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congo 1960 image foto sans titre

 

Openbaring van het Congo Dossier door Frankie Schram

Commisie rapport - rapport de la comission

Beknopt verslag 2001-2002 - Compte rendu analytique

 

Mon témoignage Basankusu 1960, auteur : © webcreator Congo-1960.be

Ce site a été créé en hommage à ma chère maman , 'écrire était thérapeutique pour moi vu que je n'osais jamais parler de nos aventures au Congo. Merci à tout ceux qui m'ont écrit depuis tant d'années , je vous en remercie de tout mon coeur,

Notre album

Le Bac de Basankusu

Préface

Il était une fois...

Le 22-01-02 le journal de la télévision néerlandaise diffuse un reportage du journaliste Peter Verlinden (connaisseur des affaires étrangères de l'Afrique) où il annonce qu'il existerait un "rapport de recherche" des expatriés du Congo et que ce rapport serait soigneusement caché par le gouvernement belge. Stupéfiée de ce message qui a retenu ma plus grande attention, je ne savais que dire ! Donc, nous n'étions pas les seuls avec nos récits. Mon père, dès son retour en décembre 1960, a été convoqué afin de remettre son récit (ma mère par contre, fin juillet, n'a pas voulu revivre son cauchemar).

Peter Verlinden a édité un livre intitulé "Weg uit Congo - Het drama van de kolonialen". Ce livre raconte la vérité.

Il est normal que ce livre ait reçu tant de critiques négatives. Les ex-coloniaux des années 1950-1960 le savent très bien : ils ont été bombardés de critiques dès leur retour en 1960. Ce qui m'étonnait durant mon enfance, c'est que lorsqu’ on parlait avec des ex-coloniaux, on se comprenait. Lorsque je parlais avec des amis-amies qui ne connaissant pas le pays, je ressentais une angoisse. Mon sentiment à ce jour (j'ai bientôt 60 ans) reste. J'ai trouvé un lien de Frankie Schram - Docteur en droit. Le lien est en néerlandais, mais la plupart comprendront le texte, du moins, je l'espère de tout mon coeur La page d'accueil de Frankie les droits pour tout le monde. J'ai reçu du professeur le texte pour publier sur mon site voici le liens (nl) (retourner vers les pages en français pour pour accéder aux pages FR) . Ce site a reçu le prix de cybersenoir 2003

Avant propos

En 1960 mes parents séjournaient à Basankusu un petit village situé à l'Equateur, peuplé seulement de six familles blanches . Mes parents ont toujours parlé avec regret et tristesse de leur rapatriement.

Les plaisanteries de mauvais goût faites par leur entourage les ont beaucoup peinés L'incompréhension aussi bien des proches membres de la famille et les moqueries étaient parfois insupportables pour eux.

Le gouvernement belge prétend que les incidents ne sont que des racontars et qu'à part quelques influences à Léopoldville, les autres récits racontés par les Belges rapatriés  sont dûs à des réactions excessives. Nos compatriotes en Belgique disaient que les coloniaux avaient beaucoup profité de la population noire, et après avoir vécu une si belle vie au Congo, ils devaient quitter ce pays tant apprécié. Ma mère m’a toujours raconté que dans les années 1959, il y avait déjà eu des incidents. Le plus souvent entre les cultures indigènes. Ce qui était assez regrettable.

Situation entre 1952-1960

Fin 1958, mes parents séjournaient à Basankusu, un petit village situé au confluent de la Maringa et de la Lopori, sur la rive gauche de la Maringa, En aval de Basankusu, ces deux rivières réunies forment la Lulonga. Ce poste serait le dernier terme de mon père, car en 1960, comme tout le monde le sait, nous avons dû fuir à cause des émeutes indigènes. Mon Père avait reçu ce poste début 1959. Il avait une forte personnalité, il restait calme dans toute situation, dans des situations critiques il n'avait jamais peur. Après ces deux termes, dès son retour, il a été engagé comme chef administrateur délégué pour L'OTRACO. Les deux termes avant 1959 (de 1952-1955 et de1955-1958) il devait remplacer les collègues malades ou en vacances. Le plus souvent, d’après ma mère, la vie était dure dans la région de l’équateur. Jamais ils n’avaient une résidence fixe, tous les 6 mois ils avaient un emplacement différent. Ils ont résidé le long du fleuve, toujours là où les bateaux sont ancrés afin de décharger leurs marchandises, des destinations telles que : Baningville, Stanleyville, Kikwit, Matadi, Coquilhatville, Léopoldville. Plusieurs fois, j'ai essayé de savoir si le cimetière à Kikwit, où ma soeur jumelle est décédée et enterrée, existe encore à ce jour. Ma mère, par contre, suivait les décisions que prenait mon père.

