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Article m'envoyez par Mr.Yves Deleu : Ancien directeur du paysannat Indigène au Maniema

A titre documentaire sur l'action de l'Administration territoriale :
Ceci est le compte-rendu d'une conférence de l'ONU. c'est loin de l'image véhiculée dans les médias.
l'image du texte est en fichier attaché. vous pouvez l'afficher avec la source. merci. YD.  

Paysannat du Maniema

 

Paysannat lndigène au Maniema.

Don t jai été le Directeur de février 1953 au 21 août 1954.

LORS de la conférence interafricaine du Bien-être Rural à Lourenço-Marquès l'année dernière,les délégations des divers territoires africains avaient suivi avec beau.coup d'intérêt l'exposé de la délégation du Congo belge sur l'expérience des paysannats en vue de la réha­bilitation du milieu rural. Les chif­fres qui nous parviennnent aujourd'hui du Maniéma, une des régions choisies pour y mener l'expérience en profondeur, semblent confirmer les vues des experts qui s'accordent à  voir dans cette entreprise un des leviers les plus puissants d'essor économique et de progrès fondé surles Congolais eux-mêmes.

Au cours des premières années expérimentales, si des erreurs furent commises, les éléments constructifs furent cependant les plus nombreux,grâce notamment à une étroite col­laboration entre les services agricole et territorial. C'est avec un mini­um d'hésitation aujourd'hui que,d une part, les indigènes sont ga­gnés à la politique du Paysannat etque, d'autre part ,s'effectuent les travaux de prospection et de prépa­ration du terrain.

Le paysannat au Maniéma peut être qualifié d'expérience de masse puisque il est prévu d'installer quel­que 35.000 paysans sur un total de 50.000 planteurs. Le programme en cours prévoit leur établissement sur plus de 325.000 hectares.

Cette superficie considérable s'étendant en savane comme en fo­rêt, les spécialistes se sont attachés à déterminer dans chaque cas l'éten­due des exploitations praticables.Chaque paysan établi en forêt dé­frichée se trouvera à la tête de 20 parcelles de 50 ares chacune, tandis qu'en savane la répartition se fera sur la base de 13 parcelles de 60 ares par paysan. Un tiers des paysa_ns doivent être établis en savane, le reste en forêt. Au 30 juin 1954. un travail sansrelâche avait permis d'établir unremarquable bilan: près de 9.000 _ parcelles déjà occupées (soit un pro1grès de 1.300 en un an), et près de12.000 parcelles préparées pour l'oc­cupation..

A côté des prospections agricoles proprement dites, la question la plus délicate peut-être en matière de paysannat est la détermination précise, en vue d'éviter tout litige ulté­rieur, des droits exacts des diversgroupes indigènes sur les terres dechaque région. Dans le cas envi­sagé, 18 enquêtes politiques, menées méticuleusement, ont permis de dé­limiter des frontières que personne ne contestera plus.

Et les résultats de l'entreprise?
Répondent-ils aux espoirs émis par les pionniers parfois décriés du pay­sannat indigène? Sans vouloir pré­juger de l'évolution future de l'ex­périence, les rapports disponibles sont nettement favorables. On en jugera si l'on examine, par exem­ple, comment se présente la situa­tion en chefferie Nonda du Terri­toire de Kasongo, où 1.300 paysans ont été installés.

Du point de vue économique, la situation y est incontestablement très bonne, d'autant plus que les paysans perfectionnent petit à petit leurs méthodes de travail et aug­mentent constamment leur produc­tivité; l'ordre règne et les nouveaux fermiers sont très attachés à l'oeu­vre entreprise: entre autres choses, ils expriment ouvertement leur satis­faction que le nouveau plan écono­mique n'ait pas bouleversé l'organi­sation coutumière.

Cette mentalité excellente consti­tue une propagande directe de l'en­treprise par les intéressés eux-mê­mes. On peut dire que l'exode vers les centres a cessé et que la réha­bilitation du milieu rural progresse à pas de géant. Là où, voici quel­ques années, il n'y avait que brous­se ou champs improductifs s'éten­dent aujourd'hui des cultures plei-nes de promesses. Le paysannat de la chefferie Nonda a maintenant des routes en bon état, des puits munis de pompes modernes et qui distri­buent une eau de bonne qualité, un dispensaire très fréquenté, quatre centres sociaux avec écoles ainsi que des centres de négoce où l'on voit se dessiner la fixation de ces métiers auxiliaires qui assureront la satis­faction des besoins marginaux des paysans proprement dits.

Notons enfin que la plupart des paysans sont affiliés à la Coopéra­tive rurale. Viable économiquement, le paysannat constitue, sous tous ses aspects, un élément d'éducation in­dispensable à l'évolution rurale.

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