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Le retour vers le Congo après l'indépendance.

Les récits des Européens qui sont retournés vers leur pays natal, le Congo.

L'album photo de Brigitte Bequet

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Le voyage de Brigitte Bequet en juin - juillet 2011.

vers KisanganiYangambiBasokoLokutuIsangi - Kinshasa

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Jour 7 : Kisangani

Nous  commençons cette journée boyomaise par une ballade pédestre via le  Carrefour du Commerce avec le bâtiment BELTEXCO ; ailleurs nous notons la propriété de la Communauté hellénique et l’Alliance franco-congolaise du Congo, l’Afraco, pour ne citer que ces quelques exemples.

Un grand panneau m’a frappé:
Campagne de sensibilisation pour le changement de mentalité patronnée par le Gouvernement et l’assemblée Provinciale/P.O.
Nous avons changé de régimes, fait des guerres et produit des révolutions mais nous n’avons rien obtenu.
Sans le changement de nos mentalités, nous n’évoluerons pas.

Nous rentrons dans l’Hôtel Stanley actuellement HK = Hôtel Kisangani, sur la route de Bafwaboli, qui fait resurgir plein de souvenirs à Alain car il y a séjourné quelque temps en 1956. Les 6 pavillons pour familles, en face, existent toujours et semblent habités car du linge pend au dehors. Nous profitons du jardin luxuriant de l’hôtel pour faire une petite pause –souvenir, accompagnés de Primus  bien froides.

Au grand carrefour qui s’appelait anciennement Place Léopold II se trouve toujours le bâtiment de la SEDEC en face de la Place des Martyrs (ex Square Léopold II, ex Square Lumumba). Direction hôtel de ville.  Je reconnais sur la droite la nouvelle poste qui sert de fonds aux défilés dans les films d’époque. Sol en macadam, chose rare en cette ville. La majorité des rues sont en latérite, une roche  d’un très beau rouge.
Les palmiers de cette avenue ont les pieds peints en bleu turquoise, surmontés d’un trait jaune or, puis un rouge, les couleurs du drapeau congolais. Ca fait très joli.  Sur le sol, lignes blanches parallèles pour aider à marcher droit lors des défilés.

Hôtel des Chutes, délabré, humide, gris,  et ancienne poste, joliment habillées de briques rouges et arborant fièrement en grand sur sa façade sa date de naissance, 1925.
Dans la rue allant vers le fleuve nous passons devant un garage/importateur de voitures  4x4 chinoises. Nous sommes sûrement au début d’une grande présence automobile chinoise. C’est d’ailleurs déjà le cas pour les motos. En effet, une moto chinoise ne coûte que 600$ en comparaison avec une moto japonaise qui en coûte 3000$. Quelques marques de voiture chinoises glanées dans les rues: Great Wall, Brillance ou Geely; d’autres sont écrites en caractères chinois donc indéchiffrables.  Très peu de voitures Peugeot qui était pourtant « la » voiture africaine jusque dans les années 70.

  • On parle beaucoup de la présence chinoise. Concrètement, nous n’avons vu que 3 Asiatiques á Kisangani (que nous supposons Chinois).

Un  grand bâtiment sur le boulevard qui longe le fleuve est occupé par la  MONUC (Mission des Nations Unies au Congo). Celle-ci est au Congo depuis 1999. Elle fut rebaptisée MONUSCO = Mission des Nations Unies pour la Stabilisation et Consolidation du Congo le 1 juillet  2010 ; tiens, le lendemain du 30 juin, jour du cinquantenaire !

Pour toute info concernant MONUSCO : http://monusco.unmissions.org/

La cathédrale, toujours fidèle au poste, où Freddy a fait sa première communion ainsi que sa communion solennelle.

L’hôtel résidence Pourquoi Pas, sur l’ancienne avenue Reine Elisabeth, où Alain a travaillé. Il nous montre exactement où il jouait de la contrebasse et de la batterie dans le bar à côté fleuve. De l’autre côté de la rue, un bâtiment blanc (enfin… qui fut blanc dans une vie antérieure) avec de grosses lettres INTERFINA.

Les fameuses grues de l’OTRACO =  Office des Transports Congolais sont toujours debout. On les voit sur toutes les anciennes photos.  Que de souvenirs ne doivent-elles pas se raconter en attendant patiemment de travailler. Heureusement qu’elles sont plusieurs, ainsi elles s’ennuient moins.

