Indépendance et musique :
Congo(s), une répercussion continentale
Rumba sans frontières
source : http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/127/article_18024.asp
Paris 02/07/2010... quelque extrait http://www.rfimusique.com/musiquefr/pages/001/page_15247.asp
Musique phare du continent africain et véritable phénomène culturel, la rumba congolaise apparaît dans un contexte politico-économique déterminant qui conditionne son développement unique et dessine les contours d’une histoire mouvementée.
Vingt minutes de ferry séparent Kinshasa de Brazzaville. Assez pour que ces capitales qui se font face développent leurs identités propres. Mais trop peu pour empêcher les notes qui résonnent d’un côté du fleuve Congo d’atteindre l’autre bord. Plus complémentaires que rivales sur le plan musical, les deux villes fonctionnent en association à bénéfices réciproques. Chacune joue un rôle.
Dans cette période qui précède et suit de peu l’indépendance de ces colonies belge et française, Brazza, tout en discrétion, sert de base de repli aux musiciens chaque fois que la situation se tend sur la rive opposée où la plupart d’entre eux évoluent. Car celle qui se nomme encore alors Léopoldville, Kinshasa aujourd'hui, fait figure d’eldorado pour tous les instrumentistes et chanteurs : en un peu moins d’une décennie, tout un environnement économique s’est créé autour de la musique. La filière s’est structurée. Les lieux pour jouer sont sans cesse plus nombreux car la clientèle à distraire augmente en permanence dans cette ville qui absorbe un flot continu de nouveaux arrivants : estimée à 100.000 habitants en 1945, la population passe à environ 400.000 en 1960, puis 900.000 en 1967 ! On dénombrera plus d’une trentaine d’orchestres de premier plan à cette époque.
Une industrie du disque a vu le jour, dès 1948, sous l’impulsion de Nicolas Jeronimidis, très vite suivi par ses compatriotes grecs installés eux-aussi dans cette colonie belge. Ces commerçants efficaces et intuitifs ont pris conscience de ce marché potentiel qui ne demandait qu’à croître. Les conditions étaient en effet idéalement réunies pour qu’offre et demande de production locale se rencontrent.
D’un côté, les 78 tours de la série GV, exportés délibérément à bas prix en Afrique par La Voix de son maître, avaient commencé à toucher leur cible, en particulier ceux des artistes cubains. De l’autre, la station Radio Congolia, mise en service quelques années plus tôt, avait eu l’idée innovante – et alors à peine concevable – d’enregistrer de la musique africaine pour un public africain............
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