Message de Pierre Van Bost
Mr Pierre Van Bost se présente.
J’ai vécu au Congo de 1946 à 1967. J’ai grandi dans ce pays, j’ai suivi des cours dans des écoles à Albertville, Jadotville et Stanleyville, j’ai aimé et m’y suis marié et j’y ai travaillé à l’UMHK de 1963 à 1967.
Pendant 20 ans, de 1987 à 2008, j’ai fait partie de l’équipe de Charles Blanchart pour réaliser l’Histoire, en trois volumes, du « Rail au Congo Belge ».
Nous travaillons maintenant sur un projet de livre qui traitera de « l’héritage colonial ».
Dans ce but je recherche des renseignements sur les deux sujets suivants :
Le Corps des Volontaires du Congo Belge.
A l’époque coloniale, il existait au Congo Belge un Corps de Volontaires Européens, le C.V.E. Cette organisation paramilitaire regroupait des volontaires européens de toutes nationalités qui étaient initiés au maniement des armes de guerre et des séances de tir avaient lieu régulièrement, sous la conduite d’un officier de la Force Publique.
Ce Corps avait été constitué pour défendre les personnes et les biens en cas de troubles. Toutefois, le C.V.E. fut dissout après les troubles de Léopoldville en janvier 1959, comprenne qui pourra, et remplacé par un nouveau Corps où seuls des Belges ayant servi dans l’armée belge étaient acceptés.
Qui pourrait me fournir des renseignements sur l’origine, l’historique et les faits d’armes de ce Corps de Volontaires ? Je pense que des volontaires ont joué un rôle pendant la guerre 40-45 ainsi que pendant les troubles qui ont suivi l’indépendance du Congo.
Tout renseignement à ce sujet est bienvenu.
La révolte des mercenaires en 1967.
Le 5 juillet 1967, à Stanleyville, les mercenaires et les gendarmes katangais, sous la conduite de Jean Schramme et Bob Denard, se sont soulevés contre Mobutu. Les média et la radio nationale faisant état d’une agression impérialiste, incitèrent les Congolais à prendre les armes pour chasser l’ennemi blanc où qu’il se trouve. Mobutu décréta l’état d’exception sur toute l’étendue de la République et le gouvernement imposa un couvre-feu, pour les Européens uniquement, de 18h00 à 6h00 du matin. A Lubumbashi, la population fut informée de cette mesure par un communiqué de presse du Gouverneur Manzikala de la province du Katanga, interdisant toute circulation aux personnes de race blanche à partir de 19 heures. Cette méprise du Gouverneur allait avoir des conséquences tragiques à Lubumbashi où le soir du 6 juillet, tous les Européens qui se trouvaient sur la voie publique après 18h furent arrêtés par des soldats de l’A.N.C., emmenés en brousse et lâchement assassinés, sans aucune forme de procès. Combien de personnes périrent ainsi ? Je crois me souvenir qu’à l’époque on citait le nombre de 11 victimes, dont un jeune garçon de 14 ans. Dans son édition du 8 juillet, l’Essor du Congo, censuré par le régime, annonçait la découverte de trois cadavres d’Européens non identifiés à mettre au compte du patriotisme de villageois. Ce massacre fut étouffé et les responsables ne furent jamais inquiétés. Une chose est certaine, parmi les victimes, il y avait trois agents de la GECOMINE (ex-UMHK) et le fils de l’un d’eux, âgé de 14 ans, et qui venait d’arriver à Lubumbashi, le 2 juillet, pour passer les grandes vacances scolaires auprès de son père.
Qui peut me fournir des détails sur ces événements tragiques de Lubumbashi, avec si possible les noms des victimes.
Au Katanga, fief de Moïse Tshombe, tous les Blancs étaient considérés comme des mercenaires en puissance et pendant les quelques jours que dura le couvre-feu, nous étions terrés dans nos demeures, tous feux éteints, à la merci de l’armée nationale congolaise. Nous étions pris au piège comme des rats.
J’aimerais aussi savoir si ailleurs au Congo, des Européens ont aussi été inquiétés pendant ces jours troubles de juillet – août 1967 ?
Pierre Van Bost
Dumoka@gmail.com













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