Recherche d’une des 2 maisons où habita Freddy. D’abord, rue Princesse Marie-José, actuellement Avenue MamaYemo. Freddy a cru reconnaître sa maison sur Google Earth (béni soir l’inventeur de site !!!!!)… vers le bout de la rue avec une boyerie à l’arrière du jardin …. Soudain, la voilà ! Nous  ressentons tous l’émotion de Freddy; nous sommes devenus une équipe unie et découvrirons ensemble les racines de chacun.  Aux évènements, la famille de Freddy a été cachée pendant 2 semaines par leur boy et sa famille dans la boyerie au fond du jardin pendant que celle-ci avait pris place dans la maison. Quand les rebelles passaient, ils leur répondaient que la famille blanche avait fui.  Freddy et sa famille ont quitté Stan le 13 juillet 1960, direction Ujumbura. Il nous raconte aussi l’horrible histoire du voisin mais je passe les détails. La maison ainsi que l’ancienne boyerie sont habitées.

Quasiment en face de la maison il y a un énorme trou dans la route … la Toyota passera ... passera pas … passera … allez,  elle prend son élan et … elle passe. Heureusement que nous n’étions pas dans la voiture car les fesses-qui-ont-survécu-à-10 heures-de-bateau ne seraient plus en compote mais en purée.

  • Etat des routes  : des trous, des trous et des trous … tant et si bien que le ministère des Routes est appelé ministère des Trous.

Passage devant la Villa Regina, qui a connu son heure de gloire il y a quelque temps déjà.

Allons vers la piscine en longeant le cimetière oules pierres tombales sont visibles mais envahies par les matitis. Pour arriver à la piscine même, nous devons marcher à la que leu leu.
Je vérifierai plus tard, de retour en Belgique, le site Stanleyville.be et y découvrirai une photo montrant la piscine encore pleine d’eau en 1982. Plusieurs autres prises en février 2010 montrnt des travaux de réhabilitation : herbes enlevées, piscine vide bien dégagée, toboggan dégagé,  tout bien nettoyé.  Malheureusement,  16 mois plus tard, aucune trace de ces travaux, les matitis ont repris possession des lieux.

Au tour d’Alain de retrouver sa maison avenue Reine Elisabeth, devenue Avenue du Fleuve (la route vers la piscine).  Elle aussi est habitée. Le fils de la maison nous demande d’un ton inquiet si nous venons en reprendre possession mais Freddy le tranquillise en expliquant la situation … en lingala parfait. Les habitants sont gentils mais ne proposent pas à Alain de rentrer.

Visite des pêcheries Wagenia. Celles-ci sont connues pour la technique originale de pêche, avec des nasses en forme de cônes placées dans les rapides, en espérant que plein de poissons s’y engouffrent. On peut en voir une grande au musée de Tervuren. La pêche au filet et en pirogue se pratiquent toutefois aussi. Et malgré tout ca, très peu de poissons ! La situation devient vraiment préoccupante.
Je suppose que l‘un ou l’autre sourit en entendant qu’on pêche à l’aide de paniers… sûrement les mêmes qui rigolent en entendant qu’on pêche à cheval sur la plage de Coxyde.
Endroit très exploité touristiquement, vente de petits objets fabriqués en lianes, cailloux et bouts de bois,  guides assez insistants … mais il faut les comprendre, les touristes se font tellement rares par ici.

  • Tourisme : aucun touriste à Kisangani. Les seuls visiteurs (blancs) sont soit membres de la Monusco ou des personnes y allant pour le travail études, recherches.  Le fait que nous revenions voir ou nous avions grandi  avait l’air de toucher les Boyomais :’ vous êtes blancs de peau mais noir de cœur’,  ‘vous êtes d’ici’. De plus, Freddy parle encore couramment lingala !

Passage par l’institut Champagnat des frères Maristes, l‘école primaire de Freddy. Les salles de classe y sont toujours utilisées et les bâtiments bien entretenus.  

Deuxième maison de Freddy dans le quartier des musiciens, avenue Eugene Ysaïe devenue 2eme Avenue. Elle est habitée actuellement par un magistrat de la ville vivant seul, sa famille étant restée dans leur ville d’origine. Freddy et Micheline sont gentiment invités à rentrer et en sortent catastrophés : comme très souvent,  elle n’est pas bien entretenue mais disons que dans ce cas, il y a une circonstance atténuante, un homme  vivant seul.

