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Henri Scaillet nous a écrit:
Madame,
Je découvre à l'instant votre site sur lequel vous invitez les auteurs qui ont écrit des ouvrages sur le Congo à vous contacter.
Mon nom est Henri Scaillet ; Je suis agronome de formation. J'ai passé toute ma carrière professionnelle en Afrique, et ce durant quarante ans.
J'ai séjourné au Congo ex belge durant une dizaine d'années, de 1950 à 1960, et ai gardé de cette période des souvenirs qui m'ont permis d'écrire une demi douzaine de livres dont : Hostie pour l'enfer - Les lions de l'uéllé - Congo-Kivu des aventures et réflexions au travers d'ouvrages inspirés de faits vécus ou d'observations rationnelles, souvent en opposition avec le politiquement juste ou les préjugés stériles.
Après une période de dix ans au Congo, où je m'étais établi comme colon après un premier terme pour une compagnie cotonnière, j'ai séjourné quelque temps en Tunisie en qualité de professeur de physique et de chimie, puis en 1970, me suis rendu en Afrique du Sud où j'ai dirigé un centre culturel.
Actuellement pensionné, je peux me consacrer à ma passion d'écrire. J'ai d'abord édité à compte d'auteur (éditions Dricot de Liège) puis, actuellement, en autoédition.
Mais cela ne m'ouvre pas les portes des librairies et mes ouvrages restent dans le rayon de distribution de mes amis et connaissances. Aussi, je serais particulièrement heureux si vous pouviez présenter mes ouvrages sur votre site.
A la réception de votre e.mail, - et pour répondre à votre demande de vous envoyer des souvenirs d'afrique - je me suis rendu sur vos blogs pour tomber sur "biloulou et Kiloulou" et les nombreuses histoires relatant les évènements qui se sont déroulés un peu partout au Congo en 1960, et notamment à Goma, Bukavu, Usumbura et Elizabethville. Comme je vous l'ai déjà signalé, j'ai séjourné dans l'Uelé de 1950 à 1953 en qualité d'agronome pour une société cotonnière et ensuite au Kivu de 1955 à 1960 comme colon dans la région de Goma/Bukavu. Durant cette seconde période, j'ai développé une affaire commerciale et lancé un petit journal mensuel s'intitulant "L'INDÉPENDANT". En parallèle, j'ai mis sur pied une affaire publicitaire de timbres-ristourne - une entreprise qui m'obligeait à me rendre chez mes distributeurs commerçants de Goma, Bukavu et Usumbura au moins une fois par mois. Ce qui fait que j'ai eu l'occasion de rencontrer pas mal de personnes vivant dans ces 3 villes et d'y faire des amis avec lesquels, bien malheureusement, j'ai perdu tout contact - le temps qui nous fait vieillir tous effaçant de cette terre tous ceux qui, à cette époque, étaient les artisans d'un Congo prospère. Ma plantation de pyrèthre d'une centaine d'hectares, portait le nom de KALONGUE et était située entre Masisi et Sake, dans les collines de 2.000 mètres de hauteur faisant face aux volcans Nyiragongo et Niamlaguera. Le soir, assis auprès d'un bon feu de cheminée ( Il peut faire froid à l'équateur à 2.000 mètres d'altitude) je regardais souvent le ciel illuminé de rouge par le magnifique cratère en ébullition de laves incandescentes. La nuit, la proximité de ce terrible et remuant voisin, se traduisait souvent par des secousses qui nous faisaient trembler dans nos lits ; nous y étions habitués et finissions par considérer ces hoquets de géants, comme faisant partie de notre vie à cet endroit....Une vie que j'ai relatée dans plusieurs ouvrages que je serais heureux de vous communiquer. Malheureusement, il ne me reste plus AUCUN souvenir (photos documents, etc..) de cette époque merveilleuse - sinon que mes écrits. Il me reste peut-être encore une feuille de mon journal - un morceau de papier qui a servi à emballer des tartines au jour où il a fallu quitter précipitamment ma propriété d'altitude, quand des soldats mutinés venant de Stanleyville approchaient de chez nous. Après ce départ précipité, plus rien n'est resté de ma plantation, ni de mes affaires commerciales - les autochtones, incapables de gérer ce que nous avions mis sur pied, et tombant sous les glaives d'exploiteurs brutaux, ayant laissé aller tout à l'eau....Voilà près de 50 ans maintenant que tout cela s'est passé, et le "redressement" est toujours lent à venir....s'il vient un jour.