L’arrivée à Matadi:

Leur première arrivée était impressionnante, à vrai dire étrange; à Matadi ils sont accueillis par une personne responsable de leur hébergement et on leur a présenté une maison et des boys qu’ils pouvaient engager. Ceux-ci devaient protéger la famille contre toute vermine et surtout les aider et les rassurer dans la situation assez étrange où ils se trouvaient.

Baningville inauguration des wc en 1956 ?L’accueil:

Un boy engagé afin de veiller la nuit entière autour de la maison et un boy lavadaire, ceci était une stricte obligation imposée par l'employeur. Les nouveaux Belges ont dû apprendre à faire face aux bruits étranges, aux serpents, aux carnivores et aux insectes. Ceci leur a donné un certain sentiment de sécurité. Sa première maison, ma mère se la rappelle, à Matadi, était située au bord d'un bosquet. Mes parents étaient ravis du chaleureux accueil. Le Boy leur montra comment vivre au Congo et leur apprit les précautions de sécurité. Plus tard, ma mère s'habitua au boy et les termes suivants, elle choisira son boy elle-même. 'Les boys qu'elle engageait étaient souvent pères de famille nombreuse Ils suppliaient de les engager en disant :"Madame SVP j'ai beaucoup d'enfants et je ne trouve jamais du travail" Par compassion, elle choisissait l'homme avec le plus d'enfants. Mais bien entendu, ceux-ci valaient une rémunération quotidienne plus élevée. Plus tard, il s’avérerait que ce choix de ma mère nous a sauvé la vie à Basankusu lors des émeutes des indigènes en 1960. Le boy venait nous prévenir que nous étions sur la liste des blancs qu'ils devaient attaquer, piller, violer etc... Le fait qu’elle ait accepté de suivre mon père au Congo en 1952, ne fut pas du tout applaudi par ses proches. Issue d'une famille nombreuse (13 frères et sœurs), on l'appelait la Madame qui ne devrait plus rien faire avec ses boys autour d’elle. (Je me demande ce que les Belges s’imaginaient des ex-coloniaux) Cette réaction de sa famille lui a fait beaucoup de chagrin et de peine. Il faut savoir que lorsqu’elle avait 12 ans, elle a dû travailler pour ses parents en Allemagne pendant plus de 3 années, sans voir ses frères ou soeurs ni ses parents. Combien elle a souffert pendant son enfance ! Même le fait qu’elle semblait enfin avoir un peu de chance dans sa vie, éveillait la jalousie. Au Congo avec les moyens minimes, elle arrivait à servir les meilleurs repas. Elle avait reçu d'une amie un très gros livre gastronomique "le Gaston Clément". Elle faisait cependant preuve d’une imagination extraordinaire pour cuisiner un repas, car les ingrédients que Gaston Clément donne ne sont pas à portée de la main au Congo. Elle s'amuse encore à raconter comment elle improvisait pour ces ingrédients introuvables. Comme néerlandophone elle a dû apprendre le français. Ne connaissant pas cette langue (rappelez-vous qu’elle n’a pas étudié, depuis ses 12 ans, elle travaillait déjà dans des circonstances défavorables) elle se débrouillait avec des livres français, essayant de comprendre chaque phrase (le Gaston Clément était en français). Cela l’a aidé à lire plus tard des livres médicaux et ceci par nécessité, afin de survivre et de comprendre ce qu'elle pouvait faire lorsque ses enfants étaient malades ou blessés. Elle se rappelle que la plupart des blessures, elle les soignait avec de la poudre sulfurique ? (zuurstofpoeder)

