www.congo-1960.be

Network: | groupe facebook congo-1960 |sponsors congo-1960 |Agenda
Témoignages des visteurs | Témoignages 25 ans après la colonie | Les documents concours | Mon histoire | Opération au Congo | 1978 Kolwezi | Le retour vers le Congo
Voyages| films | Expositions | Musiques | Recettes
Comment participer | Les participants précédents |
Intro Documents | Les tirlementois au Congo
Livres | Catalogue Black Label | Nouveaux livres |Livres divers | Livres écrit par les anciens de la colonie | Livres après la colonie | Livres Colonie
Léopoldville | Kasai | Kivu | Ruanda Urundi | Katanga | Equateur | Orientale | |
Vous avez écrit |
Newsletter
Photos Foto's | Vidéos | Partagez votre album avec le blog de congo-1960 | Les photos sur le groupe fan de congo-1960 (facebook) |
OTRACO |
Avis divers |
1 2
Envoyez-nous vos témoignages et photos et gagnez un livre.

Objectif prioritaire 

Les discutions politiques sur les opérations Dragon Blanc (Bunia), Dragon Vert (Watsa) et Dragon Noir (Paulis) commencèrent alors que l’opération Dragon Rouge était en cours d’exécution. A Bruxelles et à Washington, on était unanime : les otages occidentaux aux mains des Simba couraient les plus graves dangers, mais le président Johnson ne voulait pas s’engager plus avant dans la guerre civile au Congo et il n’autorisait qu’une seule opération supplémentaire. Le ministre belge des Affaires Etrangère P.H. Spaak voulait annuler toutes les opérations supplémentaires car il craignait les réactions des pays du tiers-monde et des républiques populaires, tandis que son chef de Cabinet, le vicomte Davignon, et le premier ministre Theo Lefévre étaient fermement convaincus que ces opérations étaient nécessaires. L’ambassadeur US à Léopoldville Mc Murtrie-Godley, soutenu par le général Adams d’USSTRICOM, était également partisan d’effectuer d’autres opérations car il connaissait la situation militaire et doutait que l’ANC fut capable d’engager des opérations de sauvetage dans ces localités. Les seules bonnes nouvelles étaient que la 5e Brigade mécanisée avait occupé Stanleyville et que la colonne Ops Nord, organisée à Bumba par le major ATMB Génis avec des mercenaires belges et Sud Africains, des parachutistes congolais et des troupes katangaises, s’était emparée du port fluvial d’Aketi et se préparait à attaquer Buta. Le groupe para spécial du cpn Noddyn avait sauvé cent trente quatre Belges et dix Américains à Aketi, et les mercenaires belges exploraient les villages des alentours pour secourir d’autres otages. Les témoignages des otages sauvés dans les environs d’Aketi indiquaient clairement que la garnison de Simbas qui occupait Paulis était très menaçante envers les Occidentaux qui étaient entre leurs mains.

Le 24 novembre 1964 à 16H30, le colonel Laurent, commandant du Régiment Paracommando, le col Vandewalle, commandant la 5e Brigade Mécanisée, le col Marlière du QG/ANC et le col Logiest de CAMAC, se réunirent au Poste de Commandement établi à l'aéroport de Stanleyville pour discuter des opérations sur Bunia, Watsa et Paulis. Au cours de cette réunion, le col BEM Vandewalle proposa au colonel Laurent des camions de sa brigade en cas d’une opération sur Bunia, mais le colonel Laurent émit certaines objections sur l’ordre des opérations prévues, proposant que Paulis deviennent l’objectif prioritaire en cas de déclenchement d’une nouvelle opération. Le chef-lieu de l’Uélé, province constituée après la chute du régime Gizenga en 1963, avait été épuré de ses éléments lumumbistes par l’administrateur en chef de la Sûreté Nationale Victor Nendaka. Avant l’indépendance, elle comptait 756 habitants européens, mais il en restait moins de la moitié. Le colonel rebelle Mathias Déo Yuma s’était emparé de la province de l’Uélé sans tirer un coup de feu car la garnison de Paulis était passée à la rébellion sans résistance suite au non-paiement de la solde. Lors de l’arrivée des Simba le 15 août 1964, la population congolaise avait payé très cher son attachement au pouvoir central de Léopoldville. Une répression féroce s’était abattue sur les habitants congolais jugés anti-lumumbistes et tous les matins, des membres du Radeco, le parti de l’ex-premier ministre Adoula, et tous les Congolais qui savaient lire ou écrire ou qui avaient été en contact avec la civilisation occidentale étaient amenés devant le monument Lumumba sur la place de Paulis pour y être exécutés de manière atroce. Le chiffre des victimes congolaises dépassa rapidement les quatre mille. Monsieur Mambaya, gouverneur de la province de l’Uélé, fut dépecé vif avec son secrétaire Tabolo. Les fonctionnaires, les enseignants, les policiers et les militaires gouvernementaux faits prisonniers furent systématiquement éliminés par les rebelles.

Toutes les régions conquises par la rébellion connaissaient la terreur rouge car Christophe Gbenye avait fait sien le premier vers du refrain de l’Internationale : « du passé faisons table rase». Ce marxiste pur et dur  avait confié à ses fidèles : « Repartir à zéro, voilà ce que nous devons faire, voilà à quoi nous travaillons. Il faut détruire ce qui existait et qui n’est que des séquelles du colonialisme. Et pour faire ce que nous voulons faire, il faut repartir à zéro avec une masse ignare ». Une quarantaine d’Occidentaux étaient emprisonnés à la mission catholique des Dominicains et leur massacre débuta dans la soirée mardi 24 novembre lorsque le raid sur Stanleyville fut connu par le major Omari, commandant la garnison simba de Paulis. Dix otages furent tués de manière particulièrement barbare, dont le révérend américain Tucker, sept autres otages furent torturés le mercredi 25 novembre et 300 Congolais furent fusillés sur la place de Paulis devant le monument Lumumba. Dans la soirée du 24 novembre, le col Laurent réunit son Etat Major pour l'informer que Dragon Noir était prévu pour le 26 novembre. Il discuta avec le major Mine des effectifs nécessaires à l'opération. L'assaut aéroporté sur Paulis nécessitait deux compagnies au minimum et il fut décidé qu’il serait effectué par les 11e et 13e compagnie, les deux  sections de reconnaissance du 1er bataillon parachutiste et les moniteurs de saut du major Ledant. Ces unités furent retirées du périmètre défensif et mises au repos. L’officier S2 avait réuni tous les renseignements possibles sur la ville, dont les photographies aériennes prises par le Boeing RC-97 de la mission « Running Bear », mais la seule carte disponible était une petite carte touristique. Le consul Nothomb et José Romnée, sauvés à Stanleyville, lui fournirent des informations supplémentaires sur la plane d’aviation, l’implantation des hôtels et des entreprises dispersés dans toute la ville, et sur le camp militaire de l’Armée Populaire de Libération, situé au nord-ouest de la ville sur la route de Poko, où vivaient 1200 Simba et leur famille.

Préparatifs de l’opération

En comptant les Lockheed C-130E de la « Joint Task Force », il y avait dix-sept appareils C-130 au Congo, mais cinq d’entre eux avaient besoin de réparations. L'équipe de maintenance que le col Gradwell avait amené d’Evreux travailla d’arrache-pied à Léopoldville avec l'aide des équipes d'entretien de la Sabena pour réparer les réservoirs de carburant percés par les balles et les dommages moins graves. Lors d’une conférence de planification qui se déroula le 25 novembre à 07H30 avec le colonel Laurent et son Etat Major, le col Isaacson, chef de la « Joint Task Force » de Léopoldville dépendant de l’USSTRICOM, informa le col Gradwell que l’opération nécessitait seulement sept C-130. Le major Mine avait prévu que les 11e et 13e compagnie parachutiste sauteraient de quatre C-130. Les parachutistes de la 13e compagnie  devraient sécuriser la piste pour permettre l’atterrissage de trois C-130 chargés des sections de reconnaissance du bataillon, des jeeps radio, des AS-24 et du ravitaillement. La 12e compagnie commando et la compagnie Etat Major demeureraient en réserve à Stanleyville. Des C-130 supplémentaires étaient prévus pour l’évacuation de Paulis le jour suivant. Quant à l'appui aérien à l'opération, le col Laurent et le major Mine ne l’estimaient pas nécessaire. Le passage initial des B-26K sur Stanleyville n’avait fait qu’alerter les Simba et provoquer leurs tirs. Le colonel Isaacson et les équipages de l’USAF partageaient leur opinion, mais le général Adams insista pour inclure deux bimoteurs B-26K dans le plan opération de Dragon Noir. Le col Laurent et le major Mine décidèrent d’alléger au maximum l'équipement des troupes d’assaut pour accélérer le mouvement des troupes dans la ville et il donna pour instructions au commandant du 1er bataillon parachutiste de mettre immédiatement en action la 11e compagnie du capitaine Peirlink dès qu’elle se serait regroupée à terre.

La réunion se termina sur un accord avec les Américains et le major Mine prépara un ordre d'opérations, tandis que le colonel Isaacson retournait à Léopoldville. Lors de la planification du transport aérien pour Dragon Noir, le col Gradwell dut résoudre deux problèmes particulièrement importants : l’évacuation des otages de Stanleyville avait duré plus longtemps que prévu et les forces belges n’avaient pu être ramenées à Kamina Base. Il fallait les embarquer sur place, hors l'aéroport de Stanleyville était encombré d'avions. Il y avait plusieurs bimoteurs de transport et deux hélicoptères de la FATAC, des appareils d'Air Congo et dix avions d’appui tactique chargés de soutenir la 5e brigde du col Vandewalle : deux B-26K et quatre T-28D pilotés par les Cubains du WIGMO et quatre T-6G de la 21e escadrille d’appui tactique. L’autre problème concernait la navigation des appareils jusqu’à Paulis. Lors du raid sur Stanleyville, les aviateurs du col Gradwell avaient effectué une navigation parfaite, mais ils avaient été avantagés par la situation de Stanleyville au bord du fleuve du Congo. Paulis, en revanche, était situé en pleine forêt à environ 350 km à vol d’oiseau au nord-ouest de Stanleyville et son terrain d'aviation était entouré par la jungle. Les seuls points de repères de la ville se composaient d’un aéroport avec sa piste d'aviation de 1400 mètres de  long et d'un chemin de fer qui traversait Paulis d’est en ouest. Il fallait une navigation très précise pour arriver sur l’objectif. Grâce aux photographies aériennes prises par la mission « Running Bear », on s’aperçut que la seule zone de saut possible était la piste d'atterrissage car la jungle entourait la ville. A la différence de Stanleyville, l'aéroport de Paulis était situé à l’intérieur de la localité et la piste était presque un prolongement de la rue principale.

Embarquement à Stanleyville

Le major Poore, officier d’opérations du col Gradwell, débarqua le 25 novembre à 22H00 du C-130 « Chalk 7 » et il fut conduit au centre d’opération belge par le major Hardenne. Mis au courant du briefing donné par le col Isaacson, le major Poore s’inquiéta car le chef de la Joint Task Force de Léopoldville était un pilote de chasse, pas un spécialiste du transport aérien et il n’avait aucune expérience dans les opérations aéroportées. Le planificateur de l’opération avait estimé que la piste de Stanleyville ne pourrait supporter que trois C-130 à la fois, mais le major Poore était persuadé que les sept appareils pouvaient stationner en même temps sur le terrain d'aviation si on lui laissait le temps de dégager les abords. Il expliqua au colonel Laurent la nécessité de libérer la piste pour accueillir la formation de C-130 qui se dirigeait vers Stanleyville. L'ordre d’exécution de Dragon Noir parvint au col Laurent le 25 novembre à 23H09 et le Lockheed du col Gradwell se posa à 02H45. Cinq autres C-130 atterrirent à quinze minutes d’intervalles, guidés dans le brouillard par l’appareillage d’approche et les parachutistes équipés de TAP 665 se préparèrent pour l’embarquement. Le charroi de Dragon Noir se composait de quatre jeeps blindées, quatre jeeps radio, sept AS-24 et le col LAURENT disposait du personnel nécessaire pour huit autres de ces Minerva blindées amenées de Belgique à Baka par avion Globemaster C-124. Il ne jugea pas nécessaire de les utiliser. La formation du col Gradwell mit le cap sur Paulis le 26 novembre à 05H00 du matin et en cours de vol, elle fut rejointe par l’appareil C-130 « Chalk 8 » de réserve.

