L'Anversoise

Par Guy De Boeck

Logo Congo-1960

Complément d’Enquête par Guy De Boeck concernant L'anversoise.

GUY DE BOECK VERSUS A.B. ERGO

Introduction

Ce dossier est, pour l’essentiel, un débat avec Mr.AP Ergo, sur différents documents relatifs à « l’Anversoise ».

Le premier d’entre eux est un article qu’il a publié sur le site « Congo 1960 », à une date non précisée. Il y précise un certain nombre de données relatives à la Société Anversoise de Commerce au Congo, à ses responsables, à sa production d’ivoire et de caoutchouc et à l’effort (en heures de travail) que cette production représentait pour la population congolaise de laquelle elle était exigée.

Dans le second, « État Indépendant du Congo. Les révélations du substitut Waleffe », il présente le témoignage de ce magistrat, précisant

« Je n’ai jamais remarqué, dans les écrits relatifs à l’État Indépendant du Congo, qu’on donnait beaucoup de relief aux propos qu’il avait tenus sur sa période africaine. Et pourtant, il est le seul magistrat à avoir inspecté les concessions de l’Anversoise, ce que ne firent ni le consul Casement, ni les membres de la Commission d’enquête ».

Fernand Waleffe a parlé en 1953, dans le numéro du 15 juillet de la Revue coloniale belge ! C’est donc un témoin doublement tardif, en ce sens qu’il vint plus de cinquante ans après les faits et fut donné par un témoin âgé alors de 83 ans, qui devait mourir moins d’un an plus tard. Et il déposa à une époque où, chez les historiens qu’ils soient de profession ou amateurs, l’on ne s’échauffait plus guère autour des affaires du « caoutchouc rouge ». Cette polémique ne reprit vigueur qu’en 1998, avec la parution de « King Leopold’s Ghosts 1». Ceci explique peut-être cela.

Néanmoins, Mr. Ergo a raison d’estimer qu’on a tort de passer sous silence ce que Fernand Waleffe en a écrit. Tout comme on aurait tort, devant ce témoignage-là comme devant n’importe quel autre, de les accepter sans les critiquer. Car l’aspect le plus intéressant de tout ceci, c’est qu’au bout du compte les différents chercheurs impliqués dans ce débat, c’est à dire Ergo, Marchal, Van Groenweghe et moi-même sommes fondamentalement d’accord sur les faits. Il y a eu, au tournant des XIX° et XX° siècles, dans l’EIC, un système d’exploitation des indigènes par le travail forcé qui a mené à des violations gravissimes, systématiques et répétées des droits humains les plus fondamentaux.

Nos divergences portent essentiellement sur l’interprétation qu’il faut en donner. S’est-il agi d’abus de pouvoir individuels de certains agents ? La responsabilité en incombait elle aux compagnies (Anversoise et ABIR), y compris aux dirigeants et actionnaires d’Europe ? Quelle part l’EIC avait-il tant dans la commission des faits que dans ce qu’ils rapportaient ? Dans quelle mesure, derrière « EIC » fautil lire « Léopold II » ?

En ce qui me concerne, je continue à partager l’avis de Félicien CATTIER

« L'Etat du Congo, loin de s'acquitter de ce devoir primordial de colonisateur (d'enseigner a l'indigène a tirer de son sol natal un parti de plus en plus complet, a améliorer ses procédés de culture), interdit aux indigènes, d'après les constatations de la Commission (d'Enquête de 1904-1905), de tirer parti du sol qui lui appartient légitimement, dans une autre mesure que celle ou il l'utilisait avant 1885... Il maintient systématiquement les Noirs dans un état de civilisation inferieure, il les empêche d'améliorer leur condition matérielle. Cette interdiction est imposée dans un but de lucre, pour monopoliser au profit de l'Etat ou au profit de rares sociétés concessionnaires, les bénéfices résultant de l'exploitation du caoutchouc »…

« La vérité est que l’Etat du Congo n’est point un Etat colonisateur, que c’est à peine un état : c’est une entreprise financière... La colonie n’a été administrée ni dans l’intérêt des indigènes, ni même dans l’intérêt économique de la Belgique ; procurer au Roi-Souverain un maximum de ressources, tel a été le ressort de l’activité gouvernementale »

Guy De Boeck

* 1 Edition française : Adam Hochschild : « Les Fantômes du roi Léopold », Paris Belfond, 1998.

Analyse de Guy De Boeck et Un document publié sur Urome a lire aussi dans le document PDF

 

LIRE LE DOCUMENT PDF VIA CE LIEN-CI

SiteLock
share this - partager le site - deel dit document


About Us | Contact | Privacy | Copyright | Agenda

Ook op het internet gelden de auteursrechten. Werken die auteursrechtelijk beschermd zijn, zoals tekeningen, foto's, muziek, film en software, mag u niet verspreiden via het internet zonder de uitdrukkelijke toestemming van de auteur.