Aussi, depuis cinquante ans, une question se pose, toujours la même..: Pourquoi l'occident a-t-il eu peur de ses responsabilités et pourquoi a-t-il abandonné à l'anarchie et à la misère une Afrique prospère qui n'avait pas besoin de fusils ni de canons pour que la paix règne à l'époque de sa présence sur le sol africain. Mais il fallait que nous partions, pour satisfaire des puissances qui guettaient notre départ pour prendre notre place et aussi pour satisfaire la soif inextinguible de politiciens idiots désirant se mettre en évidence en clamant haut et fort que seule la "démocratie" , toujours plus de "démocratie" était le salut de l'Afrique - alors que c'était d'ordre, de travail et de paix dont ce continent avait besoin.
Peut-être qu'un jour, les Africains eux mêmes s'en rendront compte....alors leurs élites retourneront là où elles devraient être....au chevet de leurs concitoyens actuellement à l'agonie.
Voilà ce que je raconte dans beaucoup de mes livres... sous forme de romans ou de biographies. Bien à vous. henriscaillet@skynet.be
A mes amis et connaissances du Congo, qui ont tout perdu – même parfois la vie – lors des évènements qui ont marqué, après 1960, la fin d’une période faste et pacifique d’un pays, qui s’est laissé entraîner sur la voie de la révolution et du rejet, au lieu de poursuivre sur sa lancée du développement.
L’auteur Henri Scaillet
De formation agronomique, l’auteur commença sa vie professionnelle avant même d’avoir terminé ses études.
Dès l’âge de 16 ans, il apprit à passer ses vacances au travail en conduisant des machines agricoles durant les moissons ; il connut ainsi de durs moments, comme devrait en connaître la jeunesse actuelle.
Mais depuis son plus jeune âge, son plus grand désir était de partir au Congo Belge, un rêve qu’il put réaliser dès ses études terminées et avant même d’effectuer son service militaire.
Son diplôme de coloniale en poche, il fut engagé par une compagnie cotonnière qui l’expédia en pleine brousse où il dut se débrouiller pour survivre.
Après un premier terme de trois ans, il rentra en Belgique pour effectuer son service militaire ;
ses obligations terminées, il retourna dans le Kivu où il s’installa comme colon.
Mais en 1960, il dut fuir le Congo pour échapper aux hordes lumumbistes qui détruisirent sa plantation, et par la même occasion, l’œuvre qu’il avait commencée.
Ce livre relate, sans rien cacher des réalités qui existaient au Congo, le drame des colons qui ont vu l’anéantissement de leurs entreprises ; un anéantissement dont les Noirs eux-mêmes furent également victimes, ce dont une certaine presse servile se garde bien de révéler.
Un drame qui en quelques années après 1960, fit basculer le Congo prospère vers un Congo sauvage, tel qu’il était avant l’arrivée des Belges.
LA COLONISATION DU CONGO
Les trois périodes
1 La précolonisation : Depuis la civilisation égyptienne à 1908.
2 La colonisation du Congo par les Belges : De 1908 à 1960
3 L’après colonisation : De 1960 à nos jours
La précolonisation
Il est évident que depuis toujours, les peuples nord-africains et du moyen orient, avaient des contacts avec les bantous du centre africain ; on retrouve d’ailleurs souvent dans les familles musulmanes d’Afrique du Nord et du Moyen orient, des Noirs serviteurs attachés à leur maître, par une coutume qui en fait presque des membres de la famille.
Nous avons eu aussi la migration de peuples hamites remontant le Nil, pour aller coloniser des régions aussi éloignées que le Kivu ou le lac Victoria. Ces Hamites sont fort probablement les ancêtres des Tutsis établis au Ruanda et au Burundi. D’autre part, la civilisation égyptienne a certainement eu des contacts avec les Noirs d’Afrique centrale, contacts qui n’ont pas rapporté grand-chose aux Bantous, mais lors desquels les civilisés égyptiens devaient se servir en main-d’œuvre et en esclaves.