 Le rapatriement:

Du rapatriement, elle a été très déçue, toute seule avec ses trois enfants, enceinte de 6 mois de son quatrième bébé et dans les bras ma soeur de 2 ans, elle a dû s'enfuir dans des circonstances pénibles. Dès sont atterrissage à Melsbroek, elle espérait retrouver sa famille et pouvoir se libérer du traumatisme dû à son aventure à Basankusu . Elle a été hospitalisée immédiatement après son arrivée et ses enfants ont été séparés d'elle. Ses parents n'étaient pas au courant de son arrivée. Son plus grand chagrin, pendant des années, c’était les moqueries de son entourage familial et la jalousie des frères et sœurs, l'incompréhension et surtout le fait de ne pas arriver à exprimer le plus grand traumatisme de sa vie. . Tout le monde croit que les ex-coloniaux exagèrent et qu’ils n’ont eu que ce qu'ils méritent. En 2004, quand on voit les petits problèmes que les familles ont dans leur vie et pour lesquels les gens se précipitent chez le psychiatre ou le psychologue pour se faire soigner des ces inconvénients, je me demande comment il est possible qu'elle n'ait pas reçu de médicaments anti-dépressifs. Vivre plein d’angoisse et cela pendant des années ! Elle n’a pas eu le courage de se remettre de ses angoisses. Petit à petit, elle se remit tout de même et cessa de boire de l'alcool, car pour elle c'était son médicament relaxant. Pendant plus de 10 ans. Je pense, maintenant que j'ai moi-même 49 ans, que je commence à la comprendre. Lorsque je l’interroge (elle a maintenant 73 ans) elle demande toujours ‘Pourquoi tu veux savoir ? Parfois lorsqu’elle raconte, elle pleure et parfois elle rit en pensant ‘ce que j’étais quand même forte d’avoir pu vivre un certain temps dans des circonstances plutôt inconfortables’. ‘Mais j’avais mes enfants,’ dit-elle alors, ‘et cela était mon plus grand plaisir. La chaleur était insupportable mais vous les enfants étiez habitués à cette chaleur équatoriale"

Basankusu 1959-1960

Après leurs vacances en 1958 et la naissance de ma soeur Christine en septembre 1958, mes parents ont été envoyés à destination de Basankusu. Otraco demande à mon père pendant leurs vacances s’il ne voulait pas retourner plus tôt. Le retour pouvait se faire en bateau : le Jadotville (commandant: R. Lemaire). Leur séjour en bateau était bien agréable : 14 jours de navigation. Mais ma mère s’est enfermée dans sa cabine les premiers jours, ne sachant pas que le docteur avait des pilules contre le mal de mer. Après quelques jours le commandant demande à mon père; "Ou est votre femme je ne la vois plus depuis 2 jours". ‘Ah ! elle ne se sent pas bien, elle croyait que c'était l'accouchement qui la désorientait’. Le commandant lui dit qu’ elle devait aller voir le docteur. Le docteur lui donna les pilules et elle guérit très vite. Elle s'est bien amusée lors de leur baptême de l'équateur.

Arrivés à Basankusu, leur étonnement était grand. Ils n'avaient jamais eu une maison si belle. La maison avait tout le confort nécessaire. Un plancher en béton mais cela était très agréable. Les autres maisons n'en avaient même pas : il était en terre battue. Et des vitres devant les fenêtres!!!! Elle ne pouvait pas s'imaginer un si grand bonheur.

Un bungalow peint en blanc (voir la photo où ma mère me tient par la main devant le bungalow) Vous voyez quel confort : un toit en acier!!!! . Mais cette maison était un grand luxe, le jardin était super et les pierres blanches devant le jardin, je me les rappelle. Enfin un vrai palais (pour elle).

Plus tard, il s’avèrera que cette destination n’était pas dépourvue de dangers. Cette maison était dans la brousse, loin de celles des autres Belges.