Suite aux instructions données par le général Adams, le col Isaacson envoya deux B-26K en avant-garde, mais les Cubains s’égarèrent lors de la traversée d’orages tropicaux et ils rentrèrent à Stanleyville. Alors que les navigateurs de Gradwell s’approchaient de l’objectif à l’estime et au radar, ils s’aperçurent que le brouillard recouvrait la terre, rendant la visibilité pratiquement nulle. A 05H35, la lampe rouge s’alluma et les moniteurs de saut du major Ledant commencèrent les préparatifs de parachutage. Les pilotes de Gradwell descendirent à l’altitude de 600 pieds pour l'approche de Paulis et les 246 bérets rouges du col Laurent attendirent le feu vert. A  05H55, le capitaine Long, qui pilotait l’avion « Chalk 1 », repéra la piste, mais au même moment, il aperçut une arme automatique en train de tirer et des balles traçantes montèrent dans le ciel. Quatre projectiles touchèrent son appareil avant qu'il ait pu dégager  et le col Gradwell avertit ses pilotes de ne pas parachuter au premier passage et d'éviter le survol des bâtiments proches de la piste d'atterrissage. La formation vira pour un deuxième passage et la lampe verte s’alluma à 06H02 dans les quatre C-130 prévus pour le parachutage. L’opération Dragon Noir commençait, mais cette fois, les bérets rouges ne bénéficiaient pas de la surprise. Les Simba défendant le terrain d'aviation de Paulis semblaient avertis de leur arrivée et ils ouvrirent le feu. Le brouillard avait un avantage car il rendait les parachutistes invisibles du sol. Trois des avions furent touchés et le sergent Rossinfosse, dernier de son stick à sortir du C-130 « Chalk 1 », fut atteint par un projectile qui cisailla la plaque de fond d’un de ses chargeurs placés dans la poche de son smoke. Dès son arrivée au sol, il se libéra de son parachute et réussit à traverser la piste en terre battue, mais il était sérieusement blessé. Le lieutenant Patte, son commandant de compagnie, le fit évacuer par deux de ses camarades en bordure de piste et il reçut les premiers soins.

La piste de Paulis était assez courte et les pilotes durent effectuer un troisième passage pour lâcher les sticks restants pendants que des parachutistes de la 13e compagnie, menés par Major Mine, s’emparaient de la tour de contrôle et capturaient la mitrailleuse qui avait touché le C-130 « Chalk 1 ». La mission de la 13e compagnie était de défendre le terrain d'aviation durant toute la durée de l'opération, de fournir un peloton de réserve pour des opérations de recherche et d’installer un barrage routier entre la ville et l’aérodrome. Les hommes du lt Patte dégagèrent les obstacles placés sur le terrain d'aviation pour permettre l'atterrissage des C-130 avec les véhicules et les approvisionnements et à 06H30, le major Hardenne signala par radio au col Gradwell que le terrain d'aviation de Paulis était dégagé. Dix minutes plus tard, le C-130 « Chalk 5 » se prépara à atterrir pour débarquer son chargement, mais lorsque le pilote survola l'extrémité ouest du champ d’aviation, son appareil fut soumis au tir intense de rebelles qui s’étaient infiltrés dans la forêt bordant le terrain. Le C-130 ne fut pas touché et roula sur la piste en direction de l’aérogare, mais le major Hardenne suspendit les atterrissages jusqu'à ce que l'ennemi fut repoussé. La section de reconnaissance du sergent Goris débarqua de « Chalk 5 » et les deux jeeps blindées armées de mitrailleuses Mag 7,62mm furent engagée contre les Simba avec le capitaine Huybrechts et cinq moniteurs de saut. L’ennemi fut mis en fuite par de courtes rafales et le 2e peloton de la 13e compagnie occupa l'extrémité ouest de la piste d'atterrissage. Le major Hardenne signala aux Lockheed C-130 que le danger était écarté et le capitaine Huybrechts retourna immédiatement à la tour de contrôle avec le sergent Goris pour la poursuite des opérations. Le sergent Rossinfosse fut évacué à bord du premier C130 qui s’était posé et le personnel Américain lui donna des soins à bord de l’appareil qui se dirigea vers Léopoldville. Il fut transporté en ambulance  à hôpital de Lovanium pour être opéré à la cage thoracique. Le projectile, qui s’était logé dans la partie supérieure du poumon droit, avait provoqué une hémorragie interne.

L’occupation du quartier européen

Deux jeeps blindées supplémentaires, sept AS-24 et des munitions furent déchargés des C-130 « Chalk 6 » et « Chalk 7 ». Ce charroi permit aux moniteurs de saut du major Ledant d’effectuer des recherches d’otages à travers la ville. Pendant ce temps, les trois pelotons de la 11e compagnie, qui s’étaient immédiatement regroupés sur la zone de saut, progressèrent séparément dans Paulis à la recherche d’otages. Le 1er peloton du lieutenant Witteman se dirigea au pas de course vers la mission catholique des Dominicains, le 2e peloton du lt Hardy prit la route du camp militaire et le 3e peloton du lt Mertens traversa le quartier européen de Paulis en direction du sud. Sur le chemin de la mission, les bérets rouges recueillirent plusieurs réfugiés qui les accompagnèrent jusqu’à la mission qui fut occupée à 07H00. Le peloton du lieutenant Witteman y découvrit une cinquantaine de missionnaires catholiques et des Protestants, dont les enfants de sexe masculin étaient également retenus en otage. Les épouses des missionnaires protestants et leurs enfants de sexe féminin étaient internées dans une autre habitation. Tandis que les parachutistes du lt Witteman poursuivaient les recherches pour localiser des réfugiés, un camion non identifié arriva à la mission. Il était conduit par le consul hollandais Slegers, propriétaire de la brasserie Makasi proche de l’aérodrome. Peu auparavant, il s’était présenté au terrain d'aviation pour proposer son aide au major Mine et il lui avait annoncé que les Simbas détenaient un important groupe d'otages à la mission et qu’ils risquaient de les massacrer. Il disposait de deux camions de transport de bière qui seraient fort utiles pour rassembler les réfugiés à la plaine d’aviation. Tandis que lieutenant Kovilic maintenait des positions de défense autour de la tour de contrôle et aux deux extrémités de la piste, le colonel Laurent avait ordonné aux capitaines Vanderperre et Lauwers et aux moniteurs de saut Vermeulen, Gillet, Hassewer, Wouters, Peeters, et Decuyper de nettoyer une vingtaine de bâtiments  proches du terrain d'aviation. Cette opération de nettoyage se déroula entre 07H15 et 09H45 et deux rebelles furent tués et quatre autres capturés.

Le major Mine saisit immédiatement l’opportunité d’agrandir le périmètre de défense de la 13e compagnie en y incluant la brasserie Makasi et il ordonna au lieutenant Bourgeois d’occuper les bâtiments avec une section de son peloton et de les mettre en état de défense. Ensuite, le major Mine envoya le consul Slegers, le caporal Nihoul et le soldat milicien André vers la mission, mais il avertit le consul hollandais de s’approcher avec précaution et de s'identifier car il n'avait pas eu le temps de marquer les camions avec les croix jaunes. Comme le craignait le major Mine, le conducteur ne respecta pas les consignes et les hommes du lt Witteman ouvrirent le feu, blessant les trois hommes qui occupaient la cabine, heureusement, les blessures n'étaient pas mortelles. Les otages de sexe masculin sauvés à la mission collaborèrent étroitement avec le commandant Holvoet pour lui  indiquer les endroits où se cachaient leur famille. Pendant que le peloton du lt Witteman occupait la mission, le 2e peloton du lieutenant Hardy s’était dirigé vers le camp militaire par l'itinéraire le plus direct, coupant à travers la brousse entourant la piste pour aboutir à l’avenue qui se dirigeait vers la route de Poko. Comme le lt Witteman, il avait fait progresser ses hommes au pas de course et ils avaient balayé plusieurs points de résistance rebelles avant d’atteindre les abords du camp militaire au nord-ouest de Paulis à 07H12. Le camp de l’armée populaire ne fut pas occupé, mais le lieutenant Hardy établit immédiatement un barrage pour stopper l’arrivée d’éventuels renforts rebelles. Il défendit cette position jusqu'au retour de la 11e compagnie à l'aéroport et le soldat milicien Vandersteen fut blessé lors d’un accrochage avec les Simba. Pendant ce temps, les bérets rouges du 3e peloton atteignait l'hôtel Mangreth en parcourant rapidement les avenues du centre de Paulis. A chaque intersection, les parachutistes durent éliminer des points de résistance. Selon le consul Slegers, des femmes étaient tenues en otage dans cet hôtel, mais il était vide.

Le lt Mertens demanda des instructions et reçut l’odre de mettre des hommes en position au rond-point principal. Comme son peloton remontait vers le nord-ouest, il rencontra une forte résistance près des ateliers du Vicicongo (chemin de fer vicinaux du Congo) et à 07H45, un tir provenant de la maison occupée par le major Omari, chef de la garnison de Simba, toucha mortellement le caporal Welvaert, servant d’une mitrailleuse Mag. Son pourvoyeur, le milicien Vanderstappen fut également blessé. Le lt Mertens désigna une équipe pour les évacuer immédiatement vers l’aéroport. Le capora Welvaert avait suivi à la lettre les consignes du major Mine d’alléger l'équipement au maximum, mais il transportait quarante kilos de munitions en bandes de cent cartouches de 7,62 mm. Après avoir installé un périmètre défensif autour du rond-point principal, le lt Mertens envoya ses hommes à la recherche des réfugiés qui se cachaient dans les habitations du quartier européen. Le major Mine envoya une section de la 13e compagnie dans la ville pour aider la 11e compagnie à rechercher des réfugiés. Grâce à l’expérience acquise à Stanleyville, l'évacuation des réfugiés se fit de manière plus organisée et sous bonne escorte et le C-130 « Chalk 7 » évacua 83 personnes. Lorsque le capitaine de l’USAF James Hunt, qui survolait Paulis aux commandes du C-130 de réserve « Chalk 8 », aperçut l’appareil  « Chalk 7 » décoller, il appela le col Gradwell par radio pour demander des instructions. Le col Gradwell entra en contact avec le lieutenant colonel Cailleau de « Dragon Control » et lui demanda s'il y avait d'autres personnes à évacuer. Le ltcol Cailleau répondit par l'affirmative et le capitaine James Hunt se posa pour embarquer soixante réfugiés et les paras blessés. Les informations sur les endroits pouvant abriter d’autres réfugiés furent immédiatement exploitées par le commandant Holvoet et des patrouilles de parachutistes furent envoyées pour les secourir. A 08H50, plus de 200 personnes avaient été conduites à l’aérogare pour être évacuées après avoir été interrogées par le commandant Holvoet et ses hommes.

