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15e Wing TCL'opération "Baudruche" et la tragédie de Sake-Masisi ©


Par Jean Pierre Sonck

Photo album   de l'operation Baudruche

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Le 16 juillet 1960, les Forces Métropolitaines furent engagées dans l'est du Congo pour y ramener le calme et la compagnie Armes Lourdes du 4e bataillon commando du major BRUNEAU assura la sécurité de l’aérodrome de Kamembe, situé au Ruanda près de la frontière du Congo. Cet aérodrome était nécessaire au déroulement de  l’opération « Bénédictine », car trois avions Harvard du flight d'appui-feu du cdt SIAU devaient y être basés. L'opération débuta le lendemain à 10h50 par l'occupation de l’aérodrome de Goma par une compagnie du 4e bataillon commando, venue du Ruanda par la route.

 


Le commandant congolais de la garnison, venu aux renseignements, faillit s’évanouir lorsque le chef de la colonne d’intervention belge lui montra du doigt cinq Dakota qui survolaient la plaine. Les gendarmes congolais qui entouraient la piste d'atterrissage furent pris de panique, car ils craignaient l'arrivée de parachutistes et  ils se réfugièrent dans leur camp. Ces avions transportaient en fait la compagnie de marche du 3e Chasseurs Ardennais chargée de relever les commandos. Elle venait d’arriver en renfort de Belgique avec l’escadron de marche du 1er Lancier. Pendant ce temps à Bukavu, le ltcol SIX de la Force Publique poursuivait ses tentatives de médiation entre le nouveau pouvoir congolais et les Forces Métropolitaines. Lorsqu’il apprit par le réseau radio de l’ANC que les parachutistes belges occupaient l'aérodrome de Goma, il réquisitionna un Piper Cub à l’aérodrome de Kamembe, car le Dove D19 de l’Aviation Militaire Force Publique reservé à son usage était en panne de magnéto.


Alex CHARLIER, pilote du bimoteur en panne, lui signala que l'avion de tourisme qu'il voulait emprunter avait dépassé de douze heures son temps de vol avant révision, mais le ltcol SIX voulait absolument se rendre à Goma pour y rencontrer le major BRUNEAU et insister auprès de lui pour que les troupes belges évacuent Goma. Autrement, il craignait de perdre la confiance des autorités provinciales et des officiers congolais récemment nommés pour remplacer les Belges de l’ex- Force Publique. Le major accepta de l'aider dans sa mission de pacification et mit à sa disposition l’Alouette II du lt VANDER VOORST pour ses déplacements dans le nord-est du Kivu.
Une opération sur Stanleyville était également prévue et la deuxième intervention des bérets verts fut la prise de l’aérodrome de Bunia le 18 juillet (opération Temploux). Cet aérodrome était le plus important de l’est du Kivu et c'était une base nécessaire à  l'opération "Baudruche" : l’intervention en tenaille sur Stanleyville. Les commandos de la 1ère compagnie du 4e bataillon, transportés par les Fairchild C119G CP26 (cdt VANLERBERGHE), CP35 (adjt SEMEY) et CP39 (cpn RAVENLINGHIEN) partis d’Usumbura, furent parachutés vers 12h00 sur la plaine d'aviation de Bunia à une altitude de 200 mètres.


Les gendarmes et les policiers congolais qui entouraient la piste d'atterrissage ouvrirent le feu sur les commandos, mais ils ne trouèrent que les parachutes. Ils tirèrent également sur les bimoteurs et cinq impacts furent relevés sur un des C119G “Flying Boxcar”. L’aérodrome fut capturé après une courte bataille qui fit trois morts dans les rangs des mutins et les bérets verts occupèrent ensuite le camp militaire. Un peloton de la 3e  escadrille UDA d’Usumbura fut transporté le 19 juillet par le C-119G CP-36 OTCBP du commandant Avi Van Gompel pour relever les commandos et assurer la sécurité de l’aérodrome, mais cet appareil connut un tragique accident suite à des ennuis mécaniques. Un des moteurs du Flying Boxcar tomba en panne près de Sake-Masisi et le commandant de bord tenta un atterrissage forcé. Contrairement aux règles habituelles, ce bimoteur de transport ne disposait pas de parachutes pour les passagers, car le nombre élevé d'opérations aéroportées avait nécessité tous les parachutes disponibles.


A 13h45, le pilote réussit à se poser sur les arbres d'une forêt et le choc fut amorti, mais ce crash coûta la vie aux 5 membres de  l’équipage et à 36 UDA. Le major BRUNEAU envoya trois Alouette II à la recherche de l’épave et quinze blessés gravement atteint purent être évacués vers le Ruanda par la route, mais seuls quatre d’entre eux survécurent. Les commandos laissèrent l'aérodrome de Bunia à la garde de la 2e compagnie de marche du 1er Chasseur Ardennais, placée sous le commandement du cdt BONTEMPS, car ils devaient assurer le sauvetage de 160 Européens en danger à Mongbwalu. Ce raid de sauvetage se déroula le lendemain  et les civils européens furent ramenés en sécurité au Ruanda. Pendant ce temps, le peloton de Chasseurs Ardennais du sous-lieutenant HENKAERTS se dirigeait vers Kaseny sur le lac Albert pour une mission identique. L’intervention en tenaille sur Stanleyville fut annulée suite à l'arrivée des troupes de l'ONU.

FIN

Avec nos remerciement à Mr JP Sonck pour sa contribution au site congo-1960

 

 

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