Direction Tshopo :


Le barrage fut construit en 1955 et est tombé en panne pour la 1ère fois en 2000 c.à.d. 45 ans plus tard, et ce uniquement à cause de la guerre : outils tombés dans l’eau, personnes pour fermer ci ou ça. Finalement, une turbine a été inaugurée le 1 Deccembre 2005 après des travaux de réhabilitations  commencés en 2003. D’autres travaux de réhabilitation sont en cours grâce à l’aide de la Coopération belge.
La centrale hydroélectrique appartient à la Rapide, pardon, la SNEL = Société Nationale d’Electricité.

Traversée du pont sur la Tshopo. Celui-ci est du type « Bailey »,  monté en pièces comme un mécano ; la société Bailey Inc., en Alabama, existe toujours. Allez, qui veut s’acheter un pont ?  … Ah mais voilà les hyacinthes d’eau que je ne voyais pas sur le fleuve, toutes amoncelées ici pour cause du barrage.
Plage de la Tshopo, belle vue sur les chutes (que je pensais plus grandes), beau sable, paillotes, mais personne car il ne fait assez gris (tout étant relatif, ce serait un beau jour d’été en Belgique). Et les voilà encore, mais j’ai la berlue, ce n’est pas possible … les chaises en plastique bleu vif.

Nous montons le sentier à travers une petite forêt qui va jusqu’au jardin  zoologique et l’ancien restaurant y adjacent. Alain nous en a beaucoup parlé. Il y a vécu quelques jours, seul, et donnait à manger aux poissons des 7 aquariums. C’est d’ici qu’il est parti en trombe vers l’aéroport le 13 juillet 1960, le même jour que Freddy. Un regard à travers les barreaux jaunes et…. les 7 aquariums sont toujours là. Vides, évidemment, comme le bâtiment d’ailleurs.

Nous continuons à droite vers le zoo. Désolation à son comble.  Le zoo ne perçoit aucune subvention. 
Toutes les cages sont vides à part un pauvre python, un animal nocturne dont j’ai oublié le nom et un babouin.  Adieu veaux, vaches cochons… oops, je veux dire éléphants, girafes, Il ne reste que quelques gardes qui font de leur mieux avec les moyens du bord.
Et  puis, il y a Freddy !  Pas notre Freddy humain mais mon copain le chimpanzé. Grâce à lui j’ai vécu un moment inoubliable. Freddy vit tout seul dans sa cage depuis des années ; il boit de l’eau à la bouteille et fume pour amuser les quelques rares touristes. Il m’a tendu la main et après quelques hésitations, je lui ai tendu la mienne, suivant mon instinct qui me disait qu’il était bien pacifique.  Il a commencé à caresser mon bras avec son doigt, se demandant sûrement quelle était cette espèce de singe sans poils et sans couleur. Il en voyait bien passer, de temps en temps,  de ces drôles de « singes nus » d’une couleur différentes des gardes.  Et puis…. les cheveux ... aaaaah ces longs poils doux, d’une couleur bien bizarre, eux aussi. Explorons une petite mèche, une deuxième, pour terminer par toute la tête, car voilà Freddy en train de me chercher les puces, comme dans les documentaires sauf qu’ici, c’est « pour de vrai ».

Retour vers la ville et photo du pont  de la Tshopo en stoemelings car c’est officiellement interdit : « endroit stratégique »

  • Photographie en RDC : depuis de nombreuses années il était interdit de photographier les «endroits stratégiques» dont  la liste était très longue vu que tous les lieux publics y figuraient. Cette interdiction vient d’être levée en février 2011 grâce à la circulaire 409, « pour améliorer l’image de marque du pays et faire connaître les réalisations matérialisées à l'intérieur du pays”.  Les endroits stratégiques se comptent désormais sur les doigts d’une seule main.

Ce qui nous frappe, que ce soit ici a Kis ou dans la brousse, est le nombre de téléphones  portables.
Avant, il y avait les GSM sans cartes SIM. Alors, un petit malin à Kisangani avait carrément piraté le satellite et les communications passaient par la Somalie; le destinataire recevait donc officiellement un coup de fil de Somalie alors que c’était peut-être son voisin. Système D, encore une fois. Maintenant il y a 2 grandes compagnies : Vodacom (appelle Voda-con quand les choses ne vont pas)dont la couleur publicitaire est le bleu, et Airtel, une compagnie sud-africaine, dont la couleur est rouge vif. Je cite ces 2 couleurs car on les voit partout, ces 2 compagnies me paraissant championnes du marketing.