Le récit que je note maintenant, je l'ai appris par bribes en essayant de découvrir et de comprendre comment elle a vécu ce traumatisme au moment même à Basankusu. Il y a des récits agréables, lorsqu'elle les raconte et elle en est très fière de sa persévérance qu'elle ne pensait pas posséder. Plusieurs femmes ne pouvaient pas rester au Congo et quittaient leur mari, ne pouvant pas vivre dans ces circonstances. Une femme dans la brousse devait être très courageuse car la vie y est très dure. L'histoire de Basankusu m'étonnait de plus en plus. Je ne savais pas qu'elle avait fait preuve d’un si grand courage

Les habitants blanc de basankusu:

Mes parents vivaient avec une douzaine de Blancs à Basankusu. Ma mère se rappelle M et Mme de Vries, ils n'avaient pas d'enfant ; 1 chef d'administration ; le docteur et sa femme (elle se rappelle aussi que le docteur devait être d'une famille très riche. Il avait pu faire ses études à la maison par cours privés). 1 pasteur, sa femme et ses enfants et l'astronome célibataire américain qui partait pour des jours dans la brousse afin d'étudier les étoiles.

Les rumeurs:

Notre boy raconta un jour en grand détail ce que les indigènes voulaient des évolués. (1960) Ils avaient fait circuler la circulaire dans tous les villages voisins. Ma mère a obtenu la liste où on stipulait en détail ce que les évolués devaient faire. S’ils ne répondaient pas à ces exigences, ils seraient vus comme des traîtres. Sur cette liste se trouvaient le nom de tous les hommes et de ma mère ainsi que de bien d’autres femmes. On demandait aussi de violer les femmes blanches et les petites filles. Les maris devaient regarder comment ils violaient leur femme et leurs filles. Ensuite, ils seraient frappés et tués à coups de machettes tandis que les femmes seraient laissées en vie. Mon père disait à tout le monde: ‘ne montrez pas que vous avez peur !’.

Notre boy a des problèmes

Un jour le boy rentra très agité et gris de peur. Madame ils sont là il veulent me tuer. Ce qui c'était passé elle ne le savait pas. De toute façon c'était grave, très grave, elle le ressentit. Elle n'avait jamais vu un noir gris de peur en plus il avait une odeur désagréable et était en sueur. Ma mère se rendait compte que quelque chose de désagréable allait se passer. Elle cacha le noir dans la cabine de douche (lire : seau avec des trous comme à la guerre), et ferma la porte à clés. Elle se précipita à ses besogne normale dans la cuisine et continua à mixer la soupe.

La visite indésirable:

Une dizaine d’indigènes entrèrent dans la cuisine en disant ‘Madame nous voulons du whisky’. ‘Bien sûr,’ disait ma mère prise de peur, et elle se retourna vers eux en sortant de sa casserole le mixer qui faisait un bruit assourdissant. Les noirs ont pâli croyant que c'était une nouvelle sorte de révolver. Ce qui s'était passé entre eux, ma mère ne l’a jamais su. Le soir les blancs se réunissaient afin de discuter de cette très désagréable rencontre. Depuis ce jour ma mère ne dormait plus du tout. Elle était armée d’un revolver et de couteaux. Mes parents dormaient même avec ces armes dans leur lit. Plus tard ma mère ma dit que s’ils étaient revenus, elle savait comment elle se débrouillerait. De toute façon, elle était persuadée que nous n'en sortirions pas sains et saufs et que notre fin était proche. Elle s’était mis dans la tête de tuer ses propres enfants car elle ne voulait pas du tout qu'ils touchent à ses enfants. Elle avait entendu parler par la CB de l'astronome des viols dans autres cités.

Nous vivions trop éloignés des autres blancs, personne ne pourrait venir nous sauver. Mon père travaillait encore des kilomètres plus loin et elle restait seule avec le boy et sa femme qui s’occupait de nous. Elle devait même prendre le bac pour la traversée du fleuve afin de rejoindre le poste de l'OTRACO. Les Blancs se mirent d’accord : on tirerait un coup de fusil chaque heure. Un coup signifiait ‘tout est en ordre’, 3 coups signifiait ‘au secours’. Mais les coups de fusil ne s'entendaient pas toujours entre voisins et de ce fait; nous devions déménager. On allait prendre la hutte de l’astronome. Les autres devaient se regrouper chez nous. Les huttes étaient proche l'une de l'autre et le soir les hommes allaient patrouiller chaque nuit après leur travail. Les femmes devaient apprendre à tirer, c’était absolument nécessaire.

