tropique. Un chemin venant de Kivu, et assez bien fréquenté par les camions, conduis par des chauffeurs congolais, qui transportaient des légumes et fruits frais pour ravitailler la population affamée de Stan. (Stanleyville ou Kisangani).
Notre résidence officielle était à Mamsaba, très à l'est de Stanleyville (Kisangani) et à peine 40 km. au nord de l'équateur. Mamsamba et environs comptait à peut près 100 blancs, y compris 2 Grecs, un médecin-missionaire Américain et sa famille et des boutiquiers venant de l'Inde. Plus beau ou plus tropique n'existait plus. Une petite radio Philips à batteries et un journal flamand hebdomadaire de Leopoldville (Kinshasa) était notre seul lien avec l'ouest. Pas d'électricité, pas de l'eau courante. Notre eau venait des ruisseaux dans la fôret, semblait très pure, mais suivant les instructions de l'autorité coloniale Belge ont devait la cuire jusqu'à ébulition. Nous avions une belle maison à Mambasa, mais on était plus souvent en moyene à 100 km de là. Alors on habitait dans des "gite d'étappes" que la colonie "all benevolent" disposait pour leurs "agents des travaux publics", mais aussi pour des agents subalternes. (une petite farce ha ha.) En tous cas c'était déménager tous les trois mois, avec un frigidaire Servel, made in USA, qu'on avait acheté, et qui marchait au Kerosène. Ne pensez surtout pas que nous étions si primitifs, comparés aux coloniaux antérieures que n'avaient même pas une bière froide ou boisson fraiche. La lumière nous était fournie par des lampes USA Coleman. -- Excusez mois, comme Américain Belge j'ai tendence à hâbler tout ce qui est d'origine de l' USA.
Pour comprendre l'histoire que je vais vous raconter, d'abord quelques infos. Pour l'entretien des routes j'avais 150 congolais équipés... et dispersés en groupes de 10, des deux côtés de mon lieu de travail. Une cinquantaine était toujours en liaison directe avec l'opérateur central à la "Gite d'étappe" où j'habitais avec mon épouse. Mon équipement subsistait en 3 GMC ben trucs, un bulldozer Hervaster International, une nivelleuse avec une grue, apte pour charger les camions avec gravier et glaise pour l'entretien des routes, et un rouleau-compresseur. Avant de continuer le récit, je précise que mes ouviers congolais travaillaient de leur propre gré. Les mieux payés étaient les chauffeurs et convoyeurs, et les conducteurs des bulldozers, nivelleurs, grues et compressurs. Aussi mon assistant noir et mon clerc étaient parmi ceux les mieux payés. Les "gite d'étappe" étaient espacées d'environs 25 km, le long du chemin et confortables.
C'était un samedi matin, le jour des comptes et payement des salaires à Kiswahili. Mes chauffeurs et opérateurs s'occupaient le samedi matin de nettoyer, lubrifier, et rafraicher leurs machines. Tout le matériel fût alors proprement parqué sur le terrain à 10 mètres de la route. Tout près se trouvaient aussi des barils de 200 litres,contenant de l'essence et diesel. Comme la plupart des jours c'était un jour ensolleilé avec une petite brise et j'étais assis sur la barza (avant-porche) de la maison, finissant mes paperasses après le paiement des salaires, et comme les petits noirs content d'avoir un week-end en attente..
Alors le désastre arriva. Chiafu, (fourmis) était le message d'une douzaine de mes collaboratuers !
Une colonne de plusiers milliards de fourmis venait droit sur notre maison. Sur ma commande tout le monde remplissait des seaux avec du mazout pour les vider dans un cercle autour de la demeure. Je disait à ma femme, enceinte à ce moment, de rester sur la barza. Je mettait mes bottes en caoutchouc et marchait sur les fourmis, dont la colonne s'etait élargie pour commencer l'invasion, pour arriver aux seaux et de tremper les pieds et jambes, comme tout les autres, dans le mazout. C'est un moyen pour éviter que, dès que les fourmis rencontrent une obstruction elles élargissent leur colonnes sur de centaines de mètres. On mélangeait le mazout dans chaque seau avec de l'essence et on déversait le mélange autour de la maison, en prenant bien soin de ne pas s'approcher des camions et des barils pleines de combustibles. Je donnait le conseil à tous de s'éloigner de la maison et mis le feu à l'aide d'une allumette. Une détonation fracassante, et tout le village s'attroupait en se demandant, que se passe t'il ? Le mazout continua à brûler, mais s'étaignait peu à peu. L'herbe était carbonisée, ainsi que des millions de fourmis, mais la colonne était changée de direction en n'avait plus envie du tout pour 'occuper la maison de ce Belge un peu fou.
Quelques explications. Une colonne de fourmis à une largeur d'environs 6 cm. De chaque côté une ligne de fourmis-militaires, qui mesurent 2 cm et plus et pourvus de pinces qui peuvent vous blesser gravement. Et on les compte par milliards. En plus, nous étions encernés par la fôret tropique, et une fôret en flammes à l'équateur est impossible du fait qu'il pleut à verse prèsque journellement pendant une demi-heure. Et la fôret tropique n'est JAMAIS sèche.
En tout cas, la Colonie a épargné de l'argent par notre intervention, parceque laisser la maison à ces bandits (les fourmis) et quitter le tout était néfaste pour un bon bout de temps. Cette nuit je ne dormait pas tranquille. Pourtant les noirs m'avaient certifié que les fourmis ne reviendraient pas et que le gardien du dépôt de fuel était sur place. Mais j'était heureux de voir les rayons de soleil de soleil ce dimanche matin.
La parade des fourmis était toujours là, à quelques 200 mètres de notre demeure, mais si on les laissait tranquille, suivant mes noirs tout restait dans l'ordre. On me disait : ça peut durer des jours. Le lundi suivant, les Travaux Publique avaient repris leur activités à Lolwa (le crois bien que c'est le nom de ce village) dans la magnifique région de Ituri. A deux heures de route en voiture à l'ouest de Bunia, où les N.U. essayaient de désarmer les enfants-soldats.
Auteur : Rey de Neve. Son récit en Néerlandais à eté traduit en essayant de garder le plus possible le style de l'auteur. Celui qui veut contacter Rey peut nous envoyer un é-mail.
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Cher Rey,
Ces fourmis sont arrivées un jour chez nous. On n'a rien fait pour les chasser. Cette parade à durée plus de 2 semaines. Ma mère a pris le soin de les observer minitieusement. Très intéressant, quand elle raconta ce qu'elle avait constaté. Saviez vous que, après leur départ le sol avait un fossé de 5 cm de profondeur?















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