Patrouilles de recherche

Le Colonel Laurent, le major Hardenne et le capitaine Huyberechts commandèrent personnellement des patrouilles de recherche qui se composaient en majorité des moniteurs de saut du major Ledant. La première patrouille commandée par le major Hardenne quitta l’aéroport à 08H30 avec deux jeeps blindées du sergent Goris escortant un des camions de la brasserie occupé par quatre parachutistes du 3e peloton du lieutenant Mertens. Cette patrouille remonta vers le nord de la ville et fut attaquée au même endroit où le sergent Welvaert avait été tué, mais les six mitrailleuses Mag des jeeps blindées balayèrent les rebelles et quatre Européens furent retrouvés vivants. A 10H00, le major Hardenne fut de retour au terrain d'aviation pour une nouvelle mission. Entre temps, le capitaine Huyberechts et des moniteurs de saut étaient engagés dans des recherches avec trois tricycles AS -24. Ils parcoururent plusieurs artères des quartiers où résidaient des Européens isolés, mais leurs tricycles connurent des problèmes techniques et ils retournèrent au champ d’aviation pour emprunter les jeeps blindées du sergent Spillebeen et une Volkswagen récupérée sur place. Lors de son dernier voyage, le cpn Huyberechts ramena le corps d’une jeune femme massacrée peu avant leur arrivée dans une villa. Pendant que ce groupe retournait à la plaine d’aviation, celui du major Hardenne effectuait sa deuxième mission et il trouva huit femmes, deux enfants et un homme dans une villa de la périphérie méridionale de la ville. Il repartit à 11H00, en direction de la ferme de la Societé Costituri, située à huit kilomètres à l'ouest de la ville. Une fois de plus, les jeeps blindées du sergent Goris ouvrirent la route à la colonne et détruisirent trois barrages rebelles en traversant le quartier indigène. A leur arrivé à la ferme, les hommes du major Hardenne furent étonnés de trouver les ouvriers agricoles congolais occupés à travailler dans les champs. Ils furent plus étonnés encore quand 29 réfugiés sortirent calmement de leur cachette pour embarquer sur les véhicules. Ce groupe de rescapés fut conduit au terrain d'aviation vers 13H00.

Après avoir ramené le corps de la morte au terrain d'aviation, le cpn Huyberechts repartit pour sa deuxième mission de recherche avec une section de parachutistes. Il patrouilla à neuf kilomètres au sud de Paulis le long de la route de Wamba qui menait à Stanleyville. Les jeeps blindées de la section de reconnaissance éliminaient chaque barrage de Simba rencontré le long de la route à coups de rafales de mitrailleuses et vers midi, la patrouille du cpn Huyberechts ramena huit réfugiés supplémentaires à la tour de contrôle. La recherche d’otages se poursuivit dans l’après-midi du 26 novembre et le major Hardenne fit encore quatre voyages, tandis que le cpn Huyberechts en effectuait deux. La patrouille la plus lointaine fut organisée par le commandant Holvoet et le capitaine Vanderperre qui sauvèrent sept réfugiés à quarante kilomètres à l'ouest de Paulis. Ils retournèrent à Paulis après le coucher du soleil. Au total, septante Occidentaux furent secourus par des patrouilles aux environs de Paulis. Pendant ce temps, les quartiers européens étaient fouillés maison par maison et vers 16H00, la 11e compagnie du capitaine Pierlinck rejoignit la plaine d’aviation avec les derniers otages qu’elle avait trouvé.

Le major Mine fit son rapport au col Laurent qui lui ordonna de regrouper son bataillon sur l’aérodrome où 150 réfugiés devaient passer la nuit en attendant leur évacuation. Les 11e et 13e compagnies établirent un périmètre de sécurité autour du champ d’aviation et le colonel Laurent réunit son état-major pour mettre au point l’évacuation finale de Paulis. Il devait faire face à une décision difficile car la ville avait été ratissée de long en large et il n’avait plus reçu d’informations sur les endroits où pouvaient se trouver des réfugiés. Des renforts de Simba se dirigeaient vers Paulis et les patrouilles risquaient de tomber dans une embuscade. En tant que responsable militaire de Dragon Noir, il ne pouvait pas risquer de pertes inutiles car il avait déjà un mort et cinq blessés. L'évacuation par les C-130 du col Gradwell devait se dérouler le jour suivant vers la mi-journée et cela lui laissait seulement six heures de clarté pour mener à bien les préparatifs. Le col Laurent décida cependant d’exécuter une dernière patrouille avant d'évacuer la ville et le major Mine conçut le plan d'évacuation en se basant sur le plan d'opération qui avait abouti à l’occupation de l’aérodrome. La 13e compagnie du lt Patte conservait la mission de défendre le terrain d'aviation, pendant que la 11e compagnie du cpn Pairlinck regrouperait les otages libérés sur la piste pour les faire embarquer dans les C-130. Après le départ des réfugiés, la 11e compagnie se chargerait d’embarquer le matériel et les véhicules, puis elle embarquerait à son tour dans les appareils du col Gradwell. Le départ de la 11e compagnie serait suivi par celui des moniteurs de saut du major Ledant et des officiers de l’état-major par étapes successives. La 13e compagnie du lt Patte et le personnel de commandement embarqueraient pendant que.le lieutenant Henrot, officier en second de la 13e compagnie, occuperait l'extrémité est de la piste jusqu'à ce que le dernier C-130 ait atterri, ensuite, il se retirerait à son extrémité ouest pour y embarquer.

L’évacuation finale

Le col  Laurent et le major Mine insistèrent auprès de leurs subordonnés pour faire un compte précis de leurs hommes avant le départ du dernier avion. Le cauchemar du responsable de Dragon Noir était d’oublier un soldat sur place car les Simbas ne faisaient pas de prisonniers et torturaient leurs captifs avec un sadisme inimaginable. Après une nuit relativement calme, les hommes du col Laurent furent debout à 07H00 et les majors Hardenne et Rousseaux partirent pour effectuer la dernière patrouille avec les jeeps blindées. Ils rejoignirent l’aéroport avec cinq réfugiés. Le major Hardenne voulut faire une ultime tentative car ils lui avaient appris la présence d'autres otages à environ quarante kilomètres de Paulis. Il supplia le col Laurent d’autoriser cette dernière patrouille, mais le commandant de Dragon Noir refusa à contre-cœur de risquer la vie de ses hommes. La formation du col Gradwell survola Paulis dans les délais prévus et à 12H00, le C-130 « Chalk 1 » se posa en premier. L’atterrissage à sur la petite piste de Paulis était délicat et les aviateurs américains s’étaient  basés sur leur expérience de la veille pour alléger leur appareil et remplir les réservoirs avec un minimum de carburant. Le Colonel Isaacson se posa avec le C-130 « Chalk 2 » pour discuter avec le col Laurent de son plan d'évacuation. Il avait apporté deux lots de simulateurs de tirs que les paras belges pourraient employer pour couvrir leur retraite avec le dernier avion. Le col Laurent hésitait de s’en servir car il craignait que les bérets rouges du lieutenant Henrot, en particulier le mitrailleur installé dans la tour de contrôle, pourraient réagir impulsivement au bruit des simulateurs et ouvrir le feu.

L'embarquement des réfugiés commença immédiatement et dix minutes plus tard, « Chalk 1 » prenait son envol vers Léopoldville. Il s’effectuait graduellement et prenait moins de vingt minutes pour chaque appareil. Les parachutistes défendant les extrémités est et ouest de la piste s'étaient mis en position de tir, genoux à terre et faisaient face au Nord et au Sud du périmètre pour protéger le décollage des C-130 avec l’appui du servant de mitrailleuse en position dans la tour de contrôle. Le col Laurent embarqua dans le C-130 du col Gradwell qui orbita autour du terrain pour leur permettre de superviser l’opération du haut des airs. Dès que l’embarquement d’un appareil était terminé, son pilote fonçait à plein régime pour prendre l’air en évitant un énorme palmier à l’extrémité ouest de la piste. A 16H00, il restait seulement le major Mine, le major Ledant et les hommes du lt Henrot qui étaient en position à chaque  extrémité du terrain. Le major Hildebrand, pilote du C-130 « Chalk 11 » se posa le dernier et le lieutenant Henrot déclencha les simulateurs de tirs avant de courir vers l'avion avec ses hommes, accompagnés du major Mine et du major Ledant. La pétarade des simulateurs inquiéta le major Hildebrand qui annonça par radio : "Mon Dieu, ils tirent à l'autre extrémité de la piste!".  Le col Gradwell le rassura et le pilote abaissa la rampe du C-130 pour embarquer les derniers défenseurs. L’appareil décolla à 16H10. Cette évacuation menée de main de maître fut l’ultime réussite de l’opération Dragon Noir qui avait permis le sauvetage de 375 réfugiés en péril de mort. Les insurgés réoccupèrent Paulis après le départ des parachutistes et pour se venger de leur défaite, ils exercèrent des représailles contre les Occidentaux tombés entre leurs mains, notamment à Wamba.

Le 1er décembre 1964, le général Mobutu demanda à son conseiller le col BEM Marlière de se rendre à Buta pour relancer l’offensive du secteur « Ops Nord » vers Paulis. Il tenait a cueillir quelques lauriers après l’occupation de Stanleyville par la 5e Brigade Mécanisée du col BEM Vandewalle. Pendant que le major Génis et le lt Glorieux préparaient la colonne de combat, le ltcol Itambo profitait de l’occasion pour rejoindre Léopoldville et « faire son rapport » au QG. Les forces de son secteur étaient peu importantes : le groupe de mercenaires du cpn Robert Noddyn recruté en Belgique, deux compagnies d’anciens gendarmes katangais dont celle du lt Ferreira, le peloton de l’adjudant Gérard Madwa (1er Bn parachutiste congolais) et le 52e peloton du 5e bataillon commando sud-africain. Alors qu’il progressait vers Paulis, le major Génis apprit que les Simba avaient repris Buta. Dix soldats noirs avaient été tués et le reste avait prit la fuite. La compagnie d’anciens gendarmes katangais du lt Ferreira recueillit les survivants de la 7e compagnie et ils poursuivirent leur progression en traversant les villages de Poko, Ango et Dakwa à la recherche d’otages. Septante Occidentaux furent sauvé dans ces localités et une trentaine d’autres furent libérés à Niangara le 8 décembre suivant. Le lendemain, la colonne quitta Dungu à l’aube et progressa rapidement vers son objectif, mais l’équipe logistique « Ops Nord » tomba dans une embuscade à Wamba Moke et le lt Glorieux fut tué, tandis que le major Génis et le lt Passagez étaient blessés. L’hélicoptère H21B du cdt Brokken se posa pour les évacuer, mais le major Génis succomba à ses blessures durant le vol. Il fut remplacé à la tête de l’équipe logistique par le cpn Defreyne. Le 9 décembre  1964 vers 17h00, Léopoldville fut averti par radio que la plaine d’aviation de Paulis était dégagée de ses obstacles et que l’évacuation des otages libérés pendant leur progression pouvait commencer. Malgré les massacres, la majorité de la population noire était restée fidèle au gouvernement central et elle se mit sous la protection de l’ANC. Quant au major rebelle Omari, il fut tué lors des combats.

 

SOURCES :
Dragon Operations - Hostage Rescues in the Congo (1964-1965) by Major Thomas P. Odom of the Combat Studies Institute
Vandewalle, Frederic J. L. A. L'Ommengang: Odyssée et Reconquête de Stanleyville, 1964. Bruxelles, Belgique - Le Livre Africain, Collection Témoinage Africain, 1970.

"Ngombe", par le vicomte D'HENDECOURT (Editeur Vanderlinden 1940).

"Visite aux Bantou", par Jean GOUDAL (Editeur Lamertin 1933).

Avec nos remerciement à Mr JP Sonck pour sa contribution au site congo-1960

Fin

Neko

Les operation au Congo par JP Sonck

↑ Grab this Headline Animator

L’étendard de la rébellion

En janvier 1964, le président du Comité National de Libération Christophe GBENYE envoya Gaston SOUMIALOT et Laurent-Désiré KABILA au Burundi.
Le premier était secrétaire général des forces armées révolutionnaires et le second était secrétaire général aux Affaires sociales, Jeunesse et Sport du CNL en exil à Brazzaville. Ils avaient pour mission d’organiser la subversion dans l’est du Congo avec l’aide financière du Te Wu, le service secret de la Chine Populaire.
L’étendard de la rébellion fut le drapeau bleu foncé à six petites étoiles toutes de couleur jaune vif avec une grande étoile jaune vif au milieu symbolisant l’unité du pays.