Comment s'enfuir :

Les radios locales proclamaient: Violez les femmes blanches autant que vous voulez, vous serez récompensés et canonisés" Si vous le faites vous serez égaux à Dieu. Ma mère, qui n'avait jamais fait de la politique, continue à affirmer que c'était l'oeuvre de Lumumba et ses acolytes. Les noirs qui n'avaient pas de travail se révoltèrent et s'adonnèrent à la boisson.

Un plan qui devrait marcher:

On élaborait un plan pour fuir au moment exact. Un avion viendrait, mais personne ne savait quand. La fuite des Belges était déjà commencée auparavant. La collégialité, l'aide et le secours étaient normal au Congo. «Les femmes d'abord» était la devise pour sortir de la misère, et il en était de même pour les voisins à 300 ou 500 km. de chez nous. Les hommes pouvaient naturellement et facilement prendre le bâteau, le long du fleuve Congo, mais ça se remarquerait trop vite... mais arriver sain et sauf était la grande question. Suite à des informations qu'ils recevaient de Boende, sans l'aide de l'armée ce serait impossible. Il y avait une base militaire à Boende, mais on savait que les nerfs étaient au zénith. On ne pouvait pas prévoir les conséquences, d'autant plus que le trajet s'étendrait sur plusieurs jours, à travers la vraie jungle.

Personne ne pouvait être au courant que les hommes aussi partiraient:

Personne ne pouvait être au courant que les hommes aussi partiraient:

Les femmes allaient partir en plein jour, mais attendraient le bon moment. Notre communauté décida que les hommes n'attendraient pas le deuxième avion. Ils voulaient s'enfuir pendant la nuit sur un radeau de leur fabrication, fait en cachette sur le chantier, avec du bois et des tonneaux à huile. Le voyage était plein de dangers mais c'était convenu comme ça. Ils décidèrent de faire le trajet en plusieurs étapes pendant la nuit et de se reposer pendant le jour. Le voyage partirait de Basankusu jusqu'à Coquilhatville. Le voyage des hommes était top-secret. Ils faisaient semblant que seulement les femmes partiraient mais pas les hommes. Ceux-ci ne savaient pas quand mais leur décision était prise. Quand l'avion viendrait la plupart des hommes partiraient la même nuit. Tout était prêt.

La bataille d'épuisement continue:

Entre-temps la bataille de l'épuisement continuait. Le bruit du "Tamtam de guerre" empêchait les enfants de dormir. Mon frère et moi étions très malades, nous vomissions continuellement, et de surcroît nous saignions du nez et nous avions une forte fièvre. Plus tard on a appris que cela venait du stress. Ma petite soeur pleurait toute la journée. Notre père continuait à travailler, comme tout le monde. La nuit, ils faisaient le guet pour nous protéger (il y avait aussi des Noirs qui nous aidaient)

Mais la confiance était partie. Ma mère était enceinte, ne mangeait plus, faire la cuisine n'était plus à l'ordre. Les conserves n'étaient même plus réchauffées. Ma mère se rappelle aussi qu'il y avait une période ou mon père et le chef de l'administration décidèrent de faire la grève pendant 14 jours. Rien qu'à eux deux, de façon à ce que le reste des évolués devraient se tirer d'affaire eux-mêmes. Bientôt ils supplièrent mon père de revenir, parce que c'était devenu trop chaotique. Ils ne savaient même pas comment les ouvriers recevraient leur salaire.