Plus près de nous, nous avons eu la traite des Noirs, pratiquée par les Arabes et les tribus noires alliées à ces derniers ; une traite des Noirs qui dura pendant des siècles, du XVI ème à la fin du XIX ème, et qui consistait en cet affreux trafic d’esclaves entre l’Afrique et l’Amérique, trafic pratiqué par les Anglais, les Portugais et les Espagnols. Enfin, le Congrès de Vienne le condamna en 1815, mais il ne cessa effectivement que vers 1850, quand la navy anglaise se mit à pourchasser et à arraisonner les bateaux négriers, dont le chargement humain était reconduit en Sierra Leone, qui devint protectorat britannique en 1808. Le mot ‘protectorat’ est un euphémisme pour ne pas dire ‘colonie’ ; les Anglais aimant cacher qu’ils avaient été les principaux responsables des millions de Noirs transportés avec leurs bateaux aux amériques. En effet, c’était le capital anglais qui avait permis la construction d’une flotte anglaise ayant eu pratiquement le monopole de cet odieux commerce durant deux cents ans, des Anglais qui avaient la plume facile pour dénoncer les ‘abus’ des autres, pour qu’on oubliât les leurs.
Cette période de ‘pécolonisation’ n’a jamais apporté que souffrance et désolation aux Noirs, qui en dépit de cela, ont continué à vivre en s’adaptant aux conditions cruelles de la vie sauvage régnant en Afrique Centrale. Pourtant, avant les barbares transporteurs maritimes d’esclaves, l’Afrique Noire avait connu quelques civilisations remarquables, telle la civilisation de Nok (1.000 ans avant Jésus-Christ) et l’empire des Songhaïs au Niger ( X ème siècle), des civilisations islamisées après la naissance de la religion musulmane
Mais dans le centre de l’Afrique, peuplé principalement de Bantous, on n’avait jamais pu retrouver aucune trace de civilisation. Les Noirs de ces régions n’étaient pas pour autant des êtres inférieurs, mais tout simplement des hommes s’étant adaptés aux conditions sauvages et barbares du milieu, ce qui n’en faisait pas des enfants de cœur ; encore l’auraient ils été, qu’ils auraient disparu sous les effets de la loi implacable de la survie. Dans ces conditions, il leur était difficile d’avoir une culture fort évoluée en comparaison à celle des pays occidentaux, mais ils formaient cependant des groupements familiaux et sociaux aux structures similaires aux nôtres (patriarcat, matriarcat), et leur art dans les domaines de la musique et de la sculpture se manifestait dans la mesure où la nature sauvage qui les entourait, le leur permettait. Leur science du milieu, basée uniquement sur l’observation et la tradition orale, leur avait permis de survivre en développant des médecines végétales, dont ils usaient pour garder la forme, ou résister aux fatigues de rites dirigés par leurs sorciers. Superstitieux, guerriers infatigables, chasseurs et hommes de tribu ou de clan, les Noirs du bassin congolais n’étaient ni des saints, ni des sanguinaires ne cherchant qu’à tuer, mais tout simplement des hommes survivant grâce à la chasse et à la cueillette. Dans ce climat, les guerres tribales étaient fréquentes et la loi du plus fort régnait en maître, un indice qui pouvait, à lui seul, prouver qu’ils étaient hommes.
Notre Roi Léopold II se manifesta à la fin de cette période précoloniale pour les Belges, et parvint à faire reconnaître par les puissances coloniales du moment (Angleterre, France, Allemagne), le Congo comme étant sa propriété personnelle (1885 – 1908). L’Angleterre ne digéra jamais très bien cette main mise de Léopold II sur le Congo, et bien vite l’accusa de traiter les Noirs de manière inhumaine, probablement pour faire oublier ses deux cents ans de traite des Noirs vers le nouveau monde, et ses propres exploitations et annexions dans le Sud de l’Afrique et en Inde (annexion des Sikhs, révolte des Cipayes, etc.)