Souper à l’hôtel Riviera avec, évidemment, une bonne Primus ou Mutzig et coca bien froids. Le filet de capitaine et le steak y sont succulents, on reviendra.

Jour 8 : Kisangani

Aujourd’hui, visite du Camp « km10 »  appelé  Camp Base. Wouaaa l’émotion monte.

Mais d’abord, en quittant la ville, nous passons devant la mosquée, édifiée en 1972. Elle a été peinte en vert, de ce vert typique que j’appelle «vert congolais» car je le vois sur beaucoup de bâtiments ici au Congo (est-ce par nostalgie que mes parents avaient peint plusieurs pièces de la maison à Coxyde de ce même vert ?) Il y en a une 2ème plus petite au centre ville. Celle-ci, la grande, est à côté du fleuve, non loin de la MONUC en face de l’île où se situe le ‘village des arabisés’.
Je peux ajouter que plus tard, en circulant dans la région de Kinshasa, nous verrons des petites mosquées dans plusieurs villages.

  • Religions au Congo : catholiques 50%, protestants 20%, kimbanguistes 10%, musulmans 10%, animistes 10% (statistiques de 2003)

Route  de l’Ituri direction aéroport et arrivée à l’entrée du Camp Base. Comme je l’avais dit au début, je m’imaginais donc un camp à l’abandon au milieu de la brousse… mais que nenni !Il s’agit de nos jours d’un centre d’instruction pour forces d’intervention rapide. Les Etats-Unis forment les militaires dans le cadre du programme AFRICOM = United States African Command.
Il y a 2 facettes : primo la formation à l’agriculture aux soldats congolais et leurs dépendants pour leur encadrement à l’autosuffisance alimentaire et secundo la formation militaire à l’anti-terrorisme

  1. Article à ce sujet en français
  2. Article à ce sujet en anglais

Quand ils sont prêts, ils sont envoyés à Dungu non loin de la frontière soudanaise, qui est la zone opérationnelle de la LRA = Lord’s Resistance Army, les rebelles ougandais.

Nous attendons à l‘entrée du camp que les formalités soient accomplies. Une estafette prend mes photos de la construction du camps et s’en va à vélo jusqu’au QG, pour revenir quelques minutes plus tard avec la précieuse autorisation. Un militaire nous accompagne en voiture jusqu'à la pleine des manœuvres. Incroyable, je vis comme dans un rêve : exactement comme sur la photos et dans le film super8 de papa, voila les 5 maisons d’un côté de la route et les 3 autres en face.  On dirait que la photo a pris vie. Si mes parents pouvaient encore être en vie, je me ferais un tel plaisir de leur dire qu’elles sont encore là !

De loin, nous voyonssur la place centrale quelques personnes dont l’une porte un chapeau texan. Il doit s’agir de  l’instructeur. Bonjour, hello.  Je ne peux m’empêcher de lui demander “Are you Texan ?” “Yes.” Ben voyons, pas moyen de le cacher. Tout le monde est intéressé par mes photos d’époque. Nous n’avons pas le temps de faire plus ample connaissance car nous sommes attendus par le commandant du centre d’instruction, le Lieutenant Colonel J.P. Molengo,
Les quelques photos que j’ai amenées l’intéressent beaucoup. Il s’agit de 3 photos prises pendant la construction, montrant les baraques et les 5 maisons identiques dont l’une est marquée d’une croix “notre future maison”. Les baraques actuelles sont très proprettes en blanc et bleu. Je suis toutefois étonnée de ne pas voir d’arbres car le film montre bien un camp entouré d’une forêt touffue.

Afin de voir de plus près une maison, nous devons nous frayer un chemin à travers les matitis hauteur d’hommes. Elles sont toutes orphelines de toits, châssis de fenêtres, portes, mais leur structure est intacte, on reconnaît  bien les pièces ;  et il y a même encore du carrelages au mur de la cuisine/salle de bains. J’en prends une en souvenir.  Ces maisons ont été habitées pendant encore de nombreuses années après l’Indépendance. Le Ltd Col. Molengo est très intéressé de recevoir une copie du film de papa. A noter sur ma liste “à faire” en Belgique.