Peu après son arrivée à Bujumbura, Gaston SOUMIALOT prit une chambre à l’hôtel Paguidas et ouvrit un bureau du CNL/Section de l’Est afin d’organiser des foyers de subversion avec les révolutionnaires lumumbistes qui l’avaient rejoint dans au Burundi, dont Antoine MARANDURA, Nicolas OLENGA et Louis BIDALIRA.
La première ambassade de la République populaire de Chine (RPC) à Bujumbura fut inaugurée en janvier 1964 après l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays.
Elle était dirigée par l’honorable LIEUOU YU FENG, responsable de la section « Afrique » du service secret de la Chine communiste.
Cette cellule importante du « Te Wu » avait pour mission prioritaire d’appuyer l’action clandestine de Gaston SOUMIALOT qui  fut invité le 25 février à l’ambassade.
Les Chinois reçurent régulièrement les membres du CNL et leur fournirent les fonds nécessaires pour semer la subversion parmi les tribus fidèles au Mouvement National Congolais de Patrice Lumumba (MNC/L).
L’activité subversive de l’honorable LIEUOU YU FENG fut surveillée par l’agent de la CIA Martin BERGIN en poste dans la capitale burundaise et les rapports transmis au QG de la Central Intelligence Agency à Langley par le chef de Station à Léopoldville Benjamin HILTON-CUSHING informèrent Washington sur la menace d’une révolte communiste au Kivu.
Grâce aux fonds fournis par l’ambassade de Chine Populaire, le colonel Louis BIDALIRA, alias BUTULERO, ouvrit un camp d’entraînement à Lubarika dans la région montagneuse bordant la rivière Ruzizi.
Il recruta 600 jeunes de la tribu Bafulero qui reçurent une prime d’engagement de 3.000 Francs Congolais et la promesse d’une solde mensuelle de 6.000 Francs Congolais, une aubaine pour ces jeunes chômeurs. Aidé par ses « lieutenants », il leur enseigna la guerre subversive telle qu’il l’avait apprise à l’école de guérilla de Nankin et en peu de temps, il forma la 1ère brigade des forces révolutionnaires composée de six bataillons, soit 3000 guérilleros surnommés Simba (lion).
La rébellion usait beaucoup de la sorcellerie comme arme secrète et ils furent tatoués et baptisés par les sorciers pour être invulnérables. Lorsqu’ils combattaient l’ANC, ils se droguaient au chanvre pour se donner du courage comme les mulélistes au Kwilu.

Le 15 mai 1964, les forces révolutionnaires du colonel BIDALIRA mirent en fuite la compagnie de l’Armée Nationale Congolaise cantonnée à Uvira et elles s’emparèrent de nombreuses armes. L’ANC abandonna ses positions dans la Ruzizi, car les soldats congolais attribuaient des pouvoirs surnaturels aux Simba coiffés d’un bonnet en peau de singe et ils étaient persuadés qu’ils ne pouvaient pas les tuer.
Pris de panique, ils gaspillaient leurs munitions sans prendre la peine de viser correctement. Le même processus de subversion se déroula chez les Babembe de la région de Fizi-Baraka. Avant l’indépendance, cette tribu qui comptait près de 100.000 individus avait causé de nombreux problèmes à l’administration coloniale belge et en 1960, elle avait soutenu Patrice LUMUMBA. Elle occupait une grande partie de la région bordant le lac Tanganyika au nord d’Albertville sur une profondeur de 80 km jusqu’à l’Itombwe.
En 1964, les anciennes luttes tribales prirent une nouvelle dimension sous le couvert du mulélisme et ces tribus s’engagèrent dans la rébellion pour lutter contre le pouvoir en place à Léopoldville et pour refouler les Warega des pâturages fertiles. Grâce à leur appui, l’Armée Populaire de Libération disposa d’une brigade supplémentaire dont les effectifs variaient de 2000 à 3000 combattants encadrés d’officiers et de sous-officiers déserteurs de l’ANC, d’un commissaire politique et de sorciers ou féticheurs (surnommés docteur) chargés de « gonfler » le moral des troupes.
La 2e brigade du front de Fizi, commandée par le colonel AZURUNI, occupa sans combattre Baraka et Kalundu le 28 mai. Ces localités portuaires situées au bord du lac Tanganyika devinrent des centres de ravitaillement importants pour la rébellion, car elles permettaient le déchargement des armes envoyées de Kigoma.
Le mois suivant, les Babembe s’emparèrent de la centrale électrique de Bendera et du port d’Albertville abandonné par l’ANC en pleine panique. Nicolas OLENGA y fut accueilli le 19 juin en tant que « responsable des  opérations de guerre » sur le terrain et il n’hésita un seul instant à s'auto-attribuer le grade de général.
Il suivait l’exemple de Louis BIDALIRA, autre général auto-proclamé après la chute d’Uvira.

Le bataillon de l’APL formé sur place fut commandé par Ismaili BELUCHI. A la même époque, Stanleyville connut une première alerte lorsque dans la nuit du 21 au 22 juin, des rebelles réussirent à pénétrer dans le camp Ketele et dans le camp du 18e Bn commando, dont la garde fut maîtrisée. Ils s’emparèrent de 536 armes diverses.

Le 11 juillet 1964, Gaston SOUMIALOT, qui avait rejoint Nicolas OLENGA à Albertville, lui donna pour instructions à d’occuper le district du Sankuru, de s’emparer de Kindu, chef-lieu du district du Maniéma, et de Stanleyville, chef-lieu de la province du Haut Congo. Après avoir regroupé une importante force rebelle, le général OLENGA se dirigea vers Kindu par la route Lulimba-Kabambare et il prit Kasongo le 15 juillet. Le 24 juillet suivant, Kindu tomba entre ses mains sans avoir à combattre grâce aux Dawa de la sorcière Mama Marie ONEMA qui monnayait ses services à la rébellion depuis le début de la révolte. Pendant ce temps, Laurent-Désiré KABILA se rendait à Moba avec des Simba qu’il avait recruté à Albertville. Son intention était d’attaquer le port de Baudouinville, situé au bord du lac Tanganyika. Il comptait également s’emparer de la plaine d’atterrissage de Kamipini qui servait à amener des renforts et du ravitaillement à l’ANC et il envoya une trentaine de rebelles pour s’en emparer. Cette piste d’aviation avait été construite par le fermier DE MAEGHT, propriétaire d’un vaste domaine. Les fermiers européens de la région furent avertis de l’attaque et ils se mirent en embuscade pour défendre leurs biens. Le camion transportant le peloton de Simba fut reçu à coups de fusils et Laurent-Désiré KABILA dut se contenter de Baudouinville où il entra le 18 juillet. Il n’y resta pas longtemps, car les Simba furent chassés de cette localité portuaire le 10 août par des policiers et des anciens gendarmes katangais débarqués des bimoteurs C-47 de la FATAC à Kamipini. En quelques mois, une grande partie de l’est du Congo fut conquise par la rébellion et de nombreux militaires désertèrent les rangs de l’ANC pour rejoindre les Simba. Cet afflux de militaires décida le Comité National de Libération à proclamer la création de l’Armée Populaire de Libération Nationale. Le noyau de base fut constitué de déserteurs de l’ANC et de Simba recrutés en majorité parmi les Bafulero, Bavira et Babembe du Sud Kivu, les Baluba du Nord Katanga et les Atetela et Ankusu du Maniéma et du Sankuru. Par la même occasion, Nicolas OLENGA reçut le grade de lieutenant-général et le commandement de l’APL dont l’insigne fut une flèche et un gourdin croisés, surmontés par une machette. Le signe de ralliement et de salut des Simba était la main droite tendue à hauteur du cœur, paume vers le sol, mais le nouveau commandant en chef conserva l’insigne de l’ANC sur son képi recouvert d’une peau de léopard et il ajouta le casque du Génie sur ses barrettes. Originaire du Sankuru et Atetela comme Patrice LUMUMBA, il n’avait aucune formation d’officier, mais il avait acquis une certaine influence dans la direction du mouvement « Jeunesses MNC/L » de sa région. Les tribus du Maniéma étaient sur pieds de guerre et un des chefs Simba annonça que les soldats de l’APL allaient s’emparer de Stanleyville, puis de Léopoldville et qu’après cela, ils attaqueraient l’Amérique !

La prise de Stanleyville

Le 26 juillet, le féticheur AMISI-MAKUMEDI distribua des cartes d’identité spéciales pour l’avant-garde rebelle qui progressait vers Stanleyville dans quinze camions réquisitionnés. Au même moment, Moïse TSHOMBE y recevait un accueil chaleureux et se recueillait devant le monument Lumumba. Cet avant-garde, composée de « Jeunesses Balubakat», occupa Punia où elle se sépara en deux colonnes qui progressèrent de chaque côté du fleuve Lualaba, l’une en direction de Ponthierville, l’autre vers Stanleyville. Dans l’entre temps, SOUMIALOT avait formé un gouvernement de la section de l’Est du CNL à Albertville et il s’était donné le titre de président, qu’il cumula avec celui de ministre de suivie de la chanson
“ Lumumba Cha Cha Cha”

Capitale de la rébellion

Après la chute de Stanleyville aux mains des Simba, le consul américain Hoyt contacta par radio l’ambassadeur US à Léopoldville pour lui signaler qu’il était impossible de discuter avec les rebelles qui se montraient peu aimables.
Après avoir établi son Etat Major Général avec ses bureaux G1, G2, G3 et G4 dans le camp Ketele, Nicolas OLENGA confia les fonctions d’officier d’état major à des cadres simba sans expérience militaire. Ils étaient incapables d’organiser les opérations, car ils ignoraient les règles à appliquer pour la planification d’une offensive, mais par chance pour eux, l’armée du général MOBUTU n’opposait aucune résistance à la progression les guérilleros de l’APL.
Une partie des soldats congolais avait déserté et l’autre partie se cloîtrait dans les camps et refusait d’en sortir. L’APL avait fait prisonniers de nombreux militaires pro-gouvernementaux et le camp Ketele leur servit de lieu de détention.
Ils étaient ligotés en « commandes », bras et jambes ramenés derrière le dos et les liens étaient régulièrement humidifiés avec de l’eau. Ils se resserraient avec la chaleur et à longue échéance, cela entraînait la mort par asphyxie ou la paralysie temporaire ou définitive des membres.
D’autres étaient exécutés par fusillade ou par noyade dans le fleuve Congo tout proche.
On y punissait également les rebelles simba coupables de délits.
Le bâtiment abritant l’ancien quartier général du 3e Gpt/ANC à Stanleyville devint le siège du QG du 3e Groupement de l’APL que Nicolas OLENGA plaça sous le commandement du colonel Joseph OPEPE. Le col LUKONGO devint le chef d’EM du 3e Groupement avec pour adjoint le major MOLAMBA et des officiers de l’armée congolaise passés au service de l’APL y exercèrent les fonctions de S1, S2, S3 et S4.
La plupart de ces officiers étaient issu du corps de sous-officiers de l’ex-Force Publique et avaient été promu en juillet 1960 lors de l’africanisation voulue par le premier-ministre LUMUMBA. Ce QG accueillit également l’Etat Major Général qui abandonna le camp Ketele. C’était un organisme inutile qui ne prit aucune part à la suite des opérations.
L’armée rebelle récupéra beaucoup d’armes et de munitions et elle conserva plus ou moins la même organisation que l’ANC, dont elle hérita également les mauvaises habitudes, telle l’indiscipline et la palabre.