Chaque nuit le Tam-Tam

On nous avait donné la maisonnette de l'Astronome (plutôt une cabane, on dormait par terre). Il n'y avait rien, pas de meubles, excepté 2 lits et des coffres pour table ou chaises pour 5 personnes. L’atmosphère était tendue. Chaque fois, à la tombée de la nuit jusqu’au lever du soleil, la population locale était en fête. Pour nous c'était un cauchemar. Les informations arrivèrent dans tous les villages (par le Tam-Tam de guerre). La bataille de l'épuisement avait commencé. Elle ne se rappelle plus combien de temps ça a duré, mais certainement 1 mois. Peut-être un peut moins, dit elle, mais pour nous une éternité.

Les femmes apprennent à tirer

ll'Astronome avait un receveur CB, avec lequel on pouvait écouter tous les messages des émetteurs locaux, et aussi ceux des Noirs. Chaque soir ils écoutaient ensembles les messages. Nous avions des contacts étroits avec Boende, à 3 ou 4 jours de marche de chez nous. Ceci était notre seule source d'informations. Les hommes, armés, faisaient la garde chaque nuit comme en temps de guerre. Chaque soir, après les heures de service, les femmes aussi, apprirent à tirer. Sur un terrain découvert, entouré par la fôret, on exerçait à tirer sur des boîtes vides. Les premiers jours les femmes n'y arrivèrent pas, mais après quelques leçons des hommes ce fût très bien.

Les villageois sortent de la brousse pour voir

Les villageois avaient regardé, cachés dans les bois. Dans le noir, personne n'avait remarqué. Nos voitures étaient garées, phares allumés, pour éclairer les boîtes. A un certain moment, ils sortaient de tous les coins pour venir vers nous. On nous disait de rester calme, surtout ne pas tirer et de montrer qu'on n'avait pas peur. Les noirs se montraient joyeux et dansèrent de plaisir. Les femmes se sentaient à l'aise. On ne faisait que parler. Tout le monde comprenait que la situation était inquiétante. Que pouvait-on faire, quelques blancs face à une meute de villageois excités ? Notre peur s'agrandissait. Ils nous observaient et nous n'avions rien remarqué. Rien que d'y penser qu'ils étaient sorti de leur cachette nous effrayait. Je vous avais déjà raconté que notre "boy" avait transmis une liste avec les noms des personnes à tuer. Mon père y figurait et ma mère devait être violée, même dans quel ordre, Delcol Louis et Foncke Julia. Cette liste est transférée aux instances.

Les villageois sortent de la brousse pour voir

Les villageois avaient regardé, cachés dans les bois. Dans le noir, personne n'avait remarqué. Nos voitures étaient garées, phares allumés, pour éclairer les boîtes. A un certain moment, ils sortaient de tous les coins pour venir vers nous. On nous disait de rester calme, surtout ne pas tirer et de montrer qu'on n'avait pas peur. Les noirs se montraient joyeux et dansèrent de plaisir. Les femmes se sentaient à l'aise.On ne faisait que parler. Tout le monde comprenait que la situation était inquiétante. Que pouvait-on faire, quelques blancs face à une meute de villageois excités ? Notre peur s'agrandissait. Ils nous observaient ,et nous n'avions rien remarqué. Rien que d'y penser qu'ils étaient sorti de leur cachette nous effrayait. Je vous avais déjà raconté que notre "boy" avait transmis une liste avec les noms des personnes à tuer. Mon père y figurait et ma mère devait être violée. Même dans quel ordre, Delcol Louis et Foncke Julia. Cette liste est transférée aux instances.

Un plan pour fuir.

On préparait nous-mêmes notre petite valise. Chaque jour on nous répétait que si on partait, notre valise était notre plus précieuse possession. Vous le savez : ne pas laisser trainer des vêtements par terre, bien les ranger, les laver tous le jours, ou vous n'avez plus de vêtements. Laisser une nuit vos vêtements par terre et tous étaient troués par les insectes. La vie était rude dans la province de l'équateur. Il faisait chaud. On ne mangeait plus convenablement, seulement conserves et notre provision était limitée. On ne cuisinait plus. On restait à regarder le ciel, espérant qu'on viendrait nous chercher.