Pour devenir ‘propriétaire’ du Congo, notre Roi Léopold II s’engagea à combattre la traite des Noirs et à protéger ces derniers de l’esclavage, des tâches qui ne furent peut-être pas toujours respectées à la lettre. De plus, les frais d’explorations et de mise en place de son administration avaient coûté très cher au Roi, qui essaya de récupérer ses dépenses en se livrant à un certain commerce de l’ivoire et du caoutchouc, commerce lors duquel des abus furent commis – non commandés par le Roi, mais par des agents trop zélés, voulant parfois jouer au garde chiourme.
Ainsi, avant la colonisation du Congo par les Belges, il n’y avait absolument rien que la brousse, et la forêt tropicale dans son état le plus sauvage et le plus barbare, les hommes peuplant ce pays étant de même condition.
* * *
La colonisation du Congo par les Belges (Période coloniale de 1908 à 1960)
Les Belges en 1908, assumèrent la succession de Léopold II, en entamant l’immense tâche de conduire un peuple sauvage tout entier, vers les bienfaits de la civilisation.
Au départ, il n’y avait rien. Rien.
Ni routes, ni villes, ni institutions, ni écoles, ni hôpitaux. Rien.
Les premiers postes commerciaux s’établirent le long du fleuve Congo, et des militaires s’occupèrent à combattre la traite des Noirs – qui était encore pratiquée à cette époque par les Arabes et les Arabisés, en dépit du Congrès de Vienne de 1815.
Dès que les premiers postes devant assurer la sécurité et la justice furent en place, les missionnaires commencèrent à s’établir en construisant des églises, des écoles et des hôpitaux. Ils furent très vite suivis par les commerçants et les premiers colons, qui mirent les terres vierges en valeur et lancèrent les processus économiques. Bien vite, une administration s’occupa des infrastructures routières, portuaires et citadines ; cette toile administrative s’étoffa d’agronomes, d’agents médicaux, et de toute une série de services mis en place pour apporter aux Noirs l’éducation, la protection médicale, et la sécurité alimentaire, devant leur permettre d’avoir accès aux bienfaits de la civilisation.
En cinquante ans, les Belges parvinrent à réaliser le tour de force de conduire tout un peuple, en partant de zéro, au niveau de l’indépendance économique, dans un nouveau pays où la paix, la justice, ainsi que les réalisations modernes, avaient transformé la brousse en un grand parc où il faisait bon vivre.
La période de la colonisation par les Belges, au Congo, a été la seule depuis des temps immémoriaux, durant laquelle le Congo a vécu en paix, et dans la relative abondance des greniers remplis de victuailles. Au Congo, la politique du ventre plein avait toujours été un succès, et un des piliers ayant toujours garanti aux Noirs, la valeur de notre présence parmi eux.
Ce type de colonisation, paternaliste certes, était la route à poursuivre pour conduire le Congo vers la prospérité, au lieu de l’anéantissement qui suivit le départ des Blancs et des colons en 1960. Car ce n’est qu’en créant de la richesse en Afrique, avec les Africains, que cet immense continent se sortira de sa misère.
Mais il n’y avait pas que des Anglais jaloux de l’œuvre des Belges au Congo. Il y avait en Belgique, et encore de nos jours, une presse mal informée (ou diaboliquement soutenue par une minorité voulant faire oublier les erreurs d’une Europe incapable d’avoir évité les génocides, les famines du Darfour, les crimes des peuplades islamisées, etc ;) une presse mal informée ou volontairement accusatrice pour faire ‘sensation’, qui relayait les potins anglo-saxons exhibant des photos de ‘mains coupées’, cruautés mises sur le compte du Roi Léopold II, pour qu’elles rejaillissent sur une œuvre belge qui n’avait rien à voir avec ce qui s’était passé avant 1908. A ce compte, pourquoi ne pas montrer les bateaux remplis de malheureux esclaves exilés en Amérique, ou les camps de concentration construits par les Anglais lors de
la guerre des Boers, dans lesquels l’armée anglaise entassait les femmes et les enfants des Afrikaners. Quand des journaux subsidiés par le gouvernement belge, faisaient tant que de calomnier en rapportant des faits qui s’étaient produits avant la colonisation belge, il était temps de leur rappeler qu’ils feraient bien mieux d’informer de manière honnête sur tout ce que les Belges avaient réalisé au Congo, en cinquante ans seulement.