Les Atetela étaient habituellement les mieux placés dans la hiérarchie militaire et les officiers simba d’autres tribus se plaignaient de cette discrimination.
La plupart des unités congolaises créées au temps de l’ex-Force Publique furent intégrées dans l’APL, dont les 5e et 6e bataillon d’Infanterie, les bataillons de gendarmerie, le 3e escadron de reconnaissance de Gombari équipé de jeeps Willys et de blindés M8 Greyhound, une batterie de Défense Aérienne équipée de canons Oerlikon 20 mm, une compagnie de Transmissions, la musique militaire, la 3e compagnie de prévôté militaire et le 3e peloton d’écoute et de repérage du QG du 3e Gpt/ANC.
Quelques unités avaient été créées au temps d’Antoine GIZENGA comme le 18e Bn commando de choc en opération vers Boende et le 19e bataillon d’Infanterie de Kindu.
La plupart des militaires congolais s’enrôlèrent dans l’APL sous la menace, mais certains choisirent librement de passer à l’ennemi avec armes et bagages et de nouvelles unités furent créées dans l’euphorie de la victoire, tels les 1er et le 21e bataillons commandos de choc, le 2e bataillon de Wamba, le 8e bataillon de l’APL à Uvira, les gardes frontières d’Aba et le corps militaire de la Brigade financière.
L’APL comptait également la 1ère brigade du front d’Uvira, placée sous le commandement du général major BIDALIRA , la 2e brigade du front de Fizi et la 3e brigade du front de Paulis, mais ces désignations étaient fantaisistes et les effectifs correspondaient rarement à la réalité.
Les d’équipements et d’uniformes trouvés dans les dépôts du camp Ketele furent distribués aux Simba, mais comme cela n’avait pas suffi, de nombreux soldats de l’APL revêtaient des vêtements civils.
Nombre d’entre eux était armé de vieux Mauser de la Force Publique, de pistolets GP, de mitraillettes Sten ou Vigneron et de FAL, mais la majorité se contentait d’armes coutumières.
Les studios photographiques de la ville ne chômaient pas, car les Simba adoraient se faire photographier pour la postérité, tel le major BUBU qui avait revêtu une tenue de commando toute neuve pour l’occasion.
C’était un Ankusu sourd et muet originaire de la même région que Gaston SOUMIALOT à qui il servait comme garde du corps. Toutes les occasions étaient bonnes aux Simba pour parader à Stanleyville en bataillons serrés, applaudis par la même population qui avait acclamé Moïse TSHOMBE le 26 juillet.
Les invincibles Simba défilaient en uniformes ou en vêtements civils décorés de feuilles de palmier. Ils étaient coiffés de toques en peau d’animal (peau de civette ou peau de singe), de casquettes ou de bérets de l’ANC et ils marchaient chaussés de sandales ou de brodequins militaires, précédés par la musique militaire de l’ex-3e Groupement de l’ANC. Ils étaient suivis des guerriers bardés d’armes coutumières, des femmes lumumbistes casquées de bleu qui brandissaient des pancartes, des femmes nationalistes et des « Jeunesses » en vêtements civils qui marchaient pieds nus et portaient sur l’épaule un bâton en guise de fusil.
Ils chantaient en swahili : « Congo ilipotea, sasa anarudia » (Le Congo était foutu, maintenant il est réparé).
Peu avant son départ en campagne vers Bukavu, le lieutenant général OLENGA installa le gouvernement révolutionnaire provincial d’Alphonse KINGISI, grand dignitaire du Kitawala.

Le dimanche 16 août, KINGISI fit égorger une douzaine d’opposants devant le monument Lumumba, dont des officiers de l’ANC et le directeur du Bureau provincial de la Sûreté.
Les massacres devant le monument se poursuivirent pendant cinq jours et coûtèrent la vie à 300 personnes.
Des centaines d’exécutions eurent lieu au stade et au pont de la Tshopo.
Pour assurer sa popularité, KINGISI décréta que les commerçants de Stanleyville devaient remettre en application les prix de 1960 dans leur magasin, ce qui ruina le commerce.
Des armes furent distribuées aux « Jeunesses MNC/L » qui se répandirent dans les communes africaines et plusieurs habitants furent tués par esprit de vengeance.

Le 13 août 1964, le lieutenant général OLENGA rejoignit son QG d’Ops Kindu avec une colonne de renforts. Le charroi nécessaire à l’offensive « Ops Bukavu » fut réquisitionné aux sociétés minières et aux firmes de transport. Le commandant en chef de l’APL présenta ses troupes à Gaston SOUMIALOT venu en train CFL d’Albertville et le lendemain, ils rendirent un hommage au monument de Patrice Lumumba pendant que l’orchestre militaire jouait des airs martiaux, puis ils passèrent les forces de l’Opération Bukavu en revue. Elles se composaient de troupes d’assaut Simba (lion), de troupes d’occupation Nyoka (serpent), des Kifakio, balayeurs chargés des exécutions et des sorciers chargés de dispenser le « bain magique » pour la bataille.
Après avoir assisté au défilé militaire devant la population de Kindu, le général OLENGA se rendit chez la sorcière Mama Marie ONEMA pour écouter ses prophéties qui lui permettaient de fanatiser ses combattants. Pendant son absence de Stanleyville, il avait confié le commandement de l’APL à son adjoint le colonel OPEPE.
C’était un ancien sous-officier du 5e bataillon d’Infanterie formé à l’école centrale de la Force Publique à Luluabourg qui avait été promu au grade d’officier en juillet 1960.
En 1961, alors que le gouvernement sécessionniste d’Antoine GIZENGA régnait sur la Province Orientale, Joseph OPEPE s’était acquis une grande renommée en tant que chef d’EM du  3e Groupement ANC commandé par le général LUNDULA.
Cet officier avait été écarté de l’Armée Nationale Congolaise en 1962 lors du ralliement du général LUNDULA au gouvernement central. Un de ses principaux rivaux était le major KAMPIPA qui commandait le 18e Bn commando de choc et qui avait reçu le commandement par intérim du 3e Groupement lors du départ du col MULAMBA pour Bukavu en mai 1964.

Il avait rejoint le camp de la rébellion comme la plupart de ses collègues, mais il n’avait pu obtenir le commandement du 3e Groupement qu’il ambitionnait comme fruit de sa trahison. Joseph OPEPE réquisitionna une chambre à l’hôtel des Chutes et il se mit à l’œuvre pour transformer le camp Ketele en centre de recrutement de l’APL.
Aucun comité de sélection n’y faisait l’évaluation des candidats à l’engagement et on engageait des volontaires de tous les âges avec une préférence pour les adolescents qui sont plus malléables.
Des femmes libres en quête de clients peuplaient les alentours du camp où il régnait une sorte d’euphorie révolutionnaire et anarchiste.
Près de 3000 jeunes engagés dans les rangs de l’armée rebelle par soif d’aventure ou pour la solde y étaient cantonnés, tandis que le camp militaire de la rive gauche accueillait 1500 volontaires.
Les candidats Simba recevaient une instruction militaire de base et prêtaient serment après une cérémonie d’initiation : une incision leur était faite entre les deux yeux et trois autres sur la poitrine (ces tatouages se retournèrent contre eux, car c’était un moyen infaillible d’identifier un rebelle capturé).

Ils étaient déclarés bons pour le service de guerre et recevaient une prime d’engagement de 3.000 Francs Congolais et une solde mensuelle de 6.000 Francs Congolais. Dans l’attente des armes promises par la Chine Populaire, ils furent armés d’arcs, de lances, de machettes et de quelques armes automatiques prises à l’ANC, mais leur arme la plus efficace était la sorcellerie.
Avant quitter le camp Ketele en direction des différents fronts, des sorciers établis dans des huttes étaient chargés de leur dispenser les Dawa et de les baptiser avec l’eau de Mulele contre paiement.
Ils rejoignaient leur affectations dans des camions réquisitionnés par l’APL qui étaient recouvert de feuilles de palme et portait une inscription indiquant leur destination :
« Ops Bumba », « Ops Lisala », « Ops Boende », « Ops Bunia », « Ops Bukavu » etc… Au combat, ils criaient « Maï Mulele ! » et ils étaient persuadés que les balles des fusils ennemis se transformaient en eau.
Les opérations militaires ne tolèrent pas l’imprévoyance qui peut conduire au désastre et faute de maintenance et de ravitaillement POL (Petrol / Oil / Lubrifiant), des dizaines de véhicules de transport réquisitionnés furent abandonnés à la première panne.
La bataille de Bukavu fut un échec sanglant pour le lieutenant général OLENGA qui y perdit de nombreux Simba de valeur. Plusieurs de ses camions furent détruits par l’aviation et il dut prendre la fuite vers Kindu. Il  était fou-furieux et sa colère décupla lorsqu’il apprit que l’attaque sur Luluabourg avait également échoué.
Pour couronner le tout, les forces gouvernementales avaient repris Kabalo et elles s’approchaient d’Albertville avec le soutien de l’aviation américaine.
Il menaça les Etats Unis des pires représailles et envoya des messages radio au GQG/APL de Stanleyville condamnant les attaques injustifiées de l’Amérique et ordonnant « Obligation d’arrêter tous les Américains se trouvant au Congo et les traduire devant la cour martiale pour mise en jugement sans pitié ».
Dès la réception de ces messages à Stanleyville, le col KIFAKIO voulu emmener le consul US HOYT et son adjoint GRINWIS au monument Lumumba pour les exécuter, mais ils furent sauvés par l’intervention du consul belge NOTHOMB.
Le col OPEPE intervint également en leur faveur, mais il obligea les Américains à adresser un télégramme au secrétaire du Département d’Etat le priant de reconsidérer l’aide militaire au gouvernement central.
Ils furent ensuite internés au guest house SABENA près de l’aérodrome avant d’être écroués le 5 septembre à la prison centrale.  Le 26 août, le lieutenant général OLENGA revint à Stanleyville et il destitua Alphonse KINGISI dont le gouvernement révolutionnaire fut neutralisé. Le col KIFAKIO, autre rival du col OPEPE, fut passé par les armes sur son ordre pour avoir comploté avec le gouvernement KINGISI.
Le même jour, le général OLENGA annonça dans le n° 2 du journal révolutionnaire « Le Martyr » la révocation de l’armée congolaise, dite ANC et il déclara : «J’intime l’ordre formel aux anciens militaires de déposer les armes et de venir se faire intégrer au sein de mon Armée Populaire de Libération Nationale.
Ceci dit, tout militaire ne voulant pas obéir à mes ordres sera puni et si jamais je l’attrape, il paiera cher sa désobéissance ». Le journal « Le Martyr », organe de combat du CNL publié à Stanleyville dont la devise était « La Patrie ou la Mort », paraissait sur les presses de la  « La Gazette », dont l’imprimerie avait été confisquée par les nouvelles autorités.
Le premier numéro publié le 22 août contenait un article rendant  hommage à l’APL.
Son rédacteur en chef s’appelait SALUMU-BETUWA Jérôme et il était imprimé par un technicien belge. La République Populaire chercha de l’aide à l’étranger et le général OLENGA envoya un télégramme au président égyptien NASSER en lui décrivant sa lutte héroïque : « …au moyen de lances, couteaux, flèches, comme mes aïeux, je suis parvenu à briser la force des néo-colonialistes -stop- mais pour se battre avec les Américains et blocs de l’OTAN armés des armes modernes et très perfectionnées, il me faut aussi des armes modernes -stop- je vous demande cette offre ».

Livraisons d’armes à l’APL

Le 27 août 1964, Gaston SOUMIALOT reçut le poste de ministre de la Défense Nationale du gouvernement de la République Populaire du Congo et il fut chargé également du ministère de l’Intérieur par intérim. A son arrivée dans la capitale rebelle le 1er septembre 1964, il fut accueilli par une foule enthousiaste et les soldats de l’armée rebelle défilèrent en uniforme décoré de feuilles de palmier.
Le ministre de la Défense Nationale réquisitionna le bâtiment du consulat US pour installer son ministère. Il déclara au micro de Radio Stanleyville : « Je suis le nouveau Lumumba, un homme encore plus fort que lui, chargé de continuer et de terminer son œuvre ».
Le commandement de l’APL dépendait de son ministère, mais l’entente était loin d’être parfaite entre les deux hommes chargés d’assurer la victoire de l’APL, car le ministre SOUMIALOT avait une piètre opinion des talents politiques de Nicolas OLENGA qui avait placé Alphonse KINGISI à la tête du gouvernement provincial, ce qui s’était soldé par de nombreux excès.