Ici j’ouvre une parenthèse et fais offense à la chronologie. Le lendemain nous rencontrons les Lieutenants-colonel L. Uryema (logistique) et F. Mutombo Dibwe  (génie) qui me font l’honneur de consacrer un peu de leur temps pour me parler du camp Base qui fut bien endommagé, ou les troupes du maréchal Mobutu ont été casernées, ou une école fut installée pendant des années ;et à mon tour de leur montrer les photos en ma possession. Eux aussi sont intéressés par une copie du film de papa.  Ltd Col Mutombo me dit que son père faisait partie du Corps Expéditionnaire en Egypte en 1943 … le mien aussi ! Et de lui proposer une copie de l’album photo de papa à ce sujet.  Ma liste « A Faire » s’allonge !

J’espère ne pas me tromper (car je n’ai pas tout noté) en disant quel financement de la réhabilitation du camp est pourvu par la Belgique.
Projet alimentaire en cours, débuté en mars 2010, dans le cadre de la réforme de l’armée congolaise/autosuffisance alimentaire ; le camps possède cochons, vaches, riz, maïs.

Une question m’a été posée, qu’à mon tour je présente aux lecteurs.
L’armée doit  prouver aux bayeurs de fonds que le camp (que ce soit Base ou un autre) lui appartient afin de recevoir l’argent. Malheureusement, elle ne possède pas cette preuve.
Qui possèderait ce document ? Quelles archives possèderaient ces certificats d’enregistrement ?

  • l’Etat belge ?
  • était-ce propriété du Roi ? (comme c’est le cas pour un autre camp de Kisangani)
  • ont-ils été remis à l’Etat congolais après l’indépendance ?

 Si quelqu’un peut fournir une réponse ou au moins un élémentconstructif, contactez-moi svp via courriel.

Nous quittons le camp pour nous rendre à 1 km de là, sur la route d’Ituri donc, en espérant trouver “ma” maison. Mes parents envoyaient de nombreuses lettres décrivant leur vie au Congo, comme de nombreux coloniaux d’ailleurs. Heureusement, on les leur a renduesdèsleur retour en Belgique. Et me voilà donc, un demi-siècle plus tard, armée d’une lettre écrite en 1957 décrivant la maison et d’une page de magazine illustrant cette fameuse « ferme DeGryse » composée de 3 bâtimentsdistincts.

Le panneau Concession de Gryse, ferme Ypriana, P.K. 10, Ituri nous prouve que nous approchons du but. Mon coeur commence à battre la chamade car voilà une maison. Roger parle avec les locaux qui lui disent que ce n’est pas la bonne mais qu’il y a des ruines plus loin.  Des ruines ? Il n’y a donc plus de maison. Dommage.
Maman me racontait souvent que j’avais été sauvée par notre chienne Diane ; en effet, je partis un jour en exploratrice du haut de mes 18 mois vers les étangs tout proches et elle s’assit sur mes jambes, m’empêchant de continuer, sentant le danger. Et n’y a-t-il pas, là en contrebas, les fameux étangs ? Ce n’est pas possible ! J’y suis ! Mais où est-elle, cette maison  … Nous longeons de magnifiques bambous majestueux pour arriver enfin aux fondations d’une maison, avec ci et là encore un pilier. Roger m’explique qu’elles ont été utilisées pour garder des cochons car on voit des mangeoires, ajoutées plus tard. Je ne sais pas si j’ai habité ici, je ne ressens rien, mais, aurais-je ressenti quelque chose? Je n’avais que 2 ans et demi, c’est tellement jeune, c’est quasi impensable d’avoir des souvenirs précis.

Allez, on continue vers les ruines du 3ème bâtiment. On compare ce qui reste des fondations avec la lettre, la barza pouvant contenir 40 personnes, 15 mètres de long, grande maison avec vue sur étang. Roger constate qu’en effet, la taille a bien l’air de correspondre, cette fois-ci …..Oui, c’est elle ! En une seconde, mon estomac se noue – ne dit-on pas ressentir avec ses trippes - et l’émotion monte. C’est bien celle-ci. J’y suis, enfin, après 51 ans, je suis de retour. C’est ici que j’ai vécu 2 ans, Très beau paysage, paisible, la vraie campagne. Wouaw. Qui aurait cru qu’un jour je la reverrais (du moins, l’emplacement). Nous emmenons une brique (très lourde) et une pierre en souvenir.
Et les vaches dont ma mère ma parlait sont toujours là. Bon d accord, pas les mêmes, leurs arrières-arrières-petites filles. Brunes à longues cornes, accompagnées d’un petit berger se tenant sur une jambe à l’aide d’une perche.