Acheter un ticket pour le retour:

Ma mère était la première à entrer dans le bureau. On lui avait donné de l'argent pour survivre en Belgique. Ils demandèrent : Vous avez de l'argent ?. Sur ce, ma mère leur montrait les 20.000 Fr. belges. Ils les prirent Elle raconta ça aux autres femmes et leur avisa de ne pas montrer leur argent. Son conseil a été suivi.

Le moment est arrivé: 

On criait dans le CB. Boende est envahi par les noirs. Ici la situation est très mauvaise. Ils ont volé la munition et ils ont nos armes. Crier et appeler "sauvez vous" parce que ils viennent vers Basankusu et Befale. On était incapable de les retenir, et vous certainement pas non plus. (A Boende il y avait beaucoup plus de blancs) Ils appelèrent aussi "A l'aide" pour être évacués les premiers.

En ce qui concerne la prise de fusils, ma maman je l'ai à nouveau interrogée le 11 novembre 2013 elle confirme z ce jours qu’ils ont pris un tank et qu’ils ont défoncé la porte des munitions , ainsi les mutin se sont emparé des fusils et des munitions.

De cet évènement de Boende j'ai reçu un récit de quelqu'un (voir lien ci contre) qui possède le journal de cet évènement et ils expliquent les émeutes à Boende en 1960. Ceci n'est pas de la lecture agréable, et si un jour vous pouvez me donner les récits de vos parents j'en serais très reconnaissante de pouvoir les lire et encore mieux de les publier sur le site congo-1960.be afin que vos petits-enfants puissent lire ce qu’on a vécu durant notre fuite du Congo.

Cris de détresse:  

Les informations de Boende étaient toujours mauvaises. Mais cette fois-ci c'était très grave et mes parents le comprenaient très bien. Attendre et encore attendre et puis ils entendirent un avion. Serait-ce possible ? On tirait sur l'avion depuis la foret. Il atterrit en chaos. On criait "sauve qui peut" Les femmes et les enfants pouvaient monter à bord. Le petit avion était plein à craquer. Un petit DC-2 ou DC-4, à peine de la place pour nous. l'Avion était déjà bien rempli, ayant atterri dans un autre village, ma mère pense Befale ou Djolu, Les enfants devaient prendre place sur les genoux et il n'y avait plus de place pour les valises.. Ce n'était pas l'armée, ni le gouvernement disait ma mère, mais un pilote de Sabena qui a risqué sa vie pour nous aider. Ma mère les appelait les mercenaires de Schramme ou Gramme (un nom qui sonnait comme ça). Le petit avion avait du mal à s'élever, et de plus on annonçait qu'il fallait encore faire de la place parce qu’on faisait un détour à Boende pour y récupérer des blessés. Le vol à Boende dura une éternité. On continuait à tirer sur l'avion depuis les forets. Arrivés à Boende on tirait toujours sur l'avion, et ma mère pensait, on n'en sortira jamais indemne. Les blessés étaient allongés sur le sol. Les Paras étaient là. On tirait de chaque coté. L'opération dura 3 minutes, charger les blessés et s'envoler. Ils n'étaient pas nombreux, mais horribles à voir. Ma mère n'osait pas les regarder. Ils étaient ensanglantés, après avoir été frappés, bourrés de coups de pieds. Ma mère ne nous laissait pas regarder. Elle n'oubliera jamais cette fille de 10 ans qui avait été violée. Elle était misérable. Seulement un homme avait été autorisé dans l'avion. Il avait besoin de soins urgents et son oeil était à moitié sorti. Maman nous ordonnait de fermer les yeux. Les femmes, les filles etL'épouse + les enfants de cet homme avaient été violées à plusieurs reprises sa femme et ses enfants sont tué. Il avait était obligé de regarder. Il criait "Je ne quitte pas ce pays avant que j’en ai tué des milliers". On continuait à tirer sur nous et ma mère pensait : cet avion ne s'envolera plus

Le pilote nous pose en sécurité à Léopoldville:

Arrivés à Léopoldville, ils étaient étonné qu'il y avait des survivants à Bansankusu. C'est un grand miracle, disaient les Paras. Nous n'avions plus d'espoir de voir des blancs de Basankusu. Ils ne comprenaient pas. Les femmes devaient raconter comment elles avaient réussi à s'enfuir. Des heures durant, ma mère et l'épouse du médecin étaient interrogées par les noirs. Mais les femmes s'étaient mises d'accord. Ne jamais dire où les hommes se trouvaient (certainement pas aux noirs). Mais la misère n'était pas encore finie. Ma mère n'avait plus d'argent (il avait été volé). Elle devait attendre pour partir. Un peu de chance quand même, seulement 3 jours, parce qu’elle était enceinte, les instances lui accordèrent une priorité. Il ne faillait plus qu’attendre que le gouvernement envoie un avion.

Le 13 juillet 1960 les Belges prenaient possession de l'Aérodrome de Léopoldville, où beaucoup d'Européens attendaient l'évacuation. 3 jours entiers..avec 3 enfants malades à l'aréoport de Léopoldville. Mon frère et moi, qui avaient dû vomir à Basankusu, faisaient maintenant la même chose à Léopoldville mais on ne pouvait pas se laver. Nos habits étaient sales, on avait faim, ma petite soeur pleurait continuellement jour et nuit pendant 3 jours. On ne retrouvait pas nos petites valises. On n'avait plus rien. On ne nous soignait pas. Ma mère devait se débrouiller dans le hall de l'aéroport. Elle avait vu l'homme, avec son oeil à moitié sorti, à Léopoldville mais il ne voulait plus partir. Pourtant il avait une place réservée sur l'avion. Quand ma mère, enfin, pouvait prendre l'avion et marchait sur le Tarmac, elle s'évanouit. A bout de forces, abattue par le stress. Saignant beaucoup on croyait à une fausse couche. Mi-octobre 1960 elle accouchait de son 4e enfant, en bonne santé. Arrivés à Zaventem, on venait immédiatement chercher les enfants. Elle criait " Laissez mes enfants près de moi". On lui donna des soins. Nous, on nous emmenait. La famille ne savait pas qu'on était arrivé. On nous donna des habits propres. Ma mère ne savait pas où nous étions. Après nous pouvions la visiter à l'Hôpital et on lui disait : tout est en ordre avec vos enfants. Elle ne sait pas ce qui est arrivé avec moi. On m'avait donné une robe blanche, qui était tachetée de sang. Elle demanda : qu'est ce que ça veut dire ? Ce n'est rien, disaient-ils encore, vos enfants sont en ordre. Ne vous inquiétez pas. Elle n'a jamais su ce qui est arrivé. Encore aujourd'hui elle est convaincue qu'on nous a donné des pilules pour oublier. Elle me demande : ça existe des pilules pour oublier. Elle est déconcertée. C'est impossible que nous oublions ces choses si atroces qui sont arrivées. Vous avez dû prendre des pilules encore plus tard. Jean Pierre était devenu si maigre. Il devait prendre des vitamines et des médicaments pour manque de fer et il souffrait d'anémie.

Pilules d'oubli; ça existe ? demande t'elle...

Plus tard elle devait tout faire à elle seule. De notre père pas de nouvelles, jusqu'à l'information qu'il avait été capturé à Coquilhatville au cours d'une bagarre avec des noirs. Il fût libéré plus tard par des collègues de Matadi qui avaient appris sa réclusion.

La Croix Rouge:

Elle recevait de la Croix Rouge une somme d'argent pour subvenir à ses besoins, des vêtements, couvertures, et elle était très contente. Comme elle avait dû signer pour l'argent, elle devait le rembourser, en plusieurs fois, à la Croix Rouge. Maintenant elle ne veut plus donner un franc à cette organisation. Les illégaux sont mieux traités maintenant que nous les Belges dans le temps. Le monde vit la tête à l'envers. Maintenant elle a 75 ans et a toujours la même opinion.

Je remercie chaleureusement Josiane Moens pour la correction de mon texte Voir lien LEESPUNT et Brigitte pour la revision de ce texte a ce jours 13-11-2013

Quelques pages de notre vie au Congo
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Carte de Basankusu

Coquihatville, carte