Gaston SOUMIALOT avait traité son général d’imbécile et Nicolas OLENGA, touché dans son amour-propre, méprisait son ministre à chaque occasion, n’hésitant pas à le bousculer pour passer avant lui lors des cérémonies publiques. Le ministre de la Défense Nationale SOUMIALOT renvoya le commandant en chef au front et on le vit plus fréquemment à son quartier général avancé d’« Ops Kindu ».
Malgré un sanglant échec, il s’était fixé pour objectif de s’emparer de Bukavu où il avait vécu avant l’indépendance.
En 1959, il avait été condamné à deux mois de servitude pénale pour vol et il avait purgé sa peine dans la prison de Bukavu.
Peu après, le premier-ministre LUMUMBA l’avait nommé inspecteur provincial des finances du MNC/L !
Son rêve était de prendre son repas au restaurant « Bodega » et de défiler en vainqueur dans la ville. Il rêvait également de s’emparer de Léopoldville et de prendre son repas à l’hôtel Memling.
Plusieurs gouvernements acceptèrent de soutenir les révoltés congolais et la Tanzanie autorisa le transfert à Kigoma des armes débarquées à Dar es Salaam.
La Sûreté Nationale dirigée par l’administrateur en chef Victor NENDAKA recueillait des informations sur la rébellion et dans le compte-rendu journalier de renseignements daté du 2 septembre 1964, le directeur du Bureau provincial de Bukavu signalait de source sûre l’arrivée au Congo d’armes communistes destinées aux rebelles du CNL.
Elles avaient été débarquées à Dar es Salaam, transportées par train à Kigoma, puis envoyées par bateau à Bujumbura d’où elles devaient prendre la route pour Uvira.
Lors de la conférence de l’OUA à Addis Abeba, le ministre des Affaires Etrangère du Burundi reconnut que des armes tchécoslovaques destinées aux rebelles d’Uvira avaient transité par Bujumbura.
Par le décret-loi du 5 septembre suivant, la République Populaire Congo fut créée et la présidence en fut confiée à Christophe GBENYE qui reçut également le titre de chef du gouvernement de la République Populaire du Congo constitué à Kisangani.
Il élut domicile dans la résidence du gouverneur proche d
e l’aérodrome de Simi Simi et il chargea le colonel Joseph OPEPE de créer un centre d’instruction au camp Lumbulumbu qu’il allait lui-même superviser.
La République Populaire Congo fut reconnue par sept pays dont l'ancienne URSS et l'Egypte. Les rebelles volaient de victoire en victoire et le 9 septembre, le général OLENGA remit au président GBENYE le bilan des succès de l’APL.
Toute la province Orientale était libérée et ses Simba encerclaient Coquilhatville et Bukavu. Chaque localité conquise par le CNL disposait d’un monument à la gloire de Patrice LUMUMBA et on y massacrait méthodiquement les « opposants ».
Grâce aux équipes logistiques de l’Assistance Technique et Militaire Belge, une contre-offensive fut mise en œuvre vers la mi-septembre et l’avance rebelle fut freinée dans la plupart des secteurs d’opérations. Une contre-attaque menées par les mercenaires sud africains et les gendarmes katangais à Lisala permit la reprise de cette ville le 14 septembre et les Dawa des Simba furent inopérants.Faute de défense aérienne, l’APL souffrit énormément des raids aériens menés par les avions B-26K et T-28D du WIGMO, malgré leur protection de feuilles de palmier et des dizaines de véhicules rebelles terminèrent leur voyage sur les routes de l’invasion, stoppés par les balles ou les roquettes.
Le gué de Nzibira proche de Bukavu, devint un véritable cimetière de camions et de voitures. Les sorciers qui avaient fait croire que tout ce qui était recouvert de feuilles de palme était invulnérable contrèrent la menace aérienne avec de nouveaux Dawa.


Le 3 octobre 1964, le président Christophe GBENYE contacta le général OLENGA afin de connaître les mesures prises pour éviter la capture des localités de Walikale et de Shabunda par l’ennemi. Le commandant en chef répondit de manière laconique : « Des embuscades sont tendues partout ». Il passa sous silence le fait que la population de Walikale, combattait les rebelles avec l’aide de deux colons belges de la région : DESSY et VAN BOCHOLT et qu’elle tenait solidement les rives de la Lowa, interdisant aux Simba la route directe vers Bukavu.
Le poste de Shabunda était placée sous la coupe du lieutenant Joseph WASSO, surnommé « Kifagio » (balai de nettoyage), qui s’était rendu coupable d’une centaine de crimes dans la région.
Lors de l’occupation de cette localité par les rebelles, il avait fait fusiller des militaires de l’ANC (il fut arrêté par des soldats congolais le 13 janvier 1966).
Le 5 octobre 1964, l’officier chargé du Bureau S2 de d’EM du 3e Groupement adressa une note à tous les commandants de secteur pour reprocher le manque de collaboration des militaires de l’APL avec les autres organismes chargés du maintien de l’ordre dans la RPC, tels la Sûreté, la gendarmerie, la police militaire et la brigade financière, car des fonctionnaires de ces organismes avaient été molestés, menacés ou internés sans raisons plausibles.
De son côté, Gaston SOUMIALOT constatait avec regret que les dirigeants du MNC/L n’étaient pas respectés par les militaires de l’APL. Ces derniers se permettaient sans aucun scrupule de malmener les militants du parti ou de réquisitionner les véhicules mis à leur disposition par les autorités compétentes. Le même jour, le président GBENYE et son ministre de la Défense Nationale signèrent à Stanleyville une Ordonnance de la république populaire créant officiellement l’Armée Populaire de Libération Nationale avec effets rétroactifs au 5 septembre. Le lendemain, le président attira l’attention de Gaston SOUMIALOT sur le danger que représentait le comportement réactionnaire des anciens militaires de l’ANC au sein de l’APL : « Pour votre gouverne, je vous ferai remarquer que c’est avec des civils que vous avez déclenché la révolution et non avec des gens qui gardent malgré tout la nostalgie du régime ».
Le président de la république populaire s’était laissé pousser la barbe comme Fidel CASTRO et il avait fait sien le premier vers du refrain de l’Internationale : « du passé faisons table rase ». Il avait confié à ses fidèles : « Repartir à zéro, voilà ce que nous devons faire, voilà à quoi nous travaillons.
Il faut détruire ce qui existait et qui n’est que des séquelles du colonialisme. Et pour faire ce que nous voulons faire, il faut repartir à zéro avec une masse ignare ». Impressionnée par la manière dont les communistes avaient traité les « ennemis du peuple » en Russie et en Chine, la rébellion étendit la terreur rouge dans toutes les régions conquises. Les fonctionnaires, les enseignants et autres « parasites » furent systématiquement éliminés par les rebelles au cours d’exécutions publiques, notamment à Paulis où près de 4000 Congolais furent sacrifiés.
Les rebelles manquaient d’un service de Sûreté fiable et l’administrateur en chef de la Sûreté Nationale des rebelles ELONGA-KANIKI adressa une lettre à Gaston SOUMIALOT pour proposer l’envoi à l’étranger d’une dizaine d’agents pour une formation rapide en matière de sécurité. Il rappelait au ministre de la Défense et de l’Intérieur que des bourses d’études étaient disponibles à l’ambassade de Chine Populaire de Bujumbura.

Nouvelles défaites de l’APL

Le 7 octobre 1964 fut un jour noir pour les rebelles simba : Uvira, ville symbole avait été reprise par les forces régulières.
Avant de rejoindre le QG d’Ops Kindu par la route pour préparer une troisième attaque sur Bukavu, le général OLENGA préleva 180.000.000 de Francs Congolais à la banque nationale, ce qui déclencha un conflit larvé avec Gaston SOUMIALOT.
L’offensive prévue débutait plutôt mal, car le Quartier Général d’Ops Kindu lui apprit la destruction à Walungu de 28 camions par l’aviation. De nombreux Simba avaient été tués.
Les communications entre Stanleyville et Kindu passaient par le réseau du CFL sous contrôle rebelle et le lieutenant général OLENGA envoya un télégramme au colonel OPEPE pour le faire diffuser par Radio Stanleyville : « Ordre officiel – Si un avion OTAN bombarde et tue la population civile, prière tuer deux étrangers pour chaque Congolais mort de votre région ».

Le lendemain 8 octobre, le général OLENGA se plaignit par radio à son second le colonel OPEPE, chargé de s’occuper du ravitaillement des opérations: « Je vous ai demandé des munitions depuis trois semaines, pas de réponse; j’ai demandé une situation d’armement, aucune suite; êtes-vous là pour l’honneur ou bien pour faire la guerre ?
Envoyez d’urgence deux compagnies à Punia et Lubutu avec munitions pour déjouer les manoeuvres de l’armée impérialiste ».
Par soucis de sécurité, il ajoutait à certains messages de ne pas lui répondre, car l’ennemi écoutait !
Le 10 octobre, le ministre de la Défense Gaston SOUMIALOT demanda des explications au général OLENGA sur les causes de la chute d’Uvira aux mains de l’ANC, ce qui entraînait une rupture de la ligne de ravitaillement des rebelles.
Il demandait également un rapport sur la perte des 28 camions détruits par l’aviation à Walungu : « Nous risquons de perdre l’avance sur la totalité de Bukavu suite à la destruction des moyens de transport. Vous devez savoir commander et ne pas faire des pertes de vies humaines et de matériel ».

A Stanleyville, les officiers du QG du 3e Gpt de l’Armée Populaire de Libération vivaient comme en temps de paix et les demandes de renforts ou de munitions adressées par les divers fronts n’étaient pas toujours suivies d’effets. Le ltcol OKITO, officier S3, ne savait où donner de la tête, car il devait trouver des nouvelles recrues et des camions de transport pour diriger des colonnes de renforts vers les divers fronts.
Il était quasiment impossible de dresser un ordre de bataille de l’APL, car les commandements des secteurs opérationnels n’hésitaient à se substituer l’un à l’autre dans la plus grande confusion.
Dans le nord du Kivu, l’ANC regagna peu à peu le terrain perdu et le chef rebelle d’Ops Mambasa demanda des troupes et des munitions à Stanleyville, car Butembo était attaquée par la colonne ANC d’Ops Kivu.
Le 14 octobre, le ministre de la Défense Gaston SOUMIALOT envoya un message au chef d’Ops Mambasa pour le réconforter : « La victoire finale de la république populaire est prévue pour la fin de l’année à condition d’appliquer stricte économie, sûreté, discipline sévère et emploi efficace de la radio ».
Le major LUKALE du QG de Kindu alerta par télégramme officiel le col OPEPE à Stanleyville et le général OLENGA en déplacement à Paulis, car les troupes prévues pour l’opération sur Luluabourg refusaient de rejoindre leur poste faute du paiement de leur solde, « Prière de prendre décision urgente » Une délégation avait quitté Kindu pour réclamer vingt millions de FC à Stanleyville.
Depuis l’échec de l’offensive vers Luluabourg, « Ops Kasaï» avait du mal à redémarrer. Il en était de même pour « Opération Katanga ».
Le lieutenant colonel Norbert INGENDE d’Ops Bunia réclamait des simba pour renforcer l’attaque sur Goma et annonçait la capture d’une voiture blindée à Butembo.

