La tour ShalomLes origines multiples du narrateur, les dix-sept années passées en Afrique (centrale) puis son existence à Milan sont omniprésentes dans son esprit et dans son cœur. L’Afrique, la ville de Milan et Israël, ce que notre écrivain appelle “la trialité” de ses origines, s’acceptent, se bousculent, se rejettent. Retour en arrière, circonstances dans lesquelles il rencontre celle qui va devenir son épouse. Puis le présent, allusion à ses activités professionnelles dans un consortium italien installé à Milan. Multinationales, telles des pieuvres qui saisissent et emprisonnent dans leurs tentacules leurs proies que sont les pays riches et pauvres . Le narrateur subit dans cette multinationale les préjugés et les propos racistes de son supérieur hiérarchique à propos de l’Afrique et des africaines. Incompatibilité d’humeur entre les deux hommes qui ne suivent pas les mêmes chemins. Le narrateur est un idéaliste qui souhaitait rassembler d’une part le monde ouvrier , le patronat , les intellectuels et d’autre part les pays développés et ceux en voie de développement
”Trialité” qui, sans cesse revient : l’Italie (c’est-à-dire l’Occident), l’Afrique et l’Etat d’Israël : pays aux contrastes violents, pays de toutes les paranoïas, de la diaspora juive, de la folie, de la perte d’un être cher, de la Shoa.
Le Néguev et les rives de la Mer Morte, mer morte, miroir réfléchissant l’Afrique et le lac Tanganyika, la rencontre avec un jeune arabe israélien, originaire de Ramallah, les attentats-suicides, haine et vengeance, tout cela renvoie aux massacres du Burundi.
Nétanya et sa plage mais aussi ses jardins publics et ses marionnettistes. Parmi le public, une inconnue prénommée Astrid. Astrid, c’est aussi le prénom de la mère du narrateur, (retour au passé, à l’enfance). Odeurs de la poussière et de l’herbe sèche qui renvoient -encore une fois- à l’Afrique et aux berges du lac Tanganyika. L’Afrique toujours , la débâcle du Congo et l’afflux de réfugiés, la fuite de Européens et des Congolais, ceux-ci voulant échapper aux massacres tribaux.
Moyen Orient, Proche Orient, si proche et si douloureux. Tel Aviv, “la colline du printemps”, ville multiple et diverse, exubérante et jeune. Ville qui vit .
Nombreux retours en arrière, constants allers et retours (présent/passé, omniprésence de cette recherche, véritable obsession) entre Israël, l’Afrique et Milan. Va-et-vient, jeux de miroirs qui reflètent des images empreintes de nostalgies, douloureuses et violentes, pour un héros “aux sangs mêlés” en crise ,( l’échec de son couple, par exemple), affecté par une dépression nerveuse, aux tendances suicidaires, qui tente, en vain, de se jeter de la Tour Shalom pour trouver la paix. Quelle paix ? Seule la littérature (l’œuvre complète de Garcia Lorca) deviendra sa “bouée de sauvetage.” LaTour Shalom mérite notre admiration. A lire absolument.
Brigitte Gabbaï - Francophonie Vivante
Albert Russo : Website Russo : www.albertrusso.com |
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autre livres :Eclipse sur le lac Tanganyika
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