* * *
L’après colonisation (de 1960 à nos jours)
Après le départ des Belges, le Congo, comme la plupart des états africains, glissa rapidement vers l’instabilité provoquée par des guerres, des dictatures, des génocides, des crimes contre l’humanité.
Toute l’œuvre des Belges fut détruite par l’incroyable incompétence de politiciens corrompus, qui dirigèrent le Congo à leur seul profit, en profitant habilement d’un système politique inadéquat leur ayant permis d’accéder au pouvoir par des procédés pseudo démocratiques (manipulations,intimidations,corruptions)
Très rapidement, les valeurs économiques, philosophiques et morales, introduites par les Belges, furent abandonnées au profit de la corruption, du crime et de l’injustice. Par manque de prévoyance et d’organisation, la pauvreté s’installa et la loi du plus fort devint la loi du rapport entre les hommes. La dégradation se manifesta dans tous les secteurs ; les enfants soldats firent régner la terreur, et l’esprit humain fut remplacé par l’instinct animal de survie.
Les Congolais qui avaient participé à l’œuvre émancipatrice des Belges, devinrent eux-mêmes les victimes de cette dégradation générale, que tous les coloniaux avaient prévue, à l’annonce irréfléchie d’une ‘indépendance’, accordée un peu comme des parents indignes abandonnent leurs enfants. Les valeurs laïques et chrétiennes de la civilisation occidentale, furent rejetées et oubliées, pour faire place à des accusations qui devaient distraire l’opinion, en accusant perfidement les Belges d’un tas de crimes imaginaires. Pour étouffer la dégringolade congolaise, on la mit sur le compte de ‘l’exploitation colonialiste’ qui avait vidé le Congo de ses richesses, alors que ce pays n’avait jamais été aussi prospère ni aussi culturellement conscient que durant les cinquante dernières années de colonisation (de 1908 à 1960).
Il est aisé de tromper une population, là où l’arbitraire et la dictature sont en place, surtout quand on sait que le passé de l’Afrique noire, a été un passé de misères et de souffrances lors de l’époque esclavagiste. Mais ce passé, lors duquel des milliers de Noirs ont péri dans les bateaux des négriers anglais, ne doit pas être confondu avec l’époque de la présence des Belges, qui justement et avec succès, ont combattu les arabes négriers et rétabli la paix et la sécurité dans tout le bassin congolais. Une paix et une sécurité dont les Congolais auraient dû profiter, depuis l’indépendance de 1960, pour développer leurs exploitations agricoles et leurs industries, au lieu de chasser ceux qui les avaient mises en place, sur la plus belle des rampes de lancement.
Seule la paix pourra permettre au Congo de redevenir ce qu’il était à l’époque de la présence des colons belges. Une paix qui permettra aux petites exploitations et aux petites industries de se développer, en procurant du travail aux habitants du pays. Ce n’est pas en ‘émigrant’ que les Africains résoudront leurs problèmes de pauvreté et d’insécurité, mais en s’organisant sur place et en travaillant pour de nouvelles entreprises, qui reviendront chez eux quand l’ordre et la sécurité seront à nouveau ce qu’ils étaient en 1960, du temps des ‘Belges’ !
Amalgame et confusion
La société occidentale se compose d’individus isolés qui travaillent pour eux-mêmes dans les différents secteurs de l’activité économique de leur région. Les pays industrialisés se sont ainsi progressivement dotés de systèmes politiques, sociaux et économiques ayant évolué en fonction d’un bien être matériel qui a donné naissance à la démocratie.