Le QG du 3e Gpt/APL devait également trouver des renforts pour les troupes rebelles d’Ops Boende qui avaient dû abandonner la ville conquise le 24 octobre par les commandos sud africains de l’ANC. Cela avait été une grande défaite pour le major BOMISI, car plusieurs Simba 18e Bn de commando de Choc et du bataillon D’JALI avaient été tués et des colonnes de véhicules avaient été détruites par l’aviation ou capturées par l’ANC.
Suite à cette déroute, le col OPEPE envoya le télégramme suivant à Ikela au commandant Michel MARINOS, un officier de chasse de nationalité grecque passé au service de l’APL : « Vous êtes une femme ou un homme ? Connaissez-vous que vos troupes sont avancées à Coquilhatville et vous avoir peur au lieu d’encourager vos simba – Stop – L’avion ne fera rien – Stop – Faites toujours des patrouilles partout – Fullstop ».
Le ciel était également lourd de menaces pour le major TSHIBANDA, chef des opérations de l’APL du secteur Bumba-Lisala, car il subissait d’importantes pertes suite aux raids aériens menés par les T28D et les B26K du WIGMO et par les attaques lancées par les troupes d’Ops Nord.
Deux semi-remorques des Chemins de Fer Vicinaux du Congo (CVC) chargés de blessés de ce front avaient été envoyés à l’hôpital de Stanleyville et bien peu y étaient arrivés vivants.
Lors d’une inspection dans sa région natale de Buta le 17 octobre 1964, Christophe GBENYE se rendit à Aketi où il fut reçu par le major Simon MOTOBANI, commandant la Place.
Coiffé de son bonnet en peau de léopard et munis d’une queue de buffle, attributs des grands chefs indigènes, il fut transporté en tipoye jusqu’à la tribune que les rebelles de l’endroit avaient préparé à son intention.
Il assista au défilé d’un nombre important de rebelles en tenue de combat, c’est à dire torse nu avec des feuillages et armés de lances, machettes et bâtons.
Après les simba, ce fut au tour des jeunesses MNC/L et des femmes militantes à parader.
Sur la place se tenaient une grande partie de la population indigène, des pelotons de Police populaire dont les membres étaient coiffés d’une casquette grise et arboraient un brassard bleu avec l’étoile jaune.
Dans son discours, le président exhorta la population d’Aketi à ne plus faire la chasse aux sorciers, mais au contraire de rechercher tous ceux qui avaient des pouvoirs afin qu’ils se mettent au service de l’APL pour la victoire.
Il ajouta à l’intention des missionnaires : « J’ai vu des Pères et des Sœurs fuir en Centre Afrique à l’arrivée de notre APL, ce sont des lâches.
L’Eglise catholique a besoin de martyrs, nous leur donnons l’occasion de l’être ».
De retour à Stanleyville, Christophe GBENYE se plaignit à son ministre de la Défense Nationale que des milliers de militants révolutionnaires d'« Ops Aketi » étaient sans armes.
Gaston SOUMIALOT adressa immédiatement une remontrance écrite au col OPEPE, car « envoyer des gens désarmés au front était une tactique qui risquait de conduire à un échec ».
Il conclut par ces mots : « A l’avenir, veillez à ce que les Simba soient armés même avec des armes traditionnelles.
Je vous tiendrai personnellement responsable de cette négligence grave ». Afin de résoudre ce problème préoccupant le chef de la république populaire, Gaston SOUMIALOT
adressa le 22 octobre une commande de trente mille lances, flèches et machettes au ministre des Travaux Publics François SABATI.
Le 26 octobre 1964, le ministre des Travaux Publics répondit par missive administrative à Gaston SOUMIALOT que le problème des armes coutumières serait réglé avec diligence, car il avait confié la fabrication de 10.000 lances aux ateliers des Travaux Publics, tandis que 6300 machettes avaient été achetées à la firme Hermes, mais pour la fabrication de flèches, le ministre des Travaux Publics précisa que des pourparlers étaient en cours avec les représentants des ethnies Bambole et Topoke spécialistes du tir à l’arc.

Ignorant le danger, la 5e Brigade Mécanisée du col BEM VANDEWALLE se regroupait à Kongolo, base de départ de la reconquête de Stanleyville. Le 2e Bureau de l’APL avait été confié au cdt Jean-Pierre AMICI et le 3e peloton d’écoute et de repérage du QG/3e Groupement de l’ANC, passé au service de l’APL, transmettait à l’Etat Major Général une copie des rapports d’écoute dont des messages radio de l’ANC qui rendaient compte des combats en cours et qui donnaient les noms d’officiers belges servant de conseillers.

Certains de ces rapports aboutissaient sur le bureau du président GBENYE et provoquaient une fureur incontrôlée.
Dans le Nord Kivu, les localités de Beni et Butembo furent reprises par les Simba le 21 et le 24 octobre, mais ils en furent délogés quelques jours plus tard par les mercenaires européens de l’ANC.
Le 26 octobre, Christophe GBENYE rappela à son ministre de la Défense Nationale qu’il ne devait pas exister de discrimination entre Simba populaires et Simba ex-militaires de l’ANC, car l’APL était par sa définition l’armée de l’unité du peuple congolais.
L’armée populaire perdait à nouveau du terrain et le général OLENGA, revenu du front le 27 octobre, annonça au président de la république populaire une terrible catastrophe : la Belgique avait lancé une bombe atomique dans la région de Béni ! Il y aurait eu 100.000 morts.
En représailles à cette grande défaite de l’APL, les Belges de Stanleyville furent internés à l’hôtel des Chutes sous la garde de Simba du col Opepe et ils durent subir ses violentes diatribes. Le major BUBU, une brute sadique qui servait de garde du corps à Gaston SOUMIALOT, se livra à des gesticulations qui montraient clairement qu’il fallait leur couper la tête.
Le lendemain, les Belges internés à l’hôtel des Chutes assistèrent à l’arrivée du lieutenant général OLENGA dans sa jeep, toutes sirènes hurlantes.
Il bondit hors du véhicule et s’en prit violemment au consul NOTHOMB et à son adjoint DUQUE qui furent maltraités sous prétexte qu’un message intercepté citait le colonel belge DECOSTER comme chef des opérations militaires contre l’APL dans le Kivu.
Le consul NOTHOMB fut emmené à Radio Stanleyville et forcé de lire un message adressé au gouvernement belge.
Face à l’offensive de l’ANC qui se mettait en place, le commandant en chef l’Armée Populaire de Libération réagit par une mesure totalement inhumaine : il ordonna par message radio aux différents secteurs d’opérations de mettre en résidence surveillée les Européens, adultes ou enfants et les missionnaires catholiques ou protestants.
A Kindu, le major TSHENDA fit garder en lieu sûr les Américains et les Belges qui devaient être exterminés en cas de bombardement.
Le QG rebelle d’Ops Kindu fut averti par un télégramme de Stanleyville que ses troupes devaient s’attendre à une attaque tshombiste dans les deux jours.
Le chef d’EM Oscar TSHENDA demanda par radio au col OPEPE « d’envoyer de toute urgence 50 caisses de munitions, car l’attaque ennemie était très forte ».

Le besoin de renforts se faisait sentir sur tous les fronts et le président GBENYE adressa la note N° 0464/CAB /PRES/64 à Monsieur le ministre de la Défense Nationale concernant le recrutement de Simba ; « J’ai l’honneur de vous transmettre en annexe, pour recrutement dans l’APL, la liste des membres de la Jeunesse MNC/L, section zone Lubuya-Bera, recommandée par le Comité Provincial du MNC/L à Stanleyville ».
Ces « Jeunesses MNC/L» étaient des adolescents dévoyés qui n’obéissaient qu’à leur chef de bande. Ils démontraient une grande agressivité envers les Occidentaux et se montraient particulièrement cruels lors des exécutions publiques.
Ils formaient les troupes de choc de l’APL qui furent envoyées en renfort sur le front après avoir été baptisées par les sorciers et droguées au chanvre et ils payèrent un lourd tribu à la révolution lors des combats.
Leur cri de guerre « Mulele maï » et leurs Dawa qui changeaient les balles en eau impressionnaient peu les mercenaires de l’ANC.
Les Européens de Kindu furent rassemblés au camp militaire et mis au cachot peu avant l’arrivée de l’ANC.
Les Simba avaient l’ordre de les exécuter, mais des soldats de l’APL, transfuges de l’ANC, s’y opposèrent. Ils furent libérés le 5 novembre 1964 à l’aube par les hommes du peloton Béro, avant-garde de la colonne de l’Ommegang « Lima I ».
Elle s’était mise en route le 1er novembre 1964 et son avance fut tellement rapide que le lieutenant colonel LIEGEOIS prit la ville par surprise malgré l’arme secrète d’Ops Kindu, la sorcière Mama Marie ONEMA qui monnayait ses « dawa » à la rébellion depuis le début de la révolte.
Elle déserta la cause des simba lors de l’arrivée de l’ANC sous prétexte que le général OLENGA ne lui avait pas payé un super « dawa » de 20.000 $ (elle n’en avait reçu que 13 $).
Ile commandant en chef de l’APL était sans doute trop pressé de s’enfuir, car on retrouva sa Mercedes noire avec son képi sur le siège arrière et le chauffeur tué au volant.
L’aérodrome fut capturé et les avions de transport C-130E et DC-3 y apportèrent du ravitaillement.
Aux débandes de l’APL à l’ouest et à l’est du pays, s’ajoutait cette nouvelle défaite pour les Simba. Ils n’avaient sans doute pas lu le paragraphe traitant de la Défense dans le projet d’action du CNL qui disait : « En cas de panique, les combattants doivent se replier sur une position antérieure et non pas abandonner le champ (de bataille).
A ce sujet, le conseil de guerre devra se montrer sévère ».
Le 6 novembre, le col OKITO donna pour mission au lt MUKUNGU de rejoindre le 19e Bn Infanterie de l’APL au camp Lubulubu de Kindu avec un renfort de deux adjudants et de cent Simba, mais le pauvre n’y arriva jamais, car sa colonne rencontra en cours de route les bombardiers B26K du WIGMO en patrouille.
Au moment de la création de l’Ommegang, le col MARLIERE, conseiller du général MOBUTU au QG/ANC, avait établi une directive opérationnelle consistant en une offensive principale dirigée contre Stanleyville et des zones d’opérations secondaires confiées au différents Groupements ANC pour obliger les rebelles à disperser leurs forces.
Dans le 2e Groupement du ltcol MONYANGA, l’équipe du major GENIS de l’Assistance Technique et Militaire Belge conseilla le major ITAMBO du secteur d’opérations « Ops Nord » installé à Bumba et celle du ltcol LEMERCIER conseilla le major DEMOLE à Boende.
Le major DEMOLE considéré comme un fonceur par le général MOBUTU (« c’est notre PATTON ! » disait-il), resta prudemment à l’arrière pendant que ses troupes parvenaient à Ikela le 6 novembre avec l'appui aérien des T6G de la 21e escadrille d’Appui Tactique et forçaient le major BOMISI à fuir vers Opala avec ses Simba.