Merci à l’équipe de m’avoir accompagnée dans ce périple.
Notre petit groupe avait conclu un pacte : celui qui retrouve sa maison paye une tournée générale. Aujourd’hui, c’est mon tour.

Quelques kilomètres plus loin, nous découvrons le Petit Séminaire de MANDOMBE avec le père abbé Jean-Claude Bantu qui en est recteur et qui fut secrétaire/chancelier de l‘archevêque de Kisangani monseigneur Munsengo. Je crois me souvenir (pas noté) qu’il a vécu au Vatican.
J’ai une petite pensée pour Mgr Camille Verfaille que j’ai encore rencontrée toute petite fille.

Retour sur Kisangani en passant devant un bâtiment ou l’on peut lire « GSSMA Groupe scolaire Sainte Marie »; il s’agit de Sainte-Marie de Chololo appartenait aux frères maristes; bâtiments toujours sur pieds. Plusieurs lecteurs y ont surement été à l’école.

Au centre ville,  René a rendez-vous avec le président de la F.E.C./Province Orientale  = Fédération des Entreprises du Congo (une fédération nationale) Raymond Mukeni Ekopi, concernant la création d’une coopération des propriétaires de palmeraies pour la production d’huile de palme, forum qui sera organisé dans l’après-midi dans un des bâtiments de Mr Mukeni. Il nous raconte avoir racheté l’Hôtel des Chutes et est sûr qu’en 6 mois il peut le remettre sur pieds. Il a besoin d’aide … l’un de nous aurait-il envie de venir y travailler ? (Pour la petite histoire, le grand-père de Mr Mukeni était un militaire belge).

Dans un bouiboui local, nous commandons le plat traditionnel, le Poulet moambe, finalement !  Mais ce pauvre poulet a dû courir très longtemps très loin; et était très vieux. Heureusement, pundu, chikwangue, riz, bananes et sauce étaient délicieux. Moi, du moment que j’aie de la sauce et des bananes, je suis contente. Plein de bananes.

Nous requittons la ville pour rendre visite à un centre d’aide aux enfants abandonnés mais pas nécessairement orphelins. D’un côté les filles, de l’autre coté de la route les garçons, où nous rencontrons une sœur italienne qui est ici depuis 20 ans, sœur Rafaella, la 2ème sœur blanche depuis le début du voyage (la 3ème et dernière sera Sœur Angèle à Kinshasa).  Ce centre n’a pas de revenus et doit se débrouiller vaille que vaille.  Hélas, ces gamines, quand elles quittent le centre (j’ai oublié si c’est à 14 ou 16 ans) se retrouvent souvent dans la rue et risquent de tomber enceintes assez vite, ce qui les font rentrer dans un cercle vicieux.
Nous allons nous promener dans les alentours. Trois petites filles Véronique, Amélie et Régine nous accompagnent. Elles ont tellement peu de visiteurs et d’attention personnelle que là, elles ont l’air aux anges, nous prennent par la main … une demi-heure de pur bonheur pour ces fillettes. Deux gamins suivent également à petite distance. L’un d’eux a une très bonne bouille, l’autre me fait penser à un enfant soldat (que je n’ai jamais rencontré, pourtant); il a quelque chose de très méfiant.

Cet endroit est très champêtre avec sa verdure, ses collines, on dirait presque un tableau qui n’attend qu’a être peint. Troupeau de grandes vaches paisibles, pas du tout grassouillettes pour un sou, rousses, brunes, noires, ou bicolores aux très grandes cornes, rentrant « à s’n aise » au bercail.

Souper au restaurant de l’hôtel Palm Beach : soyons prudents, cette fois-ci, pas de poulet marathonien mais du spaghetti. Et quelle est la couleur des chaises en plastique ? Je vous le donne en mille ….et oui, bleu! Mais cette fois-ci, il y a même les tables assorties. Je sens que je vais en rêver une de ces nuits.

Ce fut une journée bien remplie d’émotions … mais a présent, la boucle est bouclée

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