Par contre, la société africaine est une société formée ou constituée de grandes familles ou tribus, l’individu ne vivant pas pour lui seul, mais suivant une coutume l’intégrant dans le tout familial ; ce qui fait que quand un membre de cette tribu travaille, il doit supporter la charge du reste de la famille, une solidarité qui n’est pas contraire à la morale de la vie, loin de là, mais qui va façonner les mentalités vers un esprit de clan ou tribal. De plus, le morcellement de l’Afrique en d’innombrables tribus aux coutumes et langues différentes créent autant de rivalités qu’il y a de régions, ce qui divise le Congo en au moins une dizaine de pays ou/et de langues. Il y a le Bas Congo, l’Uélé, le Kasaï, le Katanga, le Kivu etc… et les Mangbetus, les Azandes, les Banyaruandais, les Katangais, les Masaïs, les Pygmées, les Hutus, les Tutsis etc…
Or, nos grands stratèges politiques de 1960 – et même encore ceux de l’an 2000 – considèrent toujours le Congo comme une entité indivisible où seule la démocratie peut amener la paix et la prospérité, alors qu’il est évident que c’est la paix, le progrès et la prospérité qui doivent l’induire. Depuis son introduction au Congo, au nom de l’évolution nécessaire des sociétés africaines, la démocratie n’a fait que déstabiliser des sociétés qui restent attachées au chef de famille, au chef de tribu ou au représentant du groupement ethnique. Là où on a introduit la démocratie au lendemain des indépendances (1960), les représentants élus se sont rapidement transformés en chefs de clan ou en dictateurs s’arrogeant des pouvoirs plus étendus et bien plus brutaux encore que ceux des tyrans de l’époque de la traite des Noirs. Il s’en est suivi des génocides (Ruanda), des déplacements de population, qui ont appauvri, enflammé et détruit toute l’Afrique, une Afrique qui maintenant est toujours à la recherche de paix, de nourriture et de soins médicaux.
Les guerres qui ont lieu pour l’instant au Soudan, ou au Darfour, ou au Nigeria, ou au Kivu, ainsi que le banditisme qui s’est développé un peu partout en Afrique, sont toujours les conséquences directes des utopistes occidentaux, qui en 1960 réclamaient pour l’Afrique la mise en place de systèmes démocratiques devant remplacer les régimes coloniaux. Ainsi, depuis cinquante ans, les Africains se sont entre tués, se font une guerre sans merci, affament des régions entières, sous le regard auto-satisfait des occidentaux qui laissent faire, alors que l’on sait que les élections ne sont jamais démocratiques, qu’elles servent à légaliser de futur tyrans (qui parfois ont été des criminels), ou mettre en place des corrompus qui n’ont aucune autorité sur des régions différentes de celles d’où ils sont issus.
Bref, la politique européenne, très hypocritement, se contente de faire le constat des guerres, des génocides et de la pauvreté ; les occidentaux ne veulent pas agir pour rétablir l’ordre, car ce serait l’aveu de leur idiotie d’avoir accordé l’indépendance en 1960, alors que les peuples n’étaient pas prêts traditionnellement, ni socialement, ni économiquement à se diriger en adoptant le système démocratique des sociétés occidentales. La démocratie ne s’exporte pas là où il n’y a pas les structures ni l’esprit favorables à son succès, pas plus que des voitures ne s’exportent là où il n’y a pas de routes !!.
Le plus amusant est de voir maintenant que ce sont ceux qui ont réclamé l’établissement de la démocratie en Afrique – avec les désastres que l’on sait – qui maintenant manifestent pour que les guerres qu’ils ont provoquées cessent, pour que les génocides dont ils sont responsables soient dénoncés comme crimes contre l’humanité, ou que les famines tuant les enfants, soient combattues par l’intervention de forces devant ramener la paix.
Des forces qui voilà cinquante ans étaient en place, non sous forme de canons et de baïonnettes, mais sous forme d’un colonat laborieux, qui avait amené la paix et la richesse, dans une Afrique qui en 1960, était prospère et pacifique.
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Du même auteur :
- Qui veut, peut
- Le langage de la matière.
- Islam la dangereuse
- Hostie pour l’enfer
- Les Lions de l’Uelé
- Le dernier choix
- Apartheid, syndrome nazi
- Recueil de poésies
Achevé d’imprimer à Bruxelles, le ………………. aux presses universitaires de Bruxelles ASBL , Avenue Paul Héger 42, B – 1000 Bruxelles.
Pour plus d'info prenez contact avec Monsieur Henri Scaillet via mail
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