« La Patrie ou la Mort »

Dans l’édition des 14 et 15 novembre 1964 du journal « Le Martyr », dont la devise était « La Patrie ou la Mort », le président GBENYE annonça : « L’arrivée à Stanleyville des Américains signifierait la disparition de tous les Belges et les Américains qui sont sous notre surveillance » et il ajouta : « Nous fabriquerons nos fétiches avec le cœurs des Américains et des Belges ». Le même jour, le président de la république populaire confia à Dominique GBADU le soin de redresser la situation du front de Bumba. « Spécialiste de la guerre révolutionnaire », GBADU lui communiqua quelques considérations personnelles sur les tactiques de combat pour embrouiller les plans de l’ennemi par une propagande subversive « à travers les brousses et les eaux ».
Il poursuivait : « Pour l’espionnage, tous les moyens vulgaires dont les changement de costume seront employés dans le but d’éviter que l’ennemi ne puisse repérer nos partisans : les cantonniers, les petits enfants, les pêcheurs etc ». Il ajoutait qu’une grande usine pour la fabrication de flèches et autres serait installée pour fabriquer « tous les autres moyens de combat traditionnels ».
Pour éviter la trahison des maquisards de l’APL, il conseillait de leur faire prêter serment à Patrice LUMUMBA, à la révolution et contre tous procédés anti-révolutionnaires. Les éléments employés pour ce serment étaient le sang (sacrifice) et leur signature.
Le 20 novembre, ce spécialiste de la guerre révolutionnaire reçut un Laissez-Passer signé par Denis Saxon TUPAIE, administrateur-directeur de la Sûreté Nationale et homme de main de GBENYE, qui l’autorisait à rejoindre les maquis où s’étaient regroupés les rebelles de l’Equateur après la défaite de Bumba.
Son ordre de mission stipulait qu’il devait démasquer l’ennemi, lui faire des embuscades et le terroriser avant l’arrivée de l’APL. Lors de la défaite de Kindu, de nombreux Simba avaient également pris le maquis et l’un d’eux regroupait 420 rebelles qui avaient pour mission de garder une barrière à 20 km du pont de l’Elila.
Ces Simba lancèrent une attaque suicide pour reprendre le pont, mais ils laissèrent 42 morts sur le terrain.
Ils furent plus efficace lorsqu’ils organisèrent des embuscades et des tirs de harcèlement. Ils infligèrent quelques pertes à l’Ommegang, notamment le 14 novembre, le lt Spencer fut tué et deux Sud Africains du 5e Bn commando furent blessés.
Le lendemain, le peloton de 4.2 pouces mit ses pièces en batterie au pont de l’Elila et quelques projectiles calmèrent les ardeurs des maquisards.
Dans une missive adressée à leur chef, le col KABASELE, le major SALAMBA demandait des armes, des munitions, cinq sacs de sel, du savon et de l’argent, car six officiers Simba se plaignaient de ne pas avoir été payés.
La colonne Lima I fut renforcée à Kindu par la colonne Lima II du ltcol LAMOULINE et le 19 novembre suivant, lorsque la 5e Brigade Mécanisée du colonel VANDEWALLE s’ébranla vers Stanleyville avec en tête la voiture blindée Ferret de « Frenchie » et le major SALAMBA ne put opposer aucune résistance.
Trois jours après le départ de l’Ommegang de Kindu, le major GENIS du secteur d’opérations « Ops Nord » se mettait en mouvement vers Buta avec son charroi constitué de jeeps-mitrailleuses, de camions de ravitaillement et de quelques véhicules récupérés chez les simba et le 23 novembre, il occupait son premier objectif : le port fluvial d’Aketi.

Il devait servir à ravitailler la colonne du major GENIS par la voie fluviale, mais le convoi de bateaux réquisitionnés à l’Otraco ne parvint pas à forcer le blocus
(voir l’article « Ops Fleuve »). Les mercenaires belges et sud africains de la colonne « Ops Nord » précédaient l’ANC en fer de lance et nettoyaient toutes résistances.
L’appui aérien était fourni par le détachement WIGMO de « Big Bill » WIROZOWSKY dont les monomoteurs T-28D étaient pilotés par des Cubains anticastristes.
L’hélicoptère H21B de la FATAC piloté par le cdt BROKKEN se chargeait des évacuations Lors de la halte de l’Ommegang à Lubutu, l’agent de la CIA William « Rip » ROBERTSON, responsable de l’opération « Low Beam Force, s’intégra dans la colonne Lima I avec un groupe de 18 Cubains du WIGMO en tant que 58e peloton du 5e Bn commando de Mike HOARE.
Il avait reçu la mission de libérer le consul US HOYT, le vice-consul GRINWIS (agent de la CIA) et les deux agents consulaires prisonniers des Simba.
L’Ommegang quitta Lubutu le 23 novembre et l’étau se resserra sur Stanleyville, car les troupes du secteur d’opérations « Ops Kivu », commandées par le cpn MABUNGU, occupaient Beni depuis le 2 novembre 1964. Le cpn MABUNGU était conseillé par l'équipe logistique du ltcol TOURON et ce secteur d’opérations dépendait du 3e Groupement du col BENEZETH installé provisoirement à Bukavu (les secteurs d’opérations de l’Armée Nationale Congolaise portaient souvent la même dénomination que ceux des rebelles !).

Il disposait du 65e peloton « Commando du Kivu » (Codoki) et du 53e peloton de commandos Sud Africain.
Pendant ce temps, le général OLENGA avait remplacé le col OPEPE à la tête du 3e Gpt/APL par un autre transfuge de l’ANC à l’uniforme impeccable.
Durant le mois de novembre, la Belgique et les Etats Unis planifièrent une opération aéroportée sur Stanleyville avec la participation d’unités du régiment para-commando, dont le 1er Bn parachutiste caserné à Diest et une compagnie du 2e Bn commando de Flawinne.
Ils furent transportés à l’île de l’Ascenssion par une douzaine de Lockheed C-130E de l’USAF.
Sur le plan militaire, les nouvelles n’étaient pas bonnes pour l’armée populaire, car l’Ommegang avançait victorieusement vers la capitale de la rébellion.
Pendant que la 5e Brigade s’approchait de Stanleyville, les hommes du 1er Bn parachutiste du major Mine sautaient le 24 novembre à l’aube sur l’aérodrome de Simi Simi.
Des C-130E se posèrent ensuite sur la piste d’atterrissage pour y débarquer la 12e compagnie commando du cpn RAES, des vivres, des munitions et des véhicules, dont quatre jeeps Minerva blindées des sections Recce sur lesquels furent peints de grandes croix jaunes pour éviter les tirs amis et une demi-douzaine de tricycles AS24.
Quelques véhicules civils furent réquisitionnés sur place pour amener les réfugiés à l’aéroport et ils reçurent également de grandes croix jaunes.
Avant de s’éteindre définitivement, Radio Stan lança sur les ondes la dernière proclamation de la république populaire : « Prenez vos machettes et allez tuer tous les étrangers ».
Le président Christophe GBENYE avait pris la précaution de loger à la cité indigène Mangobo et il put s’enfuir vers Banalia avec son magot dans trois voitures flambant neuves protégées par ses gardes du corps, mais il avait été pris de vitesse par Gaston SOUMIALOT et Nicolas OLENGA qui avaient une longueur d’avance.
Les parachutistes, qui patrouillaient les alentours de l’aérodrome, surprirent plusieurs Simba en train de fuir dont le ministre KAMA qui fut tué dans le parc avoisinant la résidence présidentielle proche de Simi Simi.
Le major KANDEKA, attaché militaire du président GBENYE qui l’employait comme homme à tout faire, tenta de forcer un barrage de parachutistes près de l’aérogare, mais sa limousine percuta un arbre. Il avait quitté précipitamment son bureau de la résidence au volant d’une voiture Dodge immatriculée « N1642 » avec quelques bagages, dont une valise pleine de billets de vingt FC, abandonnant sa casquette d’officier entourée d’une peau de léopard et décorée d’une étoile rouge.
Le major Lambert WEMBO, qui commandait le 18e bataillon commando de choc cantonné à 10 km de la ville, eut plus de chance et il put prendre la fuite vers Aba avec tout son état major.
En l’absence d’OLENGA, le QG de l’APL ne tenta à aucun moment d’organiser la résistance qui se résuma à de brèves escarmouches et le col OPEPE, qui logeait à l’hôtel des Chutes, tenta de sauver sa peau en échange de la vie des 250 prisonniers de l’hôtel Victoria.
Armé de son vieux Mauser et vêtu d’un pantalon kaki et du singlet habituels, il ordonna aux gardes de les emmener sous bonne garde en direction des parachutistes, mais le major BUBU rejoignit la colonne d’otages en jeep et il ordonna aux simba de déclencher la fusillade.
Une trentaine de personnes fut massacrée avant l’arrivée des parachutistes belges qui portèrent secours aux survivants. Les Simba de l’armée populaire qui étaient cantonnés au camp Ketele avaient disparu dans la nature dès les premiers coups de feu.
Les parachutistes furent rejoint vers 10h00 par la 5e Brigade Mécanisée du colonel VANDEWALLE qui prit peu à peu le contrôle de la ville et poursuivit la recherche des otages avec ses véhicules.
L’adjudant HENRARD fut chargé de protéger les banques avec la Police Militaire, mais les chefs rebelles avaient rassemblés les fonds des banques privées et ils avaient prélevé 500 millions de francs congolais à la banque nationale avant de quitter la ville.
L’Armée Populaire de Libération Nationale avait été vaincue, mais le président Christophe GBENYE, Gaston SOUMIALOT et Nicolas OLENGA trouvèrent refuge au Soudan et ils tentèrent de poursuivre la guérilla avec l’aide de pays comme l’Algérie, l’Egypte (RAU), le Soudan, l’Ouganda et la Tanzanie.
Le 2 janvier 1965, Gaston SOUMIALOT déclara à un journaliste italien : « Nous avons pris beaucoup d’amis à TSHOMBE et ce qui compte le plus, beaucoup de ses hommes sont passés avec armes et bagages dans nos lignes.
Aujourd’hui, les deux tiers du Congo sont entre nos mains.
TSHOMBE occupe seulement les villes et pas les frontières. La situation a été dramatique lorsque les 7000 ( ?) mercenaires de TSHOMBE avec les avions et les voitures blindées ont occupé Stanleyville, mais la reprise est en cours.
La défaite de TSHOMBE est prochaine », mais ces fanfaronnades n’effrayèrent personnes.
Le 15 mars, il annonçait dans le journal « L’Humanité » : « Nos maquis sont pourvus d’armes américaines prises au cours des combats.
Nous tendons des pièges aux mercenaires, des embuscades pour nous approvisionner. Et puis, nous avons toujours nos flèches, nos sagaies et nos pierres. Je vous assure qu’une pierre maniée par un de nos jeunes est parfois extraordinairement efficace.
Ces armes là permettent de mieux se dissimuler dans la jungle ».
Christophe GBENYE l’accusa de s’être approprié un important tonnage d’or, d’argent, d’ivoire et de minerai précieux lors de son passage dans le Maniéma et dans la province Orientale
(ce trésor fut remis aux autorités soudanaise et il en fut question récemment dans la presse).
La zizanie s’installa parmi les exilés du CNL et plusieurs pays cessèrent leur aide aux insurgés étant donné la discorde qui régnait parmi eux.
Le général OLENGA convoqua une réunion extraordinaire au QG de Aba dans le nord-est du pays à laquelle participèrent les officiers et les généraux de l’APL et les membres du gouvernement populaire, mais la discussion dégénéra en plein débat et le général OLENGA se querella avec le ministre SOUMIALOT. L’intervention du président GBENYE ne fit qu’envenimer la discussion, car le commandant en chef de l’armée populaire le menaça d’arrestation sous le prétexte que la révolution avait débuté à Uvira avec les ingrédients de la sorcière Mama Marie ONEMA et qu’elle n’avait pas besoin de tactiques militaires modernes pour vaincre.
L e général OLENGA fut incapable de maintenir la discipline parmi les troupes et il fut incapable d’organiser la défense des localités de Mahagi, Aru, Watsa, Faradje et Niangara qui tombèrent l’une après l’autre aux mains des commandos sud-africains de Mike HOARE lors de l’opération « White Giant ».
Quant à la 2e brigade du colonel MAKONDO qui défendait les dernières villes aux mains des Simba avec le soutien de Christophe GBENYE, elle fut battue par le 1er Choc de Bob Denard qui s’empara de Buta le 1er juin 1965. Le 5 août, Gaston SOUMIALOT, devenu président du Conseil Suprême de la Révolution, révoqua Christophe GBENYE et le 22 août suivant, Nicolas OLENGA déclara que Christophe GBENYE n’était plus reconnu comme président. L’Armée Populaire de Libération fut écrasée quelques mois plus tard par l’importante offensive d’Ops Sud qui provoqua la fuite des derniers Simba vers la Tanzanie

<< First | | Last >>
©2008 www.congo-1960.be home les opérations au congo par Jp Sonck ©

Les abrévations Militaires indexfilm livre de l'auteur Stig Von Bayer

About Us | Site Map | Privacy Policy | Contact Us | ©2001-2